XX. — ÉCHEC DE JEANNE A LA CHARITÉ
De là, on alla à la Charité, ville très bien approvisionnée, où l'ennemi était fortement établi.
Les assiégeants manquaient de munitions.
Jeanne, pour s'en procurer, s'adressa à diverses villes et particulièrement aux. habitants de Riom.
— « Chers et bons amis, leur disait-elle, vous savez comment la ville de Saint-Pierre-le-Moustier a été prise d'assaut.
» Avec l'aide de Dieu, je compte faire vider les autres places qui sont contraires au roi.
» Mais, ayant fait grande dépense de poudre, flèches et autres matériaux de guerre devant ladite ville, nous nous trouvons dépourvus, les seigneurs et moi, pour faire maintenant le siège de la Gharite\
» Je vous en prie, étant amis du bien et de l'honneur du roi, veuillez nous aider, dans le présent siège, par l'envoi de poudre, salpêtre, soufre, traits, arbalètes et habillements de guerre.
» Gardez que la chose ne soit longue. Il ne faut pas qu'on puisse vous dire refusants ou négligents. »
Jeanne et le( siens demeurèrent un mois devant ls Charité.
LA GUERRIÈRE ili
De rudes assauts furent tentés. Toujours en vain. La ville était merveilleusement bien défendue. Mal secourus et battus, on dut lever le siège, au grand déplaisir de Jeanne.
A la cour, tout le monde fit gracieux accueil à la Pucelle.
— « Jeanne, vous êtes admirable de bon vouloir et de hardi courage, » lui disaient les seigneurs.
— « Jeanne, lui dit le roi, je vous anoblis, vous et tous ceux de votre race, femmes aussi bien qu'hommes, en considération de vos louables services. »
Mais les honneurs notaient pas à Jeanne le poids lourd qu'elle avait sur le cœur depuis qu'elle avait essuyé des échecs devant les Anglais.
Pour récompense des services rendus, elle ne demandait qu'à en rendre de nouveaux.
Malheureusement, au lieu de guerroyer, on parlementait.
Les négociateurs cherchaient la paix au bout de leur plume.
— « Vous ne la trouverez qu'au bout de la lance, » leur disait Jeanne.