‹ Jeanne d'Arc (volume 2)Chapitre 44 sur 110 · LA RELAPSE · texte numérisé non relu

LA RELAPSE

Dans l'après-midi du même jour (jeudi), les juges vinrent trouver Jeanne à la prison. Ils lui rappelèrent la grande miséricorde qu'ils lui avaient faite en la recevant au pardon de TÉglise, rengagèrent à se bien soumettre et à ne plus revenir à ses erreurs : l'avertissant que l'Église, si elle y retombait encore, ne la recevrait plus. Puis ils l'invitèrent à laisser l'habit d'homme et i\ vêtir l'habit de femme , comme l'Église l'avait ordonné : et Jeanne promit d'obéir en toute chose et elle accepta l'habit qu'on lui présentait.

Mais le dimanche, un bruit se répand tout à coup : Jeanne a repris ses habits d'homme; elle est relapse, c'en est fait d'elle! Il fallait constater la chose : encourut à la prison; et ce ne fut pas sans péril. On se défiiat de ces prêtres; on soupçonnait qu'ils avaient encore dessein de tout accommoder. Quand ils arrivèrent dans la cour du château, ils virent fondre sur eux une centaine d'Anglais criant qu'eux, gens d'Église, étaient tous faux, traîtres, Armag-neaux et faux conseillers; et ils eurent grand'peine à échapper à ces furieux, qui les menaçaient de leurs épées et de leurs haches. Rien ne se fit ce jour-là; et le lendemain le greffier Manchon, mandé au château pour y remplir son office, était encore si elTra^'é qu'il refusa de s'v rendre, s'il n'avait sûreté : il n'y vint que sous la protection de l'un des gens du comte de "V\''ar\vick.

Ce même jour lundi 28 mai', l'évêque et le vice-inquisiteur, accompagnés de sept ou huit maîtres, se rendirent eux-mêmes à la prison. En même temps que l'on prenait acte du fait, il n'était pas sans intérêt d'en savoir la cause. Jeanne n'était pas libre là où elle était. Comment, si bien gardée, avait-elle repris l'habit d'homme? Il fallait de la part de ses gardiens de la connivence au moins, sinon autre chose. Dans tous les cas, il était bon d'en savoir les motifs avant d'en rien décider : un des assesseurs, Marguerie, osa en faire l'observation. ■> Taisez-vous , de par le diable! » lui dit quelqu'un; et les soldats , l'appelant traître Armagnac , avaient levé leurs lances pour l'en frapper.

Les juges vinrent donc, et demandèrent à Jeanne pourquoi elle avait pris

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ROUEN. L'ABJURATION

Kig. 14:*. — Jeanne en prison, dessin de lienoiiville, (Communiqué par M""^ Marjolin-ScheHer, à Paris.

cet habit et qui le lui avait fait prendre. Elle répondit, selon le procèsverbal, qu'elle l'avait pris de sa volonté , sans nulle contrainte; qu'elle aimait mieux l'habit d'homme que l'habit de femme.

a Mais, lui dit-on, vous aviez promis et juré de ne pas reprendre cet habit. — Je n'ai jamais entendu faire serment de ne pas le reprendre.

— Pourquoi donc Favez-vous repris? — Parce qu'il est plus convenable d'avoir habit d'homme étant entre les honimes , que d'avoir habit de femme. » Et elle ajouta d'ailleurs qu'elle avait eu le droit de le reprendre, puisqu'on ne lui avait pas tenu ce qu'on lui avait promis, c'est-à-dire d'aller à la messe, de recevoir son Sauveur et d'être mise hors des fers.

» Vous aviez abjuré, et tout spécialement promis de ne pas reprendre l'habit d'homme. — J'aime mieux mourir que d'être aux fers. Mais si on me veut laisser aller à la messe et m'ôter des fers, si on veut me mettre en prison gracieuse, et que j'aie une femme, je serai bonne et ferai ce que l'Église voudra. »

L'Église, telle que la faisait Pierre Cauchon, n'avait plus de conditions à débattre avec elle. Le juge, bien sijr de la trouver relapse autrement que par l'habit, lui demanda si depuis le jeudi, jour de l'abjuration, elle n'avait point entendu ses voix : — « Oui , dit Jeanne sans éviter le piège qu'on lui tendait.

