‹ Jeanne D'ArcChapitre 37 sur 83 · Procès, éd. 1927, 12 mars, p · texte numérisé non relu

Procès, éd. 1927, 12 mars, p

enfants de sept ans; et je savais d’ailleurs que j'étais vendue aux Anglais; j'aurais mieux aimé mourir que d’être entre les mains des Anglais 1

— Sainte Catherine et sainte Marguerite haïssentelles les Anglais? — Elles aiment ce que Notre- Seigneur aime, et haïssent ce qu’il haïit, — Dieu haït-il les Anglais? — De l’amour ou haine que Dieu a pour les Anglais et ce qu’il fait de leurs âmes, je n’en sais rien; mais je sais bien qu’ils seront mis hors de France, sauf ceux qui y périronti.

— N'est-ce pas un péché mortel de prendre un homme à rançon et ensuite de le faire mourir? — Je ne l'ai point fait. — Franquet d’Arras p’a-t-il pas été mis à mort? — J’y ai consenti, n’ayant pu l'échanger pour un de mes hommes; il a confessé être un brigand et un traître, Son procès a duré quinze jours au bailliage de Senlis. — N’avez-vous pas donné de l'argent à celui qui a pris Franquet? — Je ne suis pas trésorier de France, pour donner argent £.

— Croyez-vous que votre roi a bien fait de tuer ou faire tuer monseigneur de Bourgogne? — Ce fut grand dommage pour le royaume de France. Mais, quelque chose qu’il y eût entre eux, Dieu m’a envoyée au secours du roi de France i.

— Jehanne, savez-vous par révélation si vous échapperez? — Cela ne touche point votre procès. Voulez-vous que je parle contre moi? — Les voix ne vous en ont rien dit? — Ce n’est point de votre procès; je m'en rapporte à Notre-Seigneur, qui en fera son plaisir...» Et après un silence : «Par ma foi, je ne sais ni l’heure, ni le jour. Le plaisir de

1. Procès, éd. 1827, 14 mars, p. 108. Elle répond le lendemain à une question analogue qu’elle fuiraït encore, si Dieu le permettait : « Faceret ipsa une entreprinse, allegans proverblum gallicum : € Ayde-ioi, Dieu te aydera.» Procès ms., 15 mars.

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