CHAPITRE I
Inutilité du supplice do Jeanne d'Arc pour la cause anglaise. — Continuation de la guerre et des négociations. — Chute de la Tréinoille. — Le traité d'Arras. — Occupation de Paris. — Le réveil de Charles VII. — Les réformes militaires. — Campagne de Normandie et de Guyenne. — E.\pulsion définitive des Anglais. — La fausse Jeanne d'Arc. — Histoire de Jeanne des Armoises.
Le gouvernement anglais, par le supplice de Jeanne d'Arc, se couvrit devant la postérité d'une honte inutile. La domination étrangère en France avait été frappée à mort par la glorieuse campagne de 1429, et surtout par le sacre de Charles VIL point capilnl do la mission de l'héroïque vierge. Cet acte, dans les circonstances où il s'était accompli, avait manifesté d'une façon éclatante aux yeux de tous la volonté de Dieu, affirmant les droits légitimes du représentant de la royauté nationale. La condamnation et la mort de celle qui était venue signifier et^ exécuter cette volonté n'en purent pas effacer l'impression dans les âmes, et en tous cas étaient impuissantes à en arrêter le cours. Les effets de la faveur divine eussent été, sans aucun doute, plus rapides si, après le sacre, les conseillers du roi de France, embrassant avec confiance et courage la politique et la stx"atégie conseillées par Jeanne, ne se fussent pas lai.ssé amuser et duper par les fallacieuses promesses de Philippe le Bon, et qu'ils eussent poursuivi avec une vigueur égale la guerre et les négociations diplomatiques. Mais, quoique atteint plus tard, et au prix de plus grands sacrifices.
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le rt'siill.it [)i)iii- Iriiucl .Iciiiiii' avait cDmljattii, poiu- lequel elle venait d'expirer au milieu des llanimcs, c'est-à-dire la dt'livraiiee de la patrie et l'expulsion de rétrang(!r. ne devait pas faire défaut. Le sacre du jeune Henri VI à Paris ( lO décembre l'iIM ), quelques mois après la mort de la Pucelle, ne réussit en aucune manière à contre-Iialancer le sacre de Charles VII. On y remarqua l'absence du duc de Bouigogne. Ce prince, sans avoir encore la ferme intention de se rallier à la cause nationale, se fatiguait visiblement de son alliance avec les Anglais, (]ui ne lui paraissaient plus en état de récompenser suffisamment son concours. Les Anglais eux-mêmes commençaient à douter du succès final de leur entreprise, puiscju'ils consentaient à entrer indirectement en pourparlers avec leur adversaire, et, tout en maintenant les prétentions de leur roi à la couronne de France, ne refusaient pas de chercher les moyens d'une transaction avec Charles VII '.
Depuis la capture de Jeanne en 1430, jusqu'à l'année 1435, s'étend une période d'hostilités mêlées do négociations, durant laquelle la cause nationale, sans avoir été soutenue avec l'énergie que la Pucelle aurait souhaitée, ne fit point pourtant de pas notables en arrière, et gagna même du terrain tant au point de vue militaire qu'au point de vue diplomatique. Non seulement les provinces au sud de la Loire, dont, lors du siège d'Orléans, la destinée commençait à paraître incertaine, n'étaient plus maintenant sérieusement contestées à Charles, mais les résultats militaires de la campagne du sacre demeuraient acquis; les soldats français continuaient à guerroyer, en balançant la fortune, dans la Champagne, la Picardie et l'Ile-de-France, et même ils entamaient la Normandie. Le prestige des armes anglaises, si cruellement atteint par les victoires de Jeanne, ne réussissait pas, malgré des succès partiels, à se relever à sa hauteur d'autrefois, et était même exposé à de nouveaux revers. Le plus significatif fut celui que subit en personne le duc de Bedford sous les murs de Lagnysur-Marne (10 août 1432). Ses vivres, ses canons, tout son matériel, demeurèrent aux mains des Français. En même temps la diplomatie de Charles VII nouait des relations et concluait des alliances avec divers princes étrangers, se rendait l'empereur Sigismond favorable, et peu à peu prenait le dessus dans les négociations souvent troublées, mais jamais complètement interrompues, avec le duc de Bour-
' Histoire de Charles VU, par JI. de Beaucourt, t. II, p. .43.
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gogne, pour le détacher de l'Anglctern^ La mort de la duchesse de Bedford, Anne de Bourgogne, sœur de Philippe le Bon, et qui était comme le trait d'union entre son frère et son mari, fut bientôt suivie d'une rupture entre ces deux princes, que le cardinal de Winchester essaya en vain de réconcilier à Saint-Omer (mai 1433). Cette brouille personnelle pouvait faire présager une séparation politique qui se fit toutefois encore attendre '.
