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convenlioiincl, d'assouplir ù ses formules de scène ou de style quelques épisodes de l'histoire de France, ou plus .nénéralenient de l'histoire du moyen âge. Ce mouvement, évident déjà dans le cours du xvni'' siècle, notamment dans le théâtre de Voltaire, et surtout dans celui de Belloy, s'accentua davantage sous l'empire et sous la restauration. Les poètes se forgèrent alors tout un monde romanesque, plein de sensibles châtelaines, de chevaliers preux et galants, de gracieux pages, de traîtres insidieux, de vertueux solitaires, de lugubres tyrans et de gémissants troubadours, dont il est resté des traces non seulement dans leurs œuvres, qu'on ne lit plus guère, mais sur un bon nombre de pendules. C'est à ce moyen âge de fantaisie qu'ils empruntèrent la couleur dont ils essayèrent d'enrichir leur style tragique, servilement calqué sur le style divin de Racine, dont il aurait fallu se pénétrer seulement. L'alliance du faux classique avec le faux moyen âge produisit un mélange assez bizarre, dont la Jeanne d'Ar-c de d'Avrigny, représentée le 4 mai 1819, et celle de Soumet, jouée le 14 mars 1820, peuvent oiïrir un spécimen, en même temps qu'elles donnent l'idée de toutes les pièces du même genre consacrées à la Pucelle sous l'empire et sous la restauration. Ni l'élégance du langage, trop négligé depuis lors, ni le sentiment et l'habileté poétique ne man(|uaicnt à d'Aviigny; mais le genre (ju'il a cultivé est doublement faux.
Classique sans aucun doute, la tragédie de Soumet l'est moins pourtant (|ue celle de d'Avrigny, et Fou peut y remarquer des concessions faites à la nouvelle école, qui, après de brillants et durables succès dans la poésie lyrique, commençait à porter son ambition vers un renouvellement du théâtre, où elle ne tarda pas à faire paraître le drame dit romantique, issu de Timitation de Shakspeare et de ses disciples d'outre-Rhin, mais se distinguant du drame anglais et du drame allemand par un certain nombre de qualités et de défauts, pour la plupart empruntés à cette môme tragédie classique dont le drame nouveau prétendait à prendre la place.
Plusieurs des réfoi^mes proposées par l'école romantique, par exemple, la disposition libre du temps et de l'espace, un plus grand mouvement, un plus grand appareil scénique, plus d'aisance et de familiarité dans le dialogue, étaient, ce semble , favorables à l'expression sur le théâtre de l'histoire de la Pucelle. Les chefs de l'école ne songèrent pas à tenter l'épreuve. L'une des premières applications du
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nouveau système, ai)i)licati()n modérée, au grand sujet, de Jeanne d'Arc, se trouve dans la tragédie (ce nom fut conservé par l'auteur) publiée en 1843 par M. Th. de Puymaigrc, et dont le prologue, le premier acte et plusieurs autres scènes, sont imitées de Schiller. M. de Puymaigre a eu le mérite en d'autres endroits, notamment dans la scène de l'interrogatoire de Jeanne, de suivre de fort près l'histoire '. Au même genre que cette tragédie, mais plus avancés dans le nouveau système, se rapportent le drame de J.-J. Porchat : la Mission (le Jeanne d'Arc (1844), et celui d'Athanase Renard : Jeanne d'Arc ou la fille du peuple au xv« siècle (1851). Gomme la pièce de M. de Puymaigre, ni l'un ni l'autre n'ont été représentés.
Personne n'ignore qu'à côté du drame en vers l'école nouvelle fit une large place au drame en prose. Dès 1832, Henri Millot écrivait ainsi nne Jeanne d'Arc. Le théâtre de la Gaieté représenta, le 7 avril 1847, « un drame national » en cinq actes et en dix tableaux dont l'auteur était M. Charles Desnoyers. C'est aussi en dix tableaux que se subdivise « le drame historique » publié par MM. Louis Jouve et Henri Cozic (1857). Sous ce même titre et la même année parut la Jeanne d'Arc, en cinq actes et en prose, de Daniel Stern (la comtesse d"Ag(jult), qui a eu le tort d'y mêler ses sentiments personnels au point de faire prophétiser par Jeanne la prétendue mission de Luther. Il y a encore sur Jeanne d'Arc d'autres drames en prose, celui notamment qu'a récemment fait repi'ésenter au théâtre du Châtelet (1891) M. Joseph Fabre, et où il a mêlé à l'histoire de Jeanne, que pourtant il connaît bien, trop d'ingrédients l'omanesques. La tragédie classique, cultivée encore par quelques personnes, le drame romantique en vers, ont aussi maintenu leurs droits et leurs prétentions sur ce sublime autant que difficile sujet '-. L'alliance ingénieuse du drame en vers et de l'opéra ^ a fait obtenir, il y a une dizaine d'années, à la
' Nous ne saurions passer sous si k'ncc l'étude suf les Poètes de Jeanne rf'.lrc, placée par M. de Puymaigre en tête de sa tragédie, et dont nous avons iirofité. L'auteur y donnait les Ijremières marques de cette vocation pour l'histoire littéraire dont il a fourni depuis des preuves qui ont placé son nom parmi les plus estimés de l'érudition française.
