‹ Jeanne d'Arc (volume 5)Chapitre 17 sur 41 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Picardie, oq laissa le Crotoy lomber aux mains des Anglais * .

Heureusement pour la France^ Henri VI avait pour oncle non pas seulement Bedford, mais aussi Glocester; et, tandis que le premier faisait tout pour se mieux assurer T alliance du duc de Bourgogne^ l'autre faillit la rompre. U décidait Jac(Jufeline de Hainaut à répudier le duc de Brabant^ cousin de Philippe le Bon, pour Tépouser lui-même, froissant par là le duc de Bourgogne dans ses intérêts les plus chers ; car Jacqueline, par son divorce, rompait les liens de famille qui l'attachaient à ce prince , et par son nouveau mariage elle lui enlevait F espoir d'une succession qui semblait infaillible, tant qu'elle aurait eu pour mari le valétudinaire duc de Brabant. Cette querelle, qui absorbait justement toute l'attention de Bédford, donna quelque répit à Charles VH- : il continuait donc sa petite guerre, mais parmi des tiraillements qui la pouvaient rendre encore dangereuse. Ses généraux, jaloux l'un de l'autre, n'avaient pu s'entendre qu'en mettant à leur tête le duc d'Alençon, un prince de quinze ans. Il fat battu et pris à Verneuil; le connétable de Buchan, Douglas, Narbonne, et presque tous les Écossais demeurèrent sur le champ de bataille *.

LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. XÂXl

Ainsi rien ne réussissait à Charles VIL Dans cette lutte où l'Angleterre n'ayait pu rentrer encore ayec toutes ses forces^ il avait tenté deux coups un peu plus décisifs^ à Crevant^ à Verneuii; et il avait été battu. Tout n'était point perdu encore^ grâce à la diversion du Hainaut^ Glocester^ ayant épousé Jacqueline^ voulait entrei^ en pos-^ session de ses États. Qu'eût-il gagné à prendre la femme sans la dot ? Mais c'étai ce que le duc de Bourgogne était le moins disposé à laisser prendre. La lutte était imminente : le duc de Bourgogne avait reçu de Glocester un défi; et beaucoup d'autres, Richemont^ par exemple, se trouvaient fort mal de leurs nouveaux alliés* Pour que ceux qui se voulaient éloigner des Anglais vinssent à Charles VII, qUe fallait-il? Il fftl^ lait qu'ils ne trouvassent plus auprès de lui ces chefs armagnacs en qui ils voyaient des ennemis persoiiilels* C'est c6 que comprit une femme de grand sens, qui savait dominer Charles VII par l'autorité de sa position comme par l'ascendant de son esprit^ la reine de Sicile Yolande d'Aragon, veuve de Louis II d'Anjou et mère de la jeune reine de France. Ce fut par ses conseils qu'il offrit répée de connétable à Richemont. Richemont, frère du duc de Bretagne et beau-frère du duc de Bourgogne^ pouvait devenir un lien'

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