‹ Jeanne d'ArcChapitre 2 sur 31 · DE LA PUCELLE D'ORLEANS · texte numérisé non relu

DE LA PUCELLE D'ORLEANS

Note»), pag. i. Jeanne d'Arc, ou Coup-d'Œil sur les Révolutions de France au tems de Charles VI et de Charles VII , et sur-tout de la Piicelle d'Orléans.

I. L'intitulé précédent fait entrevoir le but qu'on Observations s'est proposé en composant cet essai historique, et le prelimmaires, système selon lequel on en a rédigé les notes.

Sans négliger les événemens antérieurs à CharlesVII, on s'est attaché à indiquer ou constater ceux de son règne qui ont rapport à la révolution arrivée au tems de Jeanne d'Arc. Si l'on eût voulu parler de tous les faits intéressans de la période qu'on a embrassée , il aurait fallu donner, et au texte et aux notes de l'ouvrage , une étendue que ne comporte pas sa destination.*

©i^C^ * Cet ouvrage a e'té composé pour un concours ouvert il y a plusieurs années par une académie , ce qui a forcé l'auteur d'en resserrer le texte et d'en multiplier les notes. Il avait depuis formé le projet d'insérer dans le texte la plupart des notes ; mais il fallait refondre tout son travail, et il n'en a eu ni le loisir ni le courage.

98 NOTES DE JEÂNÎ^E d'aRC.

Citations. II. H est un autre soin dont on croit devoir dire un mot, La plupart des historiens des derniers siècles se sont dispensés de citer les sources où ils avaient puisé, ou réduits à mettre en marge , et de loin en loin , le simple nom des auteurs auxquels ils annonçaient avoir eu recours. Si une telle méthode est nuisible à l'instruction générale et aux progrès de la science, il faut convenir qu'elle est bien commode pour l'écrivain. Pourquoi se charger du travail aussi pénible qu'ennuyeux de l'examen et de la confrontation des auteurs originaux? Il suffit d'en parcourir les tables, ou plutôt de prendre leurs noms à la marge de quelque histoire relative aux époques dont on s'occupe ; on ne court point par-là le risque d'une critique fâcheuse. Qui est-ce qui aurait la patience de lire tout un volume in-folio pour vérifier si un fait, une anecdote, une date, sont tels qu'on est supposé les y avoir vus ?

Nous avons suivi une autre marche. Il n'y a rien dans notre ouvrage que nous ne soyons en état de fonder souvent sur plusieurs autorités. Si nous n'indiquons pas à chaque fait toutes celles que nous avons recueillies , c'est par le motif déjà énoncé, par la crainte d'excéder le? limites assignées en général aux compositions destinées à des concours ; mais, lorsque nous les indiquons, nous y ajoutons les renseignemens nécessaires , tels que les numéros ou années des volumes, des livres , pages , éditions, etc. {Voy, entr autres ci- après n^ V), pour

mettre à portée de les vérifier en un instant Comme

nous avons tout examiné avec scrupule , et par nousmêmes , nous ne croyons pas qu'il nous soit échappé beaucoup d'erreurs, et sur-tout des erreurs de quelque importance.

