XIV. — HALTE A CHALONS ET ARRIVEE A REIMS
Après avoir fait une entrée triomphale à Troyes le 10 juillet, le roi et son armée se dirigèrent vers Châlons.
Convertie parle bruit des merveilles qu'opérait la Pucelle, la population châlonnaise vint d'elle-même au devant de Charles VII.
A Châlons, Jeanne eut une grande joie. Elle reçut la visite de cinq habitants de son village.
Leur vue lui rappela sa chaumière et son enfance.
Que de choses accomplies depuis quatre mois!
Et, là-bas, c'était toujours la même simple vie au foyer paternel, les mêmes belles fêtes à l'église, le même doux son des cloches, les mêmes bonnes promenades près de l'arbre des fées.
Prise par tous ces souvenirs , Jeanne se mit à pleurer.
Les bons villageois se demandaient si c'était bien là cette Jeanne qu'ils avaient connue filant près de sa mère et gardant les brebis.
Ils lui dirent :
— « Jeanne, dans toutes ces batailles, ne craignezvous pas la mort? »
— « Je ne crains que la trahison, » répondit-elle.
Enfin, le 16 juillet, l'armée arriva sous les murs de Reims.
Des seigneurs du parti anglais poussaient les habitants à résister.
Les habitants préférèrent écouter leurs amis de Troyes et de Châlons qui, par des lettres pressantes, les sollicitaient de se rendre.
Ils chargèrent une députation de déposer aux pieds du dauphin les clefs de la cité.
Le jour même, le dauphin, escorté de Jeanne et de ses capitaines, fit son entrée solennelle dans la ville de Reims.