Une révolution qui s'accomplit à la cour et dans le conseil de Charles VII contribua sans aucun doute à préparer la solution depuis longtemps désirée et à hâter le triomphe de la cause française. Depuis près de six années, Georges de la Trémoille gouvernait en maître absolu le roi et la France, et subordonnait tout autre intérêt, même celui de la défense nationale, à son ambition et à sa cupidité. Mais les ennemis ne lui manquaient pas parmi les grands du royaume, et, au sein même de la famille royale, de redoutables hostilités s'élevaient contre lui et conjuraient sa perte. Le connétable de Richemont, soigneusement maintenu par le favori de l'exil et la défaveur, épiait le moment de se venger et de ressaisir quelque influence dans les affaires. De Parthenay, oîi il résidait, il suivait d'un œil attentif les événements. Le 27 septembre 1432 était morte à Vannes Jeanne de France, duchesse de Bretagne, sœur de Charles VII. Les obsèques, célébrées avec pompe, amenèrent une grande affluence de princes et de seigneurs. Le connétable s'y rendit, et ce fut, à ce qu'il semble, dans cette réunion qu'un complot fut tramé contre la Trémoille. Richemont avait autour de lui des amis dévoués et prêts à agir. C'étaient Pierre d'Amboise, seigneur de Chaumont; Jean, sire du Bueil, propre neveu du ministre, mais son ennemi; Prégent de Coëtivy, et un jeune seigneur angevin qui devait jouer plus tard un grand rôle politique, Pierre de Brézé, seigneur de la Varenne.
A la fin du mois de juin 1433, Charles VIL venant d'Amboise, s'installa au château de Chinon avec son premier ministre. C'est alors que le complot fut mis à exécution. Toutes les mesures avaient été prises. « On s'assura du concours d'Olivier Fretard, qui commandait à Chinon en qualité de lieutenant; on obtint aussi l'assentiment du capitaine, lequel n'était autre que le sire de Gaucourt, qui, malgré ses fonctions de gouverneur du Dauphiné, était sans cesse à
' Histoire de Charles VII, par M. de Beaucourt, t. II, iip. .SG et suiv., WO et suiv. — Cf. Vallet de Viriville, t. II, p. 235 et suiv.
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la cour, où il conservait un grand crédit. lUieil, Chaumunt, Cuutivy et Brézé se présentèrent, à la tùt(! do. (juarante à cinquante hommes, à une des poternes de la cour du Coudray. Elle leur fut ouverte par Olivier Fretard. Les conjurés pénétrèx-ent ainsi facilement jusqu'à la chambre du giand chambellan. La Trémoille allait subir la peine du talion : on lui réservait le sort qu'il avait infligé jadis au sire de Giac. Il fut saisi dans son lit, et, comme il opposa quelque résistance, il reçut un coup dV'pée à la tête. Un des assistants (sans doute Jean de Rosnivinen, écuyer du connétable) lui enfonça sa dague dans le ventre : l'énorme embonpoint de la Trémoille empêcha seul que le coup ne fût mortel. Au bruit de l'arrestation le roi s'émut, craignant qu'on n"en voulût à sa personne. Mais la reine le rassura. Bientôt Bueil, Coëtivy et Brézé se présentèrent à lui, « en toute humilité, » lui disant de n'avoir garde, et lui déclarant que ce qu'ils avaient fait n'était que pour son bien et pour le bien du royaume. Le roi demanda si le connétable était là, et sur la réponse négative qui lui fut faite, il se déclara satisfait. » Plus heureux que Giac, la Trémoille conserva sa vie et sa fortune. Conduit d'abord au château de Montrésor, il put ensuite se retirer librement dans son château de Sully, moyennant le payement d'une rançon de six mille écus à son neveu Jean de Bueil. ^lais il fut pour jamais écarté du pouvoir; la direction des affaires fut remise au jeune prince Charles d'Anjou, beau-frère du roi , récemment entré au conseil. Le nouveau ministre était le troisième fils de la reine de Sicile Yolande d'Aragon, qui avait élevé Charles YH et souvent exercé depuis sur son esprit une action salutaire pour le plus grand bien du royaume. Laissée à l'écart par la Trémoille, elle reprit la haute main dans le gouvernement, auquel fut associée dans une certaine mesure la reine de France, Marie d'Anjou. Le roi commençait ainsi à être rendu à lui-même, ou du moins s'abandonnait maintenant à des influences meilleures, réellement dévouées au succès de sa cause. Par la protection de la maison d'Anjou, le connétable ne tarda pas à être relevé de sa disgrâce'.