'-' Jeanne d'Arc, tragédie en cinq actes et en vers, par Bousson de Mairet (1800). Jeanne d'Arc, drame en cinq actes et en vers, par Constant Materne (1802). Cette dernière pièce est en grande partie imitée de Schiller. Nous répétons que nous n'avons aucunement voulu faire une énumération complète.
' P2n ce qui concerne les opéras dont .Jeanne a été le sujet, nous renvoyons au travail de Chouquet, Jeanne d'Arc et la musique , public parmi les Eclaircissements joints à l'édition donnée par MM. Didot de ha Jeanne d'Arc do M. Wallon, p. i8!l et suiv. — Les plus connus
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Jeanne d'Arc, en cinq actes avec chœurs, do M. P.-J. Jl.iiljicr. uiiisi(jiii' de Charles Goiinod, un grand succès au théâtre de la Gaieté. Ce succès s'est renouvelé en 1890, avec plus de force encore, au théâtre de la l'orte- Saint-Martin, où la même pièce a reparu avec d'importantes modifications. M. Barbier doit être loué surtout de sa tendance au respect, à la reproduction de la vérité historique, ot des nombreux emprunts qu'il a faits aux textes contemporains et aux paroles authentiques de la Pucelle. Nous devons nous attendre à voir les poètes dramatiques, comme ceux qui cultivent l'ode ou l'épopée, multiplier désormais leurs essais, leurs efforts en l'honneur de l'héroïque vierge, dont la gloire grandit chaque jour en France, en Angleterre et dans le monde entier. Nous faisons des vœux pour que la poésie dans ses divers genres, ceux du moins auquel un tel sujet est permis, produise des œuvres dignes de Jeanne. Elle le fera si elle sait s'inspirer de son histoire; mais cette histoire, encore une fois, elle ne l'égalera jamais.
Les arts plastiques ont, eux aussi, voulu concourir à manifester la gloire de Jeanne. La difiîculté, quoique moindre peut-être que dans la poésie, y est grande encore, et telle que jusqu'à ce jour il n'est pas d'œuvre qui se soit définitivement emparée de cet admirable sujet. Les monuments qui nous sont parvenus du xve siècle ont un intérêt archéologique , mais ils n'ont ni valeur iconographique ni valeur artistique, et ne nous présentent en somme ni le portrait exact de la Pucelle ni son image idéale. Le xvie et le xviie siècle ont exprimé la vierge libératrice selon la conception assez fausse qu'ils avaient d'elle, en lui appliquant l'allure et le costume des héroïnes de leur temps'. Les efforts du xix« siècle n'ont pas encore abouti à satisfaire pleinement ridée chaque jour plus grande et plus belle que la France se fait de Jeanne, et les œuvres, diversement méritoires, de MM. Ingres, Benouville, Eugène Devéria, Ary Scheffer, Fragonard, Révoil, Paul Delaroche, Legrip, Raymond Balze,Lemeire, le Chevalier-Chevignard, L. Ottin, etc., en peinture; de MM. Chapu. Rude, Georges Clère,
sont, outre la musique composée par Weber pour la tragédie de Schiller, ceux de Carafia (1821), de Jean Pacini (1830), de Verdi (1845), de Duprez (1865) et de Merraet (187G). — Nous avons plaisir à mentionner ici l'hommage récemment rendu à Jeanne par l'un des meilleurs écrivains catholiques de notre temps : Jeanne d'Arc, poème lynque en trois parties, par Paul Allard, musique de Charles Lenepvou. Rouen, 1886, brochure in-8".
' Voyez, dans l'édition donnée par MM. Didot de la Jeanne d'Arc de M. Wallon, le tableau de 1581 et les peintures de Deruet et de Simon Vouct, pp. 'i62, WO, 170.