KOTES DE JEATSNE D ARC. ^Q

III. Notre méthode nous a conduits quelquefois à la j,5^^,«.^

^ ^ d Orléans

découverte de faits dont on ne trouve aucune trace dans les historiens modernes , ou même dont l'existence ne s'accorde guère avec leurs narrations ; nous l'avons surtout reconnu à Toccasion du siège d'Orléans , qui est cependant un point de l'histoire de France assez capital pour qu'on eût dû en rechercher et approfondir les circonstances , et d'autant mJeux qu'on n'était pas dépourvu de matériaux. Indépendamment de tout ce que les chroniqueurs nous apprennent de ce siège, on pouvait consulter, dans le procès justiticatif de Jeanne d'Arc, les dépositions de plusieurs personnes qui y avaient assisté. Enfin , Thistoire ancienne de la Pucelle et le journal de Tripaut (^Foyez ci- après la Table, n°* 19 <?^ 25, pag. io5 et 106), rédigés évidemment par des témoins oculaires, abondent en détails précieux. Mais, il faut l'avouer, si la mine où l'on avait à puiser était riche, son exploitation ne présentait pas de médiocres difficultés. Les témoins et les rédacteurs de ces sortes de journaux, répondant ou écrivant pour des contemporains ou des compatriotes, s'inquiètent peu de donner, et sur les époques et sur les localités, les éclaircissemens dont nous aurions aujourd'hui besoin pour entendre leurs relations ; ensuite , les manuscrits des journaux ont éprouvé, avant d'être publiés, plusieurs altérations, soit par l'effet du tems , soit à cause de la négligence ou de l'ignorance des premiers éditeurs. Par exemple , la Chronique , qui par sa naïveté , son impartialité , peut-être par son exactitude prolixe , mérite le plus de confiance; en un mot, le journal de Tripaut ne laisse pas d'offrir, au moins en apparence , de la confusion dans les dates : on y remarque un double

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emploi (l'une semaine entière ; et quelquefois aussi les jours, soit des semaines, soit des mois, sont déplacés , etc. Au surplus , ce que nous allons exposer donnera une idée de l'embarras qu'auront causé ces documens aux historiens modernes , et qui le|S auront sans doute engagés à imiter l'abbé de Vertot , à faire euxmêmes leur siège. Nous avons été obligés de composer en combinant tous les récits avec les cartes de géographie, les descriptions topographiques, les voyages et diverses chronologies : i° une carte visuelle des fortifications de la ville et des assiégeans ; * 2° un calendrier complet depuis le commencement d'octobre 14.28 , ou depuis la marche de l'armée anglaise vers Orléans , jusqu'à la fin de mai i/JSo , c'est-à-dire jusqu'à la prise de la Pucelle ; 3° de discuter tous ces récits en les comparant au plan et au calendrier Quoi qu'il en soit ,

si la rédaction de cette espèce de procédure a été fort longue et fort ennuyeuse , nous en avons été bien dédommagés. A l'exception de quelques circonstances insignifiantes , presque tout ce qui nous est rapporté du siège d'Orléans et des exploits de Jeanne d'Arc s'est trouvé parfaitement éclairci.**

Années. IV. Voici une autre source d'embarras et d'erreurs

* Elle est ci - après à la fin de l'ouvrage ( carte n» i , ou ire carte ).

** C'est aussi dans le même objet, et afin de faire mieux apprécier les travaux de Jeanne d'Arc, que nous avons dressé une carte du théâtre de la guerre au tems de Charles VI et de Charles VIÏ , où nous avons indiqué toutes les villes, communes , etc. , nommées dans notre ouvrage , et tracé l'itinéraire des voyages ou expéditions de la Pucelle. Elle est aussi à la fin , carte n^ 2 ou 2« carte.

NOTES DE JEAKÎ^E D ARC. lOI

pour les historiens modernes. L'année, aux i4-^ et i5« siècles , commençait à Pâques, et par conséquent variait sans cesse, puisque cette fête ne se rencontre pas deux fois de suite aux mêmes jours. Lorsqu'on n'y réfléchit pas avec attention , comment s'imaginer qu'un traité, par exemple , du mois d'octobre i4-i6, soit antérieur à la mort d'un prince , arrivée le 5 avril de la même année {Foy. ci-après Note io5)? ou qu'une bataille livrée les so ou 21 mars soit la même qu'un chroniqueur fixe au 20 mars 14.20, et un autre au 21 mars 14.21 (Koj. ci-après Noie i3i) ? Il y a peu d'auteurs que cette variation du calendrier n'ait trompé , et d'autant plus facilement que leurs devanciers n'ont guère

d'exactitude quant à la chronologie On voit, dans

la table suivante , les premiers jours des années sur les événemens desquelles nous nous sommes le plus arrêtés.

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