Le nouveau gouvernement, où Regnault de Chartres conserva ses fonctions de conseiller, porta surtout son attention sur les négociations avec le duc de Bourgogne, qui furent reprises au commencement de l'année 1434, par l'intermédiaire de René d'Anjou. Elles se relièrent bientôt à des négociations plus étendues, où les Anglais
' Histoire de Charles VH, par M. de Beaucourt, t. IF, p. 200 et suiv.
étaient compris, et qui, destinées à procurer la paix générale, avaient été déjà plusieurs fois engagées sur l'initiative et sous la médiation des papes Martin V et Eugène IV. Malgré les eflbrts du iiirdinal de Sainte-Croix, légat du saint-siège, auxquels s'ajoutèrent ceux des évêques réunis au concile de Bâle, il y avait peu d'espérance d'obtenir du gouvernement anglais des conditions acceptables pour Charles VII, qui n'entendait admettre à aucun prix les prétentions du jeune Henri VI au trône de France. Le principal objet poursuivi par la diplomatie française consistait donc à obtenir de Philippe le Bon qu'il séparât sa cause d'avec celle de l'étranger et conclût avec le roi de France une paix séparée. C'est précisément à cela qu'il se refusa longtemps. Mais enfin un pas important fut fait aux conférences de Nevers (20 janvier-7 février 1435). Philippe le Bon signa des préliminaires par lesquels, dans le cas où, par la faute du roi d'Angleterre, la paix générale ne serait pas conclue dans le congrès qui devait se tenir à Arras au mois de juillet suivant, il promettait formellement de s'entendre avec Charles VII '.
Le congrès d'Arras fut solennellement ouvert le vendredi ."> août, sous la présidence de Nicolas Albergati, cardinal de Sainte-Croix, légat du saint-siège, et de Hugues de Lusignan, cardinal de Chypre, délégué du concile de Bàle. Non seulement le roi de France, le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne, mais le duc de Bretagne, la reine de Sicile, René d'Anjou, le duc d'Orléans, le duc d'Alençon, l'université et la ville de Paris, et un grand nombre d'autres villes de France y envoyèrent des représentants. Parmi les envoyés du roi d'Angleterre figuraient Pierre Cauchon, devenu évéque de Lisieux, et Guillaume Érard, qui avait prêché Jeanne d'Arc au cimetière Saint-Ouen; ce fut Thomas de Courcelles, le rédacteur du procès, qui porta la parole, le 2 septembre, au nom de l'université et de la ville de -Paris. Il manifesta leurs vœux ardents pour la paix, qui durent être fort désagréables au gouvernement anglais. Celui-ci, en effet, refusait obstinément de renoncer à la couronne de France, et, le 6 septembre, ses ambassadeurs, rompant les négociations, quittèrent Arras. Philippe le Bon, qui était venu de sa personne dans cette ville, autorisa ses ambassadeurs, après quelques hésitations, à négocier une paix séparée qui, grâce aux concessions un peu humi-
' lUsloire de Charles Vil, {m jr. do Ueaucourl , t. II, p. .^Oô ut suiv.
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liantes des ambassadeurs de Chailes Vil, fut enfin conclue par le duc de Bourgogne avec le roi de Fi'ance, chef de sa maison '.
« Le 21 septembre, dit M. de Beaucourt-, une grande cérémonie religieuse eut lieu dans l'église de Saint- Wast. Le duc de Bourgogne, entouré des princes de sa famille et de ses conseillers, chevaliers et écuyers, occupait la droite du chœur. Les ambassadeurs de France prirent place à gauche. Au milieu on avait disposé un petit autel, sur lequel était placé, entre deux chandeliers d'or, le livre des Évangiles avec un cruciflx. Une messe du Saint-Esprit fut dite par le cardinal de Chypre, assisté de l'abbé de Saiut-Wast et de l'abljé de Saint-Nicaisc, officiant comme diacre et sous-diacre. Laurent Pinon, évêque d'Âuxerre, fit un « très notable sermon »; il prit pour texte ces paroles : Ecce quam bonian et quam jucundum habifare fratres in ununi^. Pierre Brunet, chanoine d'Arras, lui succéda; il donna lecture du texte des bulles du pape et du concile investissant les cardinaux de leur mission, et lut ensuite le texte du traité qui venait d'être signé, ce qui dura plus d'une heure. Ensuite Philippe Maugard, maître des requêtes de l'hôtel du duc de Bourgogne, lut une lettre par ]a([uelle les cardinaux promulguaient le traité. Cette lecture était à peine achevée, que les assistants, ne pouvant contenir leur joie, poussèrent des acclamations. Les cris de « Noël! noël! » retentirent sous les voûtes de la Iiasilique avec une telle puissance, que, dit un témoin oculaire, « on n'eust pas ouy Dieu. »
« Les cardinaux prirent place alors au milieu du chœur... Puis on vit se lever un prêtre chargé d'années qui, se dirigeant vers la droite du chœur, alla s'agenouiller aux pieds du duc Philippe : c'était Jean Tudert, doyen de Paris, l'un des ambassadeurs du roi. Conseiller au parlement dès 1402, maître des requêtes de l'hôtel depuis 1418, il avait vieilli dans le conseil et n'avait cessé d'être mêlé aux négociations poursuivies, soit avec le duc Jean, soit avec le duc Philippe. On l'avait vu aux conférences de la Tombe en avril-mai 1418; il avait pris part aux conférences de Bourg en janvier 1423; il était aux conférences d'Arras et de Compiègne en août- septembre 1429. Et maintenant c'était à lui qu'était échue la mission de faire amende honorable, au nom du roi, pour le meurtre de Montereau.