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Lefeuvre, Fremiet, Foyatier, Vital-Dubniy, Dubois, Barrias, etc., en sculpture et bas-reliefs, laissent certainement le champ largement ouvert encore à nos })eintres et à nos sculpteurs. La plus
Statue de .loanne d'Arc. (Œuvre de la princesse Marie/
populaire de toutes les œuvres de notre siècle est peut-être encore la charmante statue par laquelle une royale artiste, la princesse Marie, a, une fois de plus, étroitement uni au souvenir de la Pucelle les noms de France et d'Orléans, que Jeanne d'Arc a tant aimés.
C'est en slnspirant profondément des récits authentiques de son histoire que les beaux-arts, comme la poésie, pourront essayer avec quelque chance de succès de nous offrir de la Pucelle une représentation idéalement vraie. Quant à la représentation exacte de ses traits, au moins jusqu'à présent elle n'est pas possible, car aucun
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docuiiK'ut li<>uiv ne nous est parvenu, que Fou puisse considérer conune nous ayant conservé fid(Mement sa ressemblance. Les consciencieuses recherches de Vallot de Vi ri vil le à cet égard ont été vaines '. Nous serions trop heureux sans doute de posséder la peinlure ([ii'elle-méme vit à Arras entre les mains d'un Ecossais, et où elle était figurée agenouillée devant Charles VII, à qui elle présentait une lettre; mais il n'est pas certain du tout que nous aurions pour cela son portrait. Les statues ou tableaux c^ui, durant son triomphe, furent en son honneiu- placés dans les églises, ne nous fourniraient pas non plus de bien sûrs indices, alors même que nous en posséderions plus d'un ou deux spécimens douteux-.
Reprenant récemment la question, jMM. E. de Bouteiller et G. de Braux ont, à propos de la statue conservée aujourd'hui dans la maison de Jeanne à Domremy, émis d'ingénieuses et utiles conjectures, plutôt qu'exprimé une certitude '. En résumé, nous en sommes réduits à quelques indications éparses dans les documents écrits et d'où il semble résulter qu'elle était plutôt grande que petite, forte et bien constituée, et qu'elle avait un visage riant, quoique sa bonté naturelle et son exquise sensibilité la rendissent prompte aux larmes. Le seul trait qui paraît certain, c'est qu'elle avait les cheveux noirs \ Nous n'insisterons pas davantage sur l'iconographie de Jeanne et sur les monuments figurés qui ont perpétué, sinon sa figure, du moins sa mémoire. Le recueil le plus ample et le plus intéressant que l'on puisse consulter à cet égard est l'illustration de la Jeanne d'Arc de
' Revue arcliéoloç/ique, iSôô et 1861.
- Procès, t. I, pp. 100, 291, 292. — On porta aussi des médailles en son lionnom-, et c'est peut-être une de ces médailles qui est représentée dans la Jeanne d'A)x de M. Wallon, V'dition Didot, p. 145. — Cf. Le Culte de Jeanne d'Arc au xv^ siècle, par Pierre Lanéry d'Arc. Orléans, Herluison, 1887, brochure in -S».
■' Notes iconographiques sur Jeanne d'Arc. Paris, Claudia; Orléans, Herluison, 1879, in-80.
^ Procès, t. V, p. 530, col. 2 (à la table, au mot Jeanne). Cf. les textes indiqués en cet ■endroit. — On a cru trouver aussi un indice à cet égard dans une particularité rapportée par Quicherat {Ibid., p. 147) à propos de la lettre adressée par Jeanne d'Arc aux habitants de Riora. « L'original, dit-il, est en papier, signé de la main même de la Pucelle. Cette circonstance s'accorde très bien avec l'aveu qu'elle fit à ses juges de ne savoir pas écrire. La forme incertaine et écrasée des lettres fait voir qu'elle ne parvint à donner celte signature qu'en se faisant guider la main. L'original de Riom, que j'ai vu et tenu, avait été scellé d'un cachet «n cire rouge dont l'empreinte a été détruite. Le revers seul est conservé; on y voit la marque d'un doigt et le reste d'un cheveu noir, qui parait avoir été mis originalement sur la cire. » — C'est ici le lieu de signaler l'intéressante étude de M. le chanoine Cochard, intitulée : Exisle-t-il des reliques de Jeanne (i'.-lrc? Orléans, Herluison, 1891, brochure in-8".
