Procès de Révision, déposition de frère Jean Pasquerel
Ses parents lui ayant demandé, quand ils la revirent à Reims, si elle n’avait donc peur de rien : « Je ne crains rien, dit-elle, que la trahison :. »
Souvent, à l'approche du soir, quand elle était en campagne, s’il se trouvait là quelque église, surtout de moines mendiants, elle y entrait volontiers et se mélait avec les petits enfants qu’on préparait à la communion. Si l’on en croit une ancienne chronique, le jour même qu’elle devait être prise, elle alla communier à l’église Saint-Jacques de Compiègne, elle s’appuya tristement contre un des piliers, et dit aux bonnes gens et aux enfants qui étaient là en grand nombre : « Mes bons amis et mes chers enfants, je vous le dis avec assurance, il y a un homme qui m’a vendue ; je suis trahie et bientôt je serai livrée à la mort. Priez Dieu pour moi, je vous supplie ; car je ne pourrai plus servir mon roi ni le noble royaume de France ?. »
Il est probable que la Pucelle fut marchandée, achetée, comme on venait d'acheter Soissons. Les Anglais en auraient donné tout l’or du monde, dans un moment si critique, lorsque leur jeune roi débarquait en France. Mais les Bourguignons voulaient lavoir, et ils l’eurent; c'était l'intérêt, non seulement du duc, du parti bourguignon en général, mais directement celui de Jean de Ligny, qui s’empressa d'acheter la prisonnière.
Que la Pucelle fût tombée entre les mains d’un noble seigneur de la maison de Luxembourg, d’un vassal du chevaleresque duc de Bourgogne 5, du bon duc, comme on disait, c'était une grande épreuve pour la chevalerie