‹ Jeanne d'ArcChapitre 11 sur 19 · ES SE · texte numérisé non relu

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qui travaillaient contre elle, dans les sombres couloirs où s'agitait la Cour, elle se sentait impuissante ; mais son cœur s'était attaché à ce beau métier des armes, quelle avait appris à connaitre depuis plusieurs mois, en ses manifestations les plus glorieuses, et ses ‘voix’ l'y retenaient.

Les deux armées, celle de Charles VII et celle du régent Bedford, restèrent face à face du 13 au 1$ août, aux environs de Montépilloy, sur la route de Crépy à Senlis. Les Anglais étaient supérieurs en nombre et fortement retranchés. Bedford, rendu prudent par une succession de revers, ne se souciait pas d'attaquer en rase campagne ; quant aux capitaines de Charles VIF, il leur semblait difficile de déloger l'ennemi de la position où il s'était établi. Les adversaires se séparèrent sans en venir aux mains.

Le 17 août, furent apportées à Charles VII les clés de Compiègne, où 1l sempressa d'aller se retrancher. Il se trouvait dans cette dernière place, aux fortifications éprouvées, quand il reçut encore la soumission de Senlis et celle de Beauvais, d'où l'évêque Pierre Cauchon, un ambitieux inféodé au parti anglo-bourguignon, était chassé sous les huées populaires.

Cependant, Jeanne réclamait toujours la marche sur Paris, et comme Île roi s'y refusait encore, sous l'influence de son chancelier :

« Mon beau duc, dit Jeanne un matin à Jean d'Alençon, faites appareiller vos gens et ceux des autres capitaines... par mon martin, je veux aller voir Paris de plus près que je ne l'ai vu!»

Et, le 23 août, malgré le roi et son gouvernement, la Pucelle et le duc d'Alençon se délogèrent de Compiègne ‘‘ à toute belle compagnie ” ; ils ramassèrent en route un fort parti de gens d'armes qui revenaient de planter l'écu aux fleurs de lis sur les murs de Senlis, et, le 2j août, la petite armée s'installait à Saint-Denis d'où elle commençait, sans tarder, courses et chevauchées jusqu'aux portes de la capitale. Quel effroi dans la fourmilière ! Bourgeois n1 cultivateur n'osait plus s'aventurer hors des murs pour les travaux de la vigne ou pour les récoltes dans les champs. Les séances du Parlement en furent suspendues.

La rupture entre les deux partis qui divisaient la Cour de France, les ‘‘guerriers” d'une part, à la tête desquels était la Pucelle, et les ‘négociateurs” de l'autre, qui suivaient le chancelier, était done complète. À ces derniers, par les soins de La Trémoïlle, le roi est désormais acquis.

« Nous n'aurons la paix qu'au bout de la lance », disait Jeanne.

— Au bout de la plume, répliquait Regnault, archevêque de Reims.

Il aurait mieux dit ‘au bout de la langue ” ; car 1l se rendait jusqu'à Arras pour y conférer en personne avec Philippe le Bon. Actives négociations, qui aboutirent aux trêves du 28 août 1429, dont l'importance na pas encore été suffisamment soulignée. Cet armistice, arrêté à Compiègne entre les représentants de Charles VII et ceux de Philippe le Bon, stipulait des trêves de quatre mois — 2$ août-2; décembre — entre la couronne de France et celle de Bourgogne, avec faculté, pour les Anglais, d'y adhérer, à quoi d'ailleurs ils ne songeaient pas.

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