— Et que vous ont- elles dit ? »

Elle répondit (on lit à la marge des manuscrits authenthiques ces mots : Réponse mortelle, responsio mortifera) :

« Dieu m'a mandé par sainte Catherine et sainte Marguerite la grande pitié de la trahison que j'ai consentie en faisant abjuration pour sauver ma vie; que je me damnais pour sauver ma vie. « Elle ajouta qu'avant le jeudi même, ses voix lui avaient dit ce qu'elle ferait en ce jour-, que sur l'échafaud , elles lui disaient de répondre hardiment à ce prêcheur, à ce faux prêcheur, comme elle l'appelait elle-même , qui l'avait accusée d'avoir fait des choses qu'elle n'avait pas faites-, et, affirmant de nouveau sa mission : « Si je disais que Dieu ne m'a pas envoyée , je me damnerais : la vérité est que Dieu m'a envoyée. >> Elle finissait par s'accuser de sa faiblesse : '< Mes voix, disait-elle, m'ont dit que j'avais fait une grande mauvaiseté de confesser n'avoir pas bien fait ce que j'ai fait, « ajoutant que c'est par peur du feu qu'elle avait dit ce qu'elle avait dit.

« Crovez-vous que vos voix soient sainte Marguerite et sainte Catherine ?

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dit le juge, reprenant avec empressement tous les points de rabjuration. — - Oui, qu'elles sont de Dieu.

— Mais sur l'échafaud vous aviez dit que mensongcrement vous vous étiez vantée que c'était sainte Catherine el sainte Marguerite. ^ Jene Tentendais point ainsi faire ou dire. »

Elle afiirma derechef qu'elle n'avait jamais entendu révoquer ses apparitions, et que , si elle avait révoqué quelque chose , c'était par crainte du feu et contre la vérité. — Elle pouvait maintenant avouer cette peur, car elle ne l'avait plus, et elle savait où la menaient ses paroles. Mais elle déclarait qu'elle aimait mieux faire sa pénitence en une fois, c'est-à-dire mourir, que d'endurer plus longuement la prison. Elle protestait qu'elle n'avait jamais rien fait contre Dieu ou la foi, quelque chose qu'on lui ait fait révoquer; qu'elle n'entendait rien révoquer sans le bon vouloir de Dieu. Elle ajoutait que si les juges voulaient, elle reprendrait l'habit de femme (elle en avait dit les conditions), et que du reste elle n'en ferait autre chose.

Les juges se retirèrent. Tout était consommé. Plusieurs s'en aflligèrent sincèrement, Pierre Maurice, par exemple; mais d'autres s'en réjouirent en témoignant bruyamment leur joie. L'évèque, sortant de la prison, vit le comte de Warwick et une multitude d'Anglais qui attendaient avec impatience le résultat de cette visite; et ne voulant pas le tenir plus longtemps en suspens : « Fareivell , Fareivell, cria-t-il en riant; faites bonne chère : c'est fait. »

Cette fière déclaration semblait pourtant détruire tout ce qu'on avait gagné par la scène de l'abjuration; mais on ne pouvait tout faire à la fois, et, pour le moment, elle donnait au juge la satisfaction de mener le procès où les Anglais voulaient qu'il aboutît, sans avoir rien sacrifié des formes imposées par la procédure de l'Eglise. La procédure a suivi toutes ses phases sans précipitation; mais la conscience du juge en est-elle plus assurée, et l'habileté qu'il montre dans cette conduite ne le rend-elle pas plus coupable ? Son intelligence ne s'abuse pas, mais il refuse de voir et d'entendre. Et qu'est-ce donc s'il supprime ou s'il voile ce qui, aux veux des autres, pourrait laisser percer la vérité?

En effet, dans ce dernier et solennel interrogatoire, notamment sur le point qui le motiva, la reprise de l'habit d'homme, le procès-verbal a-t-il

Fi<*. 144. — Jeanne affirme qu'elle n'a jamais entendu révoquer ses apparitions, et que, si elle a révoqué quelque chose, comme reljysf. Le greffier a écrit en marge : Réponse vwrtellc. — Fac-similé de l'un des

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c'est par peur du leu et pour sauver sa vie. C'est en effet sur cette déclaration que Jeanne fut condamnée manuscrits autlientiques Ju texte du procès, conservée à la bibliothèque nationale, fonds latin, n° Sgôô.

Lecture. — Inlerrogata qiiid sibi dixerunt : respondit qiiod Deus mandavit sibi, per sanctas Katharinam et Margaretam, magnam pietatem illius grandis proditionis in quam ipsa Johanna ainsenserat , faciendo abjuralioncm et revocalionem pro sahando vilain snani ; et quoj ipsa se damnaverat pro salvando vilatn suani. Item di.vit quod, ante diem jovis, voces suae sibi dixerunt illud quod ipso illo die faceret et quod protuni ipsa fecit. Dixit ultra quod voces suae sibi dixerunt quando erat in scafaldo seu ambone, coram populo, quod audacter responderet illi praedicatori, qui tune praedicabat . dicebatque eadein Johanna quod ille erat falsus praedicaior et quod plura dixerat eam fectsse quae ipsa non fecerat. Item dixit quod, si ipsa diceret quod Deus non mississet eam, ipsa damnaret se, et quod veraciter Deus ipsam misit.

