‹ Jeanne d'Arc la VénérableChapitre 22 sur 45 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Sommaire. — Un martyre du cœur. — Pourquoi doutez-vous? — faut aller à Reims, c’est la volonté de Dieu. — Une lettre aux habitants de Tournai. — Autre lettre à ceux de Troyes. — Le ton de cette dernière. — Frère Richard. — Je ne m’envolerai pas. —

L’avis du vieux conseiller. — Jeanne Dialogue avec l’arche-

Un conseil découragé. survient au milieu de la délibération, vêque de Reims. — La ville de Troyes se soumet au roi Charles.

— Un écho du pays natal à Chàlons. — Rage des Anglais. — C’est le diable! — Entrée solennelle à Reims. — Préparatifs hâtés. — Un nouveau maréchal de France. ■ — La Sainte Ampoule à l’abbaye de Saint-Remi. — On la transporte processionnellement à Notre-Dame. — Les douze pairs du royaume. — La place de Jeanne au sacre. — L'étendard à l’honneur. — Le serment du roi.

— Le consentement du peuple. — Une page de. Lacordaire. — Noël! Noël! — Depuis le sacre de Clovis. — Conclusion émouvante de la cérémonie. — Le père de Jeanne d’Arc.

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A ce moment, commença pour J canne un martyre du cœur, que Dieu permettait pour garder en cette âme droite la précieuse vertu d’humilité, base de toute sainteté.

Au lieu des acclamations et des récompenses, le roi, de plus en plus subjugué par l’influence jalouse du favori, mécontent des succès de cette Puce Lie inconnue, relusa d’abord de ratifier le pardon qu’elle avait accordé, en son nom, au connétable. Bien plus, sur un ton de bonté un peu

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dédaigneuse, il osa dire à l’héroïque vainqueur de Patay :

- — J’ai pitié de vous. Vous vous donnez beaucoup trop de mal. Reposez-vous, je vous y engage.

Moins humble, moins respectueuse de l’autorité royale, moins confiante en ses voix, Jeanne se fût révoltée.. Elle endura l’injure et pleura sur l’incurable légèreté du roi.

— Pourquoi doutez-vous? lui dit-elle en pleurant. Vous aurez votre royaume, et vous serez bientôt couronné.

De leur côté, les conseillers royaux, soit prudence humaine, soit par envie plus ou moins consciente, amoncelaient les objections (1).

« C’était, disait-on, s’exposer à un échec presque inévitable, que de s’engager ainsi sans précautions en plein pays ennemi, où l’on rencontrerait des villes de guerre, des châteaux— forts munis de bonnes garnisons. Etait-il prudent de laisser derrière soi des places comme Bonny, Marchcnoir, Cosne et La Charité? Ne valait-il pas mieux jouir tranquillement des victoires récentes, et les compléter en chassant ce qui pouvait rester encore d’ennemis dans la vallée de la Loire?Le roi d’ailleurs — c’était la grande et sempiternelle objection — n’avait pas d’argent pour payer ses troupes, et, sans argent, il ne fallait pas compter retenir beaucoup de soldats sous les drapeaux. »

Jeanne laissait dire, se bornant à répondre :

— 11 faut aller à Reims, c’est la volonté de Dieu!

Son jeune duc d’Alençon lui-même se tournait contre elle.

— Auparavant d’aller à Reims, disait-il, il convient d’envahir la Normandie et de marcher sur Rouen.

Dieu lit ce que les hommes refusaient de faire.

De toute part, accoui'aient des chevaliers et gens de guerre, équipés à leurs frais, et Jeanne, obéissant aux ordres de ses voix, conduisait d’Orléans ses troupes à Gien, où le roi lui assignait rendez- vous. Là, tandis que

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