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M. Wallon, dans Tédition donnée en 1876 par la librairie Firniin- Didot. L'habile et fervente direction de M. D. Dumoulin en a fait un curieux, instructif et durable musée en l'honneur de la Pucelle '.
Parmi les commémorations subsistantes de Jeanne, il n'en est point qui doive être plus chère à son cœur, parce que l'Église de Jésus- Christ, qui jamais ne cessa d'ùti'e la sienne, s'y associe directement, que la fête célébrée chaque année le 8 mai à Orléans. Cette fête est l'une des rares cérémonies conservées de l'ancienne France. Elle remonte au 8 mai 1429, jour de la délivrance de la ville. Interrompue en 1793 durant le triomphe de cet esprit révolutionnaire et antichrétien qui, quoi qu'on en dise, diffère essentiellement de l'esprit profondément catholique et traditionnel de l'héroïque vierge de France, elle fut rétablie en 1803, et n'a plus depuis lors cessé d'unir tous les ans, dans un embrassement salutaire, la religion et la patrie, que Dieu aime à voir associées dans les solennités publiques des nations auxquelles il a daigné communiquer les lumières de son Évangile. Dans les dernières années du xve siècle, quiconque assistait à la procession de ce jour y voyait un vivant souvenir de Jeanne. En effet, Jean du Lis, fils de Pierre d'Arc, et seigneur de l'Ile- aux-Bœufs, venait tous les ans de sa terre de Villiers, où il résidait, à Orléans, pour figurer à cette procession; il y avait le pas, et on portait devant lui un grand cierge blanc allumé, sur lequel était appliquée une effigie peinte de la Pucelle-. De très bonne heure, le sermon solennel prononcé à l'occasion de la fête du 8 mai devint un panégyrique de Théroïque vierge; et, surtout en notre siècle, cette fête du pati'iotisme est aussi devenue souvent une fête de l'éloquence. Parmi les noms des prédicateurs qui ont célébré Jeanne dans la cathédrale d'Orléans, nous remarquerons ceux des plus illustres prélats de l'Église de France : les Frayssinous (1819), les Parisis (1827), les Pie (1844), les Freppel {1860 et 1867). En 1857, Mgr Gillis, évêque de Limyra, vicaire apostolique d'Edimbourg, vint, pour ainsi dire, faire amende honorable au
' Cf. La Mission de Jeanne d'Arc, par Frédéric Godcfroy, Paris, Pliilippe Reiclid, 1878, JQ-i». Iconographie, p. 309 et suiv. — Joseph Fabrc, Jeanne d'Arc, etc.. Éclaircissement IV. Portrait de la Pucelle, p. 25 i et suiv.
- Procès, t. V, p. 310. — Au sujet de Jean du Lis et, en général, de la descendance des frères de Jeanne, nous renvoyons aux travaux, cités plus haut, de M.M. de Bouteiiler et de Braux , et aussi à ceux de .M. Boucher de Molandon : La Famille de Jeanne d'Arc, son séjour dans l'Orléanais. Orléans, Ilerluison, 1878, in-8". — Pierre du Lis, troisième frère de la Pucelle, Orléans, Herluison, 1890, brochure in-S».
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nom (If rAiiLilclL'i'iv. En 1805, un ;uitre rtranyor prit la parole : l"al)hci (laspard Morinillod, depuis évèquc de Cienève et ensuite cardinal. Personne n'iyncjre qu'une place à part doit être réservée aux deux panégyriques prononcés en 1855 et en 18(19 par M'.f Dupanloup '.