Affirma ut supra. Boscguillaume.

Responsio mortifera.

Traduction. — Interrogée sur ce qu'elles lui ont dit , a répondu : Que Dieu lui a mandé, par sainte Catherine et sainte Marguerite, la grande pitié qu'elle a eue de cette grande trahison à laquelle elle-même a consenti, en faisant abjuration et révocation pour sauver sa vie, et qu'elle s'était damnée pour sauver sa vie. De même elle dit qu'avant jeudi dernier ses voix lui avaient dit ce qu'elle ferait et ce qu'elle a fait ce jour-k'l. Elles dit encore que ses voix lui dirent, quand elle était sur l'échafaud devant le peuple, de répondre hardiment au prêcheur qui parlait. Et Jeanne disait aussi qu'il était un faux prêcheur, et qu'il lui avait reproché d'avoir fait beaucoup de choses qu'elle n'avait pas faites. Enfin, elle déclara que, si elle disait que Dieu ne l'avait pas envoyée, elle se damnerait , car la vérité est que Dieu l'a envoyée.

J'affirme comme ci-dessus. Boisguillaume.

Réponse mortelle.

tout dit? Thomas de Courcelles, qui le mit en latin, s'exprime dans le procès de révision à peu près comme le faisait le texte officiel : « Interrogée sur ses motifs, elle répondit qu'elle l'avait fait parce qu'il lui paraissait plus convenable de porter l'habit d'homme parmi les hommes que Thabit de femme. » Mais Manchon, qui tenait la plume alors, ajoute comme témoin à ce qu'il avait écrit comme greffier : « Elle répondit qu'elle Tavait fait pour défendre sa pudeur, parce qu'elle n'était point en sûreté sous ses habits de femme avec ses gardiens qui voulaient attenter à sa pudeur. »

Qu'on se rappelle comment Jeanne était gardée, et quelles étaient les dispositions des Anglais envers elle. Jeanne était aux fers sous la garde de cinq soldats, dont trois se tenaient dans sa prison et deux à la porte : « Je sais, )) dit l'huissier Massieu, celui qui l'allait prendre à la prison pour la mener au tribunal, « je sais de certain que de nuit elle était couchée ferrée par les jambes de deux paires de fer à chaîne, et attachée moult étroitement d'une chaîne traversante par les pieds de son lit, tenante à une grosse pièce de bois de longueur de cinq à six pieds, et fermante à clef, par quoi ne pouvoit se mouvoir de la place. » Plusieurs fois, sous ses habits d'homme qu'elle ne quittait jamais, elle avait été en butte aux brutalités de ses gardiens : l'évêque le savait bien; il avait reçu ses plaintes, et un jour il avait fallu que "Warwick accouriit pour la sauver du dernier outrage parmi ces délégués de la justice! Mais maintenant la sentence était portée-, l'évêque l'avait rendue aux Anglais : elle leur était comme livrée. Lorsqu'on la ramenait de Saint-Ouen, les valets [mangones) l'insultaient et les maîtres les laissaient faire. A quoi n'était-elle point exposée, seule dans la prison, enchaînée, en compagnie de ces cinq hotispilleiirs , comme ils sont appelés quelque part! Isambard de la Pierre, qui est nommé au procès-verbal parmi les assistants de l'évêque en ce même interrogatoire, confirme, comme l'ayant entendu lui-même, ce qu'en a dit dans sa déposition le greffier Manchon, et il ajoute que « de fait, » quand il entra, « il la vit éplorée, son visage plein de larmes, défigurée et outragée en telle sorte qu'il en eut pitié. )> Il en sut davantage de Jeanne dans un entretien qu'il eut plus tard avec elle : et ici son témoignage est confirmé par celui de Martin Ladvenu, qui la confessa et l'administra pour la dernière fois. Ce ne furent pas seule-

ROUEN. - L'ABJURATION

ment ces soldats de bas étage, ces hoitspilleiirs placés auprès d'elle : c'est un milord anglais qui entra dans son cachot et tenta de la violer.

