LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. XXIX
de ses sœurs à Richemont et une auti:e à Bedford. Charles VII retenait en général les provinces du centre et du midi^ les apanages des prinœs faits prisonniers à Azincourt, et ce que pouvaient mettre à sa disposition les maisons d'Anjou et d'Alençon, les comtes d'Albret et d'Armagnac. Il avait réuni ses Etats généraux à Bourges; il s é^ tait fait^ des conseillers de Paris restés fidèles à sa cause^ une ombre de parlement à Poitiers. Mais sa détresse était extrême. Les troupes^ composées en partie d'Ecossais et de Lombards (les Ecossaiis par haine de T Angleterre ; les Lombards par attachement au fils de Valentine deMilan^et tous un peu par amour de la solde ou du pillage), donnaient à sa cause un air que la présence des Gascons d'Armagnac ne rendait pas beaucoup plus national; et la manière d'agir de cette armée faisait bien plus douter encore qu'elle fût française : car il lui fallait vivre , et Charles VII n'ayant pas de quoi l'entretenir, elle vivait aux dépens du pays. On avait donc tout à gagner en l'envoyant en pays ennemi, et l'on chercha, par son moyen, à se rouvrir les voies de communication avec les villes demeurées fidèles en Champagne et en Picardie^. Mais des deux côtés on échoua. En Champagne, on se fit battre en voulant reprendre Crevant aux Bourguignons; en