Le sujet adopté, la thèse soutenue par Tillustre prélat dans le second de ces panégyriques, était la sainteté de Jeanne d'Arc, qu'il y mit en pleine lumière. Ce jour même, le 8 mai 1869, My Dupanloup résolut de s'adresser au saint-siège, afin d'obtenir de l'autorité du Docteur suprême la glorification canonique de l'héroïque vierge. Douze archevêques ou évêques, présents à Orléans ', s'unirent à lui
' Cf. le très utile travail de M. Ilerluison intitulé : Les Patiégyrisles de Jeanne d'Arc, S" édition; Orléans, Herluison, 1870, brochure in-8f, et la liste donnée par Frédéric Godefroy : La Mission de Jeanne d'Arc, p. 325 et suiv. — D'après ces travau.\, nous mentionnerons encore parmi les panégyristes de Jeanne à Orléans : l'abbé Feutrier, depuis évêque de Beauvais et ministre de Charles X dans le cabinet Martignac('1821 et 1823); l'abbé Deguerry, aumônier du 6" régiment de la garde royale, puis curé de la Madeleine, l'un des martyrs do la commune de -1871 (1828 et 1850); l'abbé le Courtier, depuis évêque de Montpellier (1838); l'abbé de Place, chanoine de Paris (1858); l'abbé Chevojon, aujourd'hui curé de Notre -Dame -des -Victoires (1859); l'abbé Perreyve (18G2); l'abbé Bougaud, vicaire général d'Orléans, depuis évêque de Laval (1865); l'abbé Lagrange, l'ami et l'historien de Me'' Dupanloup, depuis évêque de Chartres (1866); l'abbé Baunard , aujourd'hui recteur des Facultés catholiques de Lille (1868); le P. Perraud (1872'i;les abbés Joseph et Augustin Lémann (1873, 1874 et 1891); l'abbé d'Hulst, aujourd'hui recteur de l'Institut catholique de Paris (1876) ; le P. Monsabré, l'illustre prédicateur de Notre-Dame (1877); l'abbé Laroche, aujourd'hui évêque de Nantes (1883). Ajoutons encore les noms de Mi.''' Turinaz (1879); de Msr Bcsson (1880); de Mï'' Germain (1882); de Mb'' Langénieux, archevêque de Reims, aujourd'hui cardinal (1885); de Ms'' Perraud, évêque d'Autun, membre de l'Académie française (1887); de Mb''' Gonindard (1888); de Mb''" de Cabrières(1889); du cardinal Lecot, archevêque de Bordeaux (1894). — Qu'il nous soit permis d'accorder un souvenir spécial au panégyrique prêché en 1804 par un prêtre de grand cœur et de grand mérite, le regretté abbé Alexandre Thomas, alors aumônier de l'hospice civil de Versailles. Ce beau discours nous rappelle les meilleurs souvenirs de notre enfance et de notre jeunesse. Nous l'avons connu avant qu'il fût prononcé, en un temps où assurément nous ne songions pas que nous dussions un jour écrire l'histoire de Jeanne d'Arc. — Il faut aussi placer maintenant parmi les panégyriques de Jeanne le beau discours prononcé à Rouen par Ms'' Thomas, archevêque de cette ville, le 7 décembre 1885. — Nous devons également une mention spéciale au panégyrique prononcé le 22 avril 1894 à Noire-Dame de Paris par le R. P. Feuillette, de l'ordre de Saint -Dominique. — Personne n'ignore le pèlerinage de zèle et d'éloquence entrepris à travers la France entière par Mb''' Pagis, évêque de Verdun, en faveur du monument commémoratif qu'il est en train d'élever à Vaucouleurs. — Nous faisons des vœux pour le plein succès de cette œuvre patriotique, comme aussi celle que poursuit courageusement à Domremy Mf' l'évêque de Saint-Dié; Domremy, ce « Bethléhem de la patrie » , selon la belle expression de M. Georges Gourdon. — C'est ici le lieu d'indiquer, comme la plus abondante source de renseignements bibliographiques, à l'aide de laquelle un puisse compléter les indications contenues dans les pages qui précèdent, la récente publication de M. Pierre Lanéry d'Arc : Le livre d'or de Jeanne d'Arc. Bibliographie raisonnèe et aiiahjtique des ouvrages relatifs à Jeanne d'Arc. Paris, Techener, 1894, in -4».
* Parmi ces prélats figuraient le cardinal de Bonnecliose, archevêque de Rouen; Mb'' Guibert, archevêque de Tours, depuis cardinal et archevêque de Paris; Mb''' Pie, évêque de
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pour déposer ce vœu palrioti({ue aux i)ieds du souverain pontife : « Ce serait là, disaient-ils, payer un juste hommage à Jeanne ellemême, qui, en délivrant sa patrie, l'a préservée en même temps de l'hérésie, qui la menaçait dans l'avenir; ce serait donner un nouveau titre de noblesse à ce peuple français, qui a tant fait pour la religion et pour le siège de Pierre, et qui a mérité, lui aussi, le nom de soldat de Dieu; ce serait enfin honorer l'Eglise et égaler à l'ancien peuple le peuple nouveau, en mettant sur les autels une sainte guerrière, comparable aux .ludilli, aux Débora et aux femmes fortes de l'ancienne alliance. »
Cette généreuse requête fut accueillie par Pie IX avec bienveillance. L'Église, dans