‹ Jeanne d'Arc; libératrice de la FranceChapitre 15 sur 66 · IV. — SECOND COMBAT DE JEANNE DEVANT ORLÉANS · texte numérisé non relu

IV. — SECOND COMBAT DE JEANNE DEVANT ORLÉANS

Le lendemain du combat de Saint-Loup, Jeanne somma une troisième fois les Anglais de faire la paix, et leur envoya sa lettre au bout d'une flèche.

— « Lisez, cria-t-elle, ce sont nouvelles. » Et elle ajouta : « Anglais, allez-vous-en, si vous voulez éviter honte et malheur. »

— « Ribaude ! Ribaude ! » crièrent les Anglais du haut de leurs remparts.

Indignée, Jeanne, dit-on, somma ceux qui l'insultaient de venir, en champ clos, se mesurer avec elle. Nul ne s'y hasarda.

Puisqu'il fallait lutter, Jeanne voulait qu'on allât droit aux grandes bastilles des Anglais, sur la rive gauche de la Loire.

Les chefs convinrent de feindre d'agir ainsi pour attirer l'ennemi de ce côté. Leur intention était d'attaquer les petites bastilles, une fois dégarnies de défenseurs.

Le conseil avait été tenu sans Jeanne. On ne l'appela

qu'à la fin, et elle reconnut vite qu on lui cachait quelque chose.

— « Dites ce que vous avez conclu, s'écria-t-elle. Je saurai garder ce secret et de plus grands. »

Et elle allait et venait à grands pas, toute courroucée. Dunois l'apaisa et la mit au courant.

L'attaque aboutit mal d'abord.

Les Anglais, brûlant eux-mêmes la petite bastille qu'on voulait prendre, s'étaient concentrés dans leurs deux grandes bastilles des Augustins et des Tourelles,

Déjà la Pucelle plantait son étendard au bord du fossé des Augustins lorsqu'une terreur panique saisit ses compagnons.

Ils entraînèrent Jeanne, et battirent en retraite.

Les Anglais étaient sortis de leurs forts avec grande violence. Ils coururent sur la Pucelle, la huant et l'insultant.

Tout à coup, Jeanne fit volte-face.

— « En nom Dieu, sus aux Anglais! » s'écria-t-elle, et, bannière déployée, elle tint tête à l'ennemi.

— « Sus aux Anglais ! » répéta La Hire qui demeurait ferme à la droite de Jeanne.

Bientôt ce fut à qui marcherait le plus vaillamment à côté de la Pucelle. De nouveaux hommes d'armes arrivèrent. Les Anglais reculèrent. On attaqua la grande bastille des Augustins.

Jeanne courait partout , élevant sa bannière. Les chevaliers s'escrimaient à Tenvi.

La bastille fut prise et incendiée.

La Pucelle avait reçu au pied une blessure. Néanmoins, elle ne voulait pas rentrer dans la ville.

— « Mes gens vont passer la nuit hors des murs, disait-elle, je veux rester avec eux. »

A force d'instances, on la décida à rentrer.

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