' Histoire de Charles VII. par M. de Beaucourt. t. II, ji. .V23 et suiv. — Cf. Vallet de Viriville, t. II, p. 31G et suiv.
"■^ Histoire de Charles Mil , par M. de Beaucourt, t. II, pp. 533 et suiv. ^ « Combien il est bon et doux pour des frères d'être réunis en une même demeure ! »
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Conformément à la formule aiTétée d'avance, le doyen de Paris prononça, à haute et intelligible voix, les paroles suivantes ' :
« La mort de monseigneur le duc Jean (que Dieu absolve!) fut uniquement et mauvaisement faite par ceux qui perpétrèrent ledit cas, et par mauvais conseil; le roi en a toujours eu déplaisir et à présent le regrette de tout son cœur, et s'il avait su ledit cas et qu'il eût eu alors le même âge et entendement qu'il a maintenant, il s'y fût opposé autant qu'il l'aurait pu; mais il était bien jeune alors et avait petite connaissance, et ne fut pas assez avisé pour y pourvoir. Il prie donc à monseigneur de Bourgogne que toute rancune ou haine qu'il peut aAoir contre lui, à cause de cela, il lote de son cœur, et qu'il y ait entre eux bonne paix et amour. ».
« Cette humiliante déclaration étant faite, le duc releva Jean Tudert, et, en l'embi'assant, déclara qu'avec l'aide de Dieu il accomplirait la promesse qu'il avait faite, et qu'il n'y aurait plus jamais de guerre entre le roi et lui. Acte notarié fut aussitôt dressé de la déclaration du doyen de Paris et de la réponse du duc.
« Alors Philippe, se levant à son tour, s'avança vers les deux cardinaux. Le cardinal de Sainte-Croix sortit l'hostie sacrée du tabernacle et exposa le saint Sacrement. Puis il prit une croix d'or et la posa sur un coussin. « Jurez, dit-il au duc, de ne jamais rappeler la mort de votre père, et d'entretenir fidèlement Ijonne paix et union avec le roi, votre souverain seigneur, et avec les siens, conformément au traité. » Le duc étendit la main sur la croix et prêta serment. Les deux cardinaux, étendant leurs mains sur la tête du duc, le déclarèrent absous du serment qu'il avait fait aux Anglais. Les princes, les ambassadeurs, les seigneurs présents vinrent à leur tour jurer d'observer la paix. En levant la main pour prêter serment, un seigneur bourguignon, Jean de Lannoy, dit à haute voix : « Voici la propre main qui autrefois a prêté serment pour cinq paix, dont aucune n'a été observée; mais je promets à Dieu que celle-ci sera observée de ma part et que jamais je ne l'enfreindrai. » Quand les seigneurs eurent juré, les cardinaux firent lever la main à tous les assistants. La cérémonie se termina par une bénédiction solemielle et par le chant du Te Deum.
« On se sépara aux cris répétés de : Noël! noël! Les ducs de Bour-
' Nous avons rapproché du français moderne le texte original de ces paroles, donné par M. de Beaucourt.
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gogtie et (le Buurijuu ïsortireiil de r('L:lise en se doiiiuuit le Lias. I.e peuple, voyant le bon accord et la i'aiiiiliarit(' ipii régnait entre les deux princes, les suivit en poussant d'enthousiastes acclamations. L'émotion fut telle, que des larmes coulaient de tous les yeux. Des feux furent allumés sur plusieurs points.
