‹ Jeanne D'ArcChapitre 14 sur 83 · Voir f’épouvantable procès, conservé au greffe de Nantes · texte numérisé non relu

Voir f’épouvantable procès, conservé au greffe de Nantes

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toi, si tu étais capitaine et si La Hire était Dieu 1,»

Ce fut un spectacle risible et touchant de voir la conversion subite des vieux brigands armagnacs. Ils ne s’amendèrent pas à demi. La Hire n'osait plus jurer; la Pucelle eut compassion de la violence qu’il se faisait, elle lui permit de jurer : « Par son bâton. » Les diables se trouvaient devenus tout à coup de petits saints.

Elle avait commencé par exiger qu’ils laissassent leurs folles femmes et se confessassent ?. Puis, dans la route, le long de la Loire, elle fit dresser un autel sous le ciel, elle communia, et ils communièrent. La beauté de la saison, le charme d’un printemps de Touraine, devaient singulièrement ajouter à la puissance religieuse de la jeune fille. Eux-mêmes, ils avaient rajeuni; ils s'étaient parfaitement. oubliés, ils se retrouvaienf, comme en leurs belles années, pleins de bonne volonté et d’espoir, tous jeunes comme elle, tous enfants. Avec elle, ils commençaient de tout cœur une nouvelle vie. Où les menait-elle? peu leur importait. Ils l’auraient suivie, non pas à Orléans, mais tout aussi bien à Jérusalem. Et il ne tenait qu’aux Anglais d’y venir aussi; dans la lettre qu’elle leur écrivit, elle leur proposait gracieusement de se réunir et de s’en aller tous, Anglais et Français, délivrer le saint sépulcre 35.

1. « Sur quoy le chapelain lui donna absolution telle quelle, et lors La Hire fit sa prière à Dieu, en disant en son gascon... » Mémoires concernant la Pucelle, collection Petitot, VIII, 127.

2. Procès ms. de Révision, déposition de Dunois. — « Jeanne ordonna que tous se confessassent.. et leur fict oster leurs fillettes.» Mémoires concernant la Pucelle, collection Petitot, VII, 163.

3, &« Vous, duc de Bedford, la Pucelle vous prie et vous requiert que vous ne vous faictes mie destruire, Se vous lui faictes raison, encor pourrez-vous venir en sa compagnie, l’où que les Franchoïis feront le plus bel fait que oncques fut fait pour la Chrestienté. » Leftre de la Pucelle, dans Lebrun, I, 450, d’après le ms. 5965 de la Bfbl. royale.

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