LIV INTRODUCTION
contre Bedford le bénéfice de cette promesse; menacés de devenir Anglais, ils cherchaient sous le patronage du duc de Bourgogne un refuge dans une neutralité qui était si peu selon leur cœur. Leur situation, en effet, allait empirant. Un instant ils avaient cru trouver contre Fennemi un auxiliaire dans le fleuve : la Loire grossissant tout à coup avait monté jusqu'aux parapets des boulevards que les Anglais avaient construits dans la rivière ou sur ses bords (boulevard de nie Charlemagne, du champ Saint-Privé, des Tourelles), Les Orléanais espérèrent qu'ils avaient été minés par les eaux et ne pourraient tenir; mais les Anglais, à force de travail, avaient conjuré le péril*.
Les Anglais gardaient donc la basse Loire ; ils entreprirent de tenir aussi la haute. Ayant rappelé à eux une partie de leurs garnisons de Jargeau et des villes de la Beauce (8 mars), ils commencèrent dès le surlendemain (le 10) une bastille à Saint-Loup, à Test d'Orléans; et, tout en prenant position de ce côté jusqu'alors demeuré libre, ils travaillaient à se fortifier sur leur principal front d'attaque : ils avaient commencé une tranchée, qui, reliant le boulevard de la Croix- Boissée à la bastille de Saint-Ladre, leur eût permis d'aller à couvert de l'une à l'autre, et de mieux