Les conditions faites à la couronne par le duc de Bourgogne étaient si dures, que Charles VII hésita quelque temps à donner au traité d'Arras sa ratification définitive. Il s'y décida cependant, et, le 11 décembre 14li"), réunit dans la basilique de Saint-Martin de Tours une assemblée de seigneurs et d'évèques. « L'archevêque de Crète, membre du concile de Bàle, officia pontificalement. Après la messe, le roi jura sur le texte des Évangiles d'accomplir le pacte conclu avec son cousin de Bourgogne. Charles d'Anjou, le duc de Bourbon et toute .l'assistance s'engagèrent par la même promesse, à l'exception du bâtard d'Orléans. Celui-ci se récusa pour ne point compromettre Charles, duc d'Orléans, et Jean, comte d'Angoulôme, ses frères, toujours prisonniers des Anglais. A partir de ce jour, des rapports amiables s'établirent entre le roi de France et Philippe le Bon. Peu de temps après (4 février 1436) la reine Marie d'Anjou mit au monde un prince à Chinon. Charles VII déféra au duc de Bourgogne le titre, accepté avec empressement, de compère du roi et de parrain de l'enfant royal, qui reçut le nom de Philippe '. »
Le traité d'Arras, en mettant fin à la division funeste qui avait livré la France à la domination étrangère, enlevait à celle-ci tout espoir fondé de se maintenir. Elle venait en outre de perdre, au moment de la conclusion de ce traité, le chef énergique et habile qui en avait jusqu'alors soutenu, en dépit de tant de revers, la vigueur de plus en plus défaillante. Le duc de Bedford était mort au manoir de Chantereine, près de Bouen, le 14 septembre 1435. L'opiniâtreté anglaise prolongea pourtant quelques années encore une résistance par laquelle elle se cramponnait, pour ainsi dire, à sa conquête. En 1436, c'est-à-dire dans le délai prédit par Jeanne d'Arc à ses juges ^, le plus grand gage que les Anglais eussent en France leur fut enlevé. Les sentiments de la population parisienne, depuis la paix faite avec la Bourgogne, n'étaient plus douteux, et les représentants du gouvernement anglais , parmi lesquels nous voyons
' Vallet de Viriville, Histoire de Charles Vil, t. II, p. 305.
- Interrogatoire du 1'^'' mars 1431. Procès, t. I, p. 8i. — Voyez ci-dessus.
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encore figurer l'évêquc de Lisieux, Pierre Cauchon, y vivaient en de continuelles alarmes. Profitant habilement de ces dispositions, Charles VII signa, le '28 février, des lettres d'amnistie pour les habitants de la capitale. Par acte daté de la veille, Philippe le Bon se portait garant envers eux de la clémence royale. Ces lettres , qui ne devaient être publiées qu'après l'occupation de Paris, circulèrent dès lors et préparèrent les voies au connétable de Richemont, pourvu, le 8 mars, des fonctions de lieutenant général dans les provinces d'Ile-de-France, Champagne, Normandie, Picardie, etc., et chargé de mener à bien cette grande entreprise. La capitale était déjà comme cernée par un cercle d'investissement qui se resserrait de jour en jour. Sur la haute Seine, les Français occupaient Melun, Corbeil, Charenton et Vincennes; sur le cours inférieur du fleuve, le pont de Meulan et Poissy; sur la Marne, ils tenaient Lagny, et sur l'Oise, Pontoise. L'approvisionnement de la capitale devenait très difficile, et les vivres y avaient quadruplé de prix. Les représentants de Henri VI, de plus en plus inquiets, instituèrent dans la ville un véritable état de siège et essayèrent par des mesures d'intimidation de contenir les complots qu'ils jugeaient près d'éclater. Dans les premiers jours d'avril, Richemont s'établit à Pontoise, où il fut rejoint parle maréchal de flsle-Adam, l'un des plus vieux et plus fougueux chefs de la faction bourguignonne, homme très populaire à Paris, et qui, à l'exemple de Philippe le Bon, venait d'abandonner la cause anglaise. Des relations s'établirent par son entremise entre le lieutenant royal et les patriotes de la capitale. Ceux-ci avaient à leur tête un riche bourgeois, nommé Michel de LaUier, ancien familier de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, qui sous leur règne était passé de la banque aux emplois officiels des finances, et qui était alors maître des comptes sous le gouvernement anglais. Le 10 avril 143G, le connétable s'étant mis en marche sur la capitale, Thomas de Beaumont s'avança contre lui avec environ cinq cents lances anglaises. Un combat s'engagea entre Épinay et Saint-Denis. Beaumont y fut entièrement battu et fait prisonnier. Richemont s'installa à Saint- Denis et put se concerter de plus près avec les conjurés parisiens. Le l;} avril, accompagné du maréchal de l'Isle-Adam, du bâtard d'Orléans et d'une escorte de cavalerie, il se présenta à la porte Saint- Michel; puis, sur un avis qui lui fut donné, il se rendit à la porte Saint-Jacques, où il entra en pourparlers avec les bourgeois qui mon-
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talent la garde sur les remparts. Bientôt, un dépit des Anglais (lui se trouvaient là, le guichet s'ouvre au connétable. On tend à l'Isle- Adam une échelle à Taide de laquelle il escalade la muraille, s'établit sur la plate-forme et y arbore la bannière de France en criant : Ville gagnée! En même temps des soldats de l'armée royale, embarqués sur divers esquifs, pénétraient dans Paris par la rivière.