Voilà pourquoi Jeanne reprit Thabit d'homme, dût-elle après cela mourir. L'huissier Massieu en donne une autre raison encore. Le dimanche matin Jeanne, étant dans son lit, dit à ses gardiens : « Déferrez-moi et je me lèverai. » Mais l'un d'eux, s'approchant, lui retira ses vêtements de femme, et ils lui jetèrent son habit d'homme que l'on gardait (pourquoi?) dans un sac en quelque coin delà prison. « Messieurs, leur dit Jeanne, vous savez

Fig. 145. — Jeanne, en prison à Rouen et chargée de chaînes, est insultée par ses geôliers. Bas-relief de M. Vital-Dubray, à Orléans, xix'^ siècle.

qu'il m'est défendu : sans faute, je ne le prendrai pas. » Mais ils ne voulurent point lui en donner d'autre , et à la fin, forcée de se lever, elle le dut prendre et garder, nonobstant ses protestations. Il n'est pas impossible, en effet, que les Anglais, n'ayant pu parvenir à leurs fins, aient résolu d'en finir avec elle de cette autre manière; mais si Jeanne réclama ses habits de femme, voulant savoir à quelle intention on les lui ôtait, il est douteux qu'elle ait tant insisté pour les reprendre. Elle put donner cette raison à Massieu, parce que cela suffisait bien pour l'excuser; elle n'en dit rien devant ses juges, parce qu'elle était résolue de ne plus se vêtir en femme, à moins d'être gardée dans une autre prison, « aj'ant une femme avec elle. » C'est un trait que Thomas de CourccUes a supprimé de sa rédaction ofîi-

cielle, comme insignifiant sans doute ! mais qu'on retrouve dans la copie de la minute française du procès-verbal ; et il achève de répandre la lumière sur ceux qu'on y a gardés. La minute même n'a-t-elle pas supprimé autre chose ? On serait en droit de le conclure en rapprochant ce que Manchon a écrit alors et ce qu'il a dit plus tard. Que si rien d'important n'a été supprimé, il faut croire que les paroles de Jeanne, avec le commentaire qu'on avait sous les yeux, en disaient assez pour la faire comprendre , puisque deux témoins de la scène, l'un assesseur, l'autre greffier du juge, l'ont comprise ainsi.

Le juge l'avait bien comprise lui-même sans doute, et, s'il eût voulu reconnaître que la pudeur de la femme n'est pas moins sacrée que son habit, il aurait dû s'accuser d'avoir mis Jeanne dans la nécessité de retomber, en la renvo3'ant dans ces prisons où il fallait qu'elle sacrifiât l'une des deux choses à l'autre. Or, pour Jeanne, l'alternative n'était pas douteuse, dûtelle se placer par son choix en présence de la mort. Mais il ferma son cœur à ce sentiment; et, bien loin d'être touché de cet héroïsme, il avait ramené Jeanne à d'autres questions où il était bien sur de la retrouver telle qu'elle était au procès , comme pour l'entraîner de chute en chute au plus profond de l'abîme où elle devait périr. Les Anglais avaient donc calomnié Pierre Cauchon : il n'était pas traître au roi. Tout en satisfaisant sa propre haine, il avait bien gagné son argent.

Le lendemain , mardi , l'évêque réunit dans la chapelle du palais archiépiscopal une nombreuse assemblée d'abbés et de docteurs. Il leur rappela tout ce qui s'était passé depuis la veille de la Pentecôte : l'abjuration de Jeanne, et comment, après avoir accueilli ses admonitions et reçu l'habit de femme , elle avait repris l'habit d'homme et renouvelé toutes ses affirmations touchant ses voix. Il fit lire l'interrogatoire qui avait suivi et ses réponses consignées au procès- verbal. Puis il prit l'avis de chacun. Tous la déclarèrent relapse, non-seulement Nicolas Loyseleur, le traître, mais Isambard de la Pierre et Martin Lad venu, qui l'assistèrent à ses derniers moments; et pourtant ils ne se faisaient aucune illusion sur le crime qu'elle pouvait avoir commis en reprenant l'habit d'homme : ils témoignent au procès de révision des raisons capitales qui l'y contraignirent. Personne n'entreprit de l'excuser, je ne dis pas de la défendre. La plupart, à l'exemple de l'abbé de Fécamp,

furent d'avis qu'on lui relût la formule d'abjuration (cela les décharge au moins de toute complicité dans la substitution d'une fausse formule) , et qu'on l'avertît charitablement touchant le salut de son âme; mais ils voulaient qu'on lui déclarât qu'elle n'avait plus rien à espérer dans la vie présente. Elle devait être livrée au bras séculier.

L'évêque, ayant recueilli les avis, remercia ses conseillers, et fit assigner Jeanne à comparaître le lendemain sur la place du Vieux-Marché; c'était là qu'il devait achever la procédure en livrant Jeanne au ]uge civil , et par ce juge au bourreau.

ignatures des trois notaires d'église : Boisguillaume , (i. Manchon et N. Taqucl ,

employés comme greffiersau procès de la Pucelle.

Tiré du ms. authentique, conservé à la biblioth. nat.,sous le n" Soûj latin.

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, biblioth^quo de M. Arabroîse F.-TJHi

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