IX. — PRISE DE BEAUGENCY ET ARRIVÉE DE RICHEMONT
Jargeau pris, Jeanne dit :
« Maintenant allons voiries Anglais de Meung.»
On y alla, et, après une vigoureuse attaque, on prit d'assaut le pont de Meung, que les Anglais s'étaient plu à fortifier.
Maîtresse de ce point important, l'armée alla sur Beaugency. La garnison de Beaugency évacua la ville et se retrancha dans le château.
Le siège du château commença le 16 juin. Le château dût se rendre le 17.
Sur ces entrefaites, le connétable de Richemont, grand seigneur disgracié par le roi, était venu rejoindre l'armée avec nombre d'hommes d'armes. Il était las de rester les bras croisés, pendant qu'on se battait contre les Anglais.
Le roi, toujours aigri, ayant appris que le connétable se mettait en route, lui fît signifier de ne pas passer outre.
— « Ce que j'en fais est pour le bien du royaume,
répondit le connétable. Si quelqu'un vient aie combattre, nous verrons. »
Quand Richemont arriva près de Beaugency, le duc d'Alençon ne voulut pas l'accueillir.
Mais, sur la prière des seigneurs, Jeanne s'entremit.
Elle représenta qu'il fallait s'aider les uns des autres. Le connétable jura qu'il servirait loyalement le roi. Et l'accord se fit.
Pourtant les Anglais arrivaient, renforcés des secours amenés par Falstolf .
A côté du redouté Falstolf était lord Talbot, le plus vaillant des capitaines qui avaient combattu devant
Orléans.
Pour lors, on vit quel avantage c'était d'avoir reçu
Richemont.
— «Ah! bon connétable, lui dit Jeanne, vous n'êtes pas venu de par moi; mais, puisque vous voilà, vous serez le très bien venu. »