La garnison anglaise, placée sous les ordres de lord \Yilloughby, était fort empêchée. Dès le matin, une insurrection avait éclaté aux Halles. De nombreux groupes, rassemblés et harangués par des émissaires, s'étaient soulevés aux cris : Vive le roi de France! Maudits soient les Anglais! Lallier. accompagné de son llls et de bourgeois influents, dirigeait le mouvement, qui se propagea dans la ville. Les chaînes des rues furent tendues, la population courut aux armes; et quand l'armée anglaise, divisée en trois corps, se mit en marche pour gagner les emplacements qui lui avaient été assignés, les femmes elles-mêmes firent du haut des fenêtres pleuvoir sur elle toutes sortes de projectiles improvisés. En représailles, les archers anglais tiraient aux fenêtres, en criant : Saint -Georges! Traîtres Français! Tuez tout! Partout les bourgeois avaient arboré sur leurs habits la croix blanche nationale ou la croix rouge de Saint-André bourguignonne. Les cris de : Vive le roi! Vive le duc de Bourgogne! La paix! éclataient de toutes parts. Le connétable, s'avançant de la porte Saint- Jacques avec le bâtard d'Orléans et l'Isle-Adam, rencontra au pont Notre-Dame Michel de Lallier qui tenait à la main une grande bannière de tapisserie aux armes de Charles VIL Cependant une partie de l'armée anglaise était arrivée à la porte Saint-Denis; elle trouva les deux étages du corps de garde occupés par la milice bourgeoise, qui la reçut à coups de canon. Bientôt elle dut se replier sur la bastille Saint-Antoine. C'est dans cette forteresse que se réfugièrent avec Willoughby les derniers agents du gouvernement de Henri VI et environ douze cents personnes, tant militaires que civiles ou religieuses. Le connétable se rendit à Notre-Dame, où il entendit la messe tout armé. Il se fit ensuite établir une clôture devant la bastille, qui fut ainsi bloquée du côté de la ville. Le 17 avril, Willoughby capitula. On permit aux Anglais de se retirer avec la vie sauve. Ils s'éloignèrent par dehors, côtoyant les boulevards, et s'embarquèrent sur la Seine pour regagner Rouen. Connue ils passaient devant la
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porte Saint- Denis, ils furent aperçus des Parisiens, qui les poursuivirent de leurs malédictions '.
Ce fut seulement à la fin de l'année suivante (12 novembre 1437) que Charles VII fit son entrée solennelle dans sa capitale reconquise. Une prudence un i)eu lente demeurait encore en ce moment
Enli'i-e do Charles VII à Paris
un des traits de son caractère, dans lequel ses fidèles serviteurs remarquaient d'ailleurs avec joie une transformation de jour en jour plus sensible. Secouant la torpeur où il était demeuré trop longtemps, il rappelait peu à peu dans son âme l'énergie de volonté qu'il avait su montrer dans sa première jeunesse , et , déployant de nouveau les dons naturels de son intelligence, prenait une part active et personnelle à la restauration du royaume que la faveur divine reconstituait sous son sceptre. Ce réveil du roi s'était manifesté d'une façon éclatante au siège de Montereau, dont
' Vallet d.' ViriviUe, Hisloiyc de Charles VII, t. II, pp. 340-.30:i.
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il avait conduit en personne, jour et nuit, tontes les opérations. « Le jour de l'assaut (10 octobre 1437), Charles descendit aux fossés, dans l'eau, tout armé, jusqu'à la ceinture. De là il monta par l'échelle, l'épée à la main, et le roi de France fut au nombre des premiers assaillants qui parvinrent sur la crête des murs et qui pénétrèrent victorieux dans la place'.» Mais ce fut surtout dans le gouvernement que cette r^enaissance de la vigueur royale eut d'heureux effets. I^a réforme des institutions militaires du pays fut entreprise et poursuivie avec persévérance, selon les sages conseils de Gilbert de la Fayette, excellent homme de guerre, rentré en grâce depuis la chute de la Trémoille. La trêve conclue à Tours avec l'Angleterre (20 mai 1444) donna au roi le loisir de mener à bien cette entreprise capitale. L'institution des compagnies d'ordonnance substitua une cavalerie régulière et permanente, sévèrement disciplinée, aux bandes d'aventuriers dont le pays avait souffert autant et plus que l'ennemi. La sécurité reparut soudain dans les villes et dans les campagnes. L'agriculture et l'industrie refleurirt'nt. On vit de nouveau circuler en paix sur les routes commerçants et voyageurs. L'institution des francs archers fut un louable essai de création d'une infanterie nationale, grâce à laquelle on espérait pouvoir un jour se passer des mercenaires étrangers. Des soins particuliers furent donnés à l'artillerie, dont les frères Jean et Gaspard Bureau firent une puissance devant laquelle s'évanouit définitivement la supériorité, si longtemps incontestée, de l'armée anglaise. Au lieu de lourdes et informes carapaces de fer forgé dont on faisait usage à l'époque de son avènement, ou des plommées à main dont il ne sortait très souvent que des fusées peu redoutables, Charles fut suivi dans les dernières luttes pour la délivrance nationale par une belle artillerie de siège et de campagne, à pied et à cheval, roulant et courant sur des affûts, assortie de calibre et fondue en bronze, munie de boulets de fer, et servie par des artilleurs, exercés -.
