‹ Jeanne d'Arc; libératrice de la FranceChapitre 59 sur 66 · VII. — LA FAUSSE JEANNE D'ARC · texte numérisé non relu

VII. — LA FAUSSE JEANNE D'ARC

Les hommes ne peuvent imaginer que les grandes personnalités qui ont frappé leur imagination soient sujettes au sort commun ; et, quand elles ne sont plus là, ils les attendent encore.

De même qu'après la mort de Napoléon, ses anciens soldats répétaient : « Il vit et il reviendra », de même, après le supplice de Jeanne, beaucoup de ses admirateurs demeurèrent persuadés qu'elle n'était pas morte. A les entendre, la Pucelle avait eu à Rouen le même bonheur qu'Iphigénie en Aulide. Menée au bûcher, elle avait été soustraite aux flammes par un miracle de Dieu.

Une aventurière exploita habilement cette illusion de la crédulité populaire. C'était une jeune fille dont on ne sait le lieu de naissance et que Quicherat a crue mal à propos être née au Mans (1). Profitant d'une

(1) L'erreur de Quicherat résulte de ce qu'il a appliqué faussement à l'aventurière qui se fit passer pour Jeanne d'Arc le passage suivant du livre des Femmes célèbres, écrit en 1504 par le Provincial des Dominicains, Antoine Dufaur :

« Il a bien esté depuis une faussement surnommée Pucelle » du Mans, hypocrite, idolâtre, sorcière, lubrique, dissolue, en- » chanteresse, le grant miroir de abusion, qui, selon son misé- « rable état, essaya à faire autant de maulx que Jehanne la Pu- » celle avait fait de biens. Après sa chimérique, feinte et menson- » gère dévotion, de Dieu et des hommes fut délaissée, comme •> vràye archipaillarde... De laquelle, pour l'honneur des bonnes •> et vertueuses, n'en veux plus longuement écrire. »

Dans ce passage, Dufaur désigne Jeanne la Féronne, qu'on avait surnommée la Pucelle du Mans.

Cette fille persuada à l'évêque du Mans qu'elle était inspirée

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