L'occupation de Fougères par un capitaine anglais, François de Surienne (24 mars 1449), amena la rupture des trêves. L'armée française, divis'e en trois corps sous le haut commandement du roi, envahit la Normandie et marcha de succès en succès. Le plan con-
' Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, pp. 3B2, 383.
- Vallet de Viriville, Mémoires sur les institutions de Charles VII, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, année 1872, pp. 67-77. — Cf. Histoire de Charles VII, par M. de Beaucourt, t. III et IV, imssiïi).
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sistait dans une marche convergriite svu' Rouen, isolé d'alxtrd de ses oommunications. Pont-Audemer, Mantes, Vernon, Lisieux, firent promptenuMit leur soumission. Dans le courant du mois de septembre, la plupart des forteresses du Cotentin et de la basse Normandie, audessous de Caen, furent occupées par le duc de Bretagne, qui commandait le troisième corps. Alençon se rendit à Jean, son duc. Touques, Argentan, Gisors, Neufchâtcl et d'auti-es places encore capitulèrent. Le 29, Charles VII mit en personne le siège devant Château-Gaillard, forteresse considérée comme inexpugnable , et il revint de temps à autre en surveiller les opérations , dont la conduite fit grand honneur à Pierre de Brézé, qui, après deux mois de résistance, contraignit la place à ouvrir ses portes (23 novembre). Cependant, dans les villes et les villages, la population accueillait les Français en libérateurs. Le 6 octobre, le roi avait fait sommer Rouen, occupé par le gros des forces anglaises, qui n'avaient pas osé en sortir depuis l'ouverture de la campagne. Le 18, après des négociations préliminaires, les habitants résolurent de reconnaître le roi légitime et envoyèrent une députation, à la tête de laipielle figurait leur archevêque, traiter de leur soumission avec le comte de Dunois. Les articles stipulés furent acceptés avec enthousiasme par le peuple. Le duc de Somerset , lieutenant de Henri VI, voulut en vain s'opposer à ce mouvement. Le tocsin retentit, les Rouannais prirent la croix blanche et coururent aux armes; la ville se hérissa de barricades. L'armée anglaise n'osa engager la lutte dans les rues, et se retira dans les ouvrages fortifiés, le Bout-du-Pont, le Château et le Palais. Le 19, Charles VII vint de Pont-de- l'Arche avec son artillerie prendre position sur la colline de Sainte-Catherine, d'où l'on dominait la ville, et que l'ennemi renonça à défendre. Le soir même et le lendemain, des détachements de l'armée royale pénétrèrent dans la cité. Le duc de Somerset, bloqué dans ses positions, capitula le 29, et, le 4 novembre, il se retira à Caen avec ses troupes. Le 10, Charles fit son entrée solennelle dans la capitale de la Normandie. Le 8 décembre, le siège fut mis devant Harfleur par ordre du roi, qui vint bientôt en prendre la direction et s'y conduisit en vaillant chevalier et en habile capitaine. « L'hiver sévissait avec une rigueur inaccoutumée. La gelée avait suspendu le cours des fleuves et les chemins disparaissaient sous un voile de neige... Le roi, payant de sa personne, visitait chaque jour le terrain, inspectant les travaux, suivant les progrès de la
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tranchée, desceiKlaiit ù la mine, suii aiiiict sur la t('te et son pavois au bras. Les logis des gens de guerre et de leurs chefs consistaient en des taudis creusés dans la terre et recouverts de chaume et de licnêts. La pluie alternait avec la gelée, et la marée venait parfois indiuler les logis et les tranchées. Quand le feu do rartillciii' lui ouvert, Charles VII en dirigea l'action, non sans un grand péril pour SOS jours. En un mot, l'attaque fut conduite avec tant de .science et de vigueur (|ue les Anglais, au nombre d'environ deux mille hommes, demandèrent à traiter dès le 24 décembre lVi9. La place fut entièrement rendue aux Français dans les premiers jours de janvier i't50.» Le 18 février de cette année, le comte de Dunois. après un mois de siège, occupa Honfleur '.
Le duc de Somerset avait en vain, à plusieurs reprises, réclamé des secours d'Angleterre. La cour de Henri VI était divisée par des factions qui paralysaient son gouvernement et préludaient, pour ainsi dire, aux catastrophes sanglantes de la guerre des deux Roses. Toutefois, quand les ministres de Henri virent la Normandie à demi perdue, ils résolurent de tenter un effort pour la reconquérir, ou du moins pour en conserver la partie où les Anglais occupaient encoi'e des villes importantes, c'est-à-dire la région inférieure ou basse Normandie, dont Caen était la capitale. Le li mars 1450, une armée de cinq à six mille hommes débarqua à Cherbourg, sous le commandement de sir Thomas Kiriel, qui se rendit maître de Valognes, et reprit possession presque complète de la presqu'île du Cotentin. De là il résolut de se diriger vers Caen. Une armée franraise d'environ trois mille hommes, sous les ordres de Jean de Bourbon , comte de Clermont , avait pris position à Carentan. Toujours sous l'influence de l'ancienne supériorité militaire des Anglais, ses chefs hésitaient à leur barrer le passage; mais ils furent entraînés par l'explosion du sentiment populaire et par l'élan patriotique des soldats. On marcha donc contre l'ennemi. La rencontre eut lieu le li avril, près d'un petit village appelé Formigny. Ce fut pour les Anglais un véritable désastre. La moitié au moins de leur effectif resta sur le champ de bataille; ils laissèrent un grand nombre de prisonniers, y compris leur général, aux mains des Français dont les pertes furent insigniliantes. L'effet de cette
' Vallet de Viriville, HUtoive de Charles Vil. t. UI, pp. 140-J75. - Cf. Histoire de CItiirles VII. par M. do Beaucourt, t. V, pp. 3-27.
victoire, due peut-être en partie au tir de deux coulevrines placées sur le front de l'armée française, fut immense sur l'opinion. Quoique les forces engagées dans cette bataille fussent relativement minimes, on la considéra comme une revanche éclatante d'Azincourt. La supériorité militaire, même en rase campagne, avait passé de notre côté. Les fruits ne se firent pas attendre : Vire et Baveux capitulèrent,Valognes fut réoccupé, tout le Cotentin rentra sous l'autorité du roi de France. Le 5 juin, Charles partit de Carentan pour diriger en personne le siège de Caen. Jean Bureau investit les ouvrages de défense d'un cercle de bouches à feu , quelques-unes d'énorme calibre. qui les foudroyèrent et réduisirent au silence les médioci'es canons des Anglais. Le 24 juin, le duc de Somerset, pour la seconde fois, capitula. Le 6 juillet, il s'embarquait pour Calais, et Charles VII faisait dans la seconde ville de Normandie son entrée solennelle. Falaise se rendit le 23 juillet, et Domfront le 2 août. Cherbourg, investi dans la première quinzaine de juillet, fit à son tour l'épreuve des progrès de notre artillerie. « Des pièces volantes, atteintes deux fois quotidiennement par la marée, furent assises et pointées avec une rare précision. Jean Bureau fit couvrir ces canons de peaux de bête, qu'on posait avant le flux et qu'on enlevait après le reflux, pour les préserver de l'immersion. » La place se rendit le 12 août. La conquête de la Normandie était achevée. Par ordre du roi, pour rendre grâces à Dieu, une procession commémorative fut instituée à perpétuité dans tous les diocèses du royaume '.
Les Anglais ne possédaient plus que la Guyenne, où leur établissement, consacré par le temps, n'avait pas, comme naguère dans les provinces du Nord, le caractère d'une domination imposée par la conquête. Charles n'en résolut pas moins avec raison de profiter de l'état de guerre où l'Angleterre persistait à son égard pour réunir cette belle province au corps de la patrie française. Dès le mois de septembre l'i-DO il dirigea de ce côté Jean de Blois, comte de Penthièvre , avec une armée. Là aussi les succès furent éclatants. Bergerac, Jonzac et plusieurs autres places se rendirent au mois d'octobi"e. Le Ici" novembre, l'armée gasconne, commandée par sir Gadifer Shorthose, fut défaite à Blanquefort en bataille rangée. Les hostilités, suspendues par la rigueur de l'hiver, furent reprises au
> Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, t. III, pp. 103-208. — Cf. Histoire de Charles Vil, par M. de Beaucourt, t. V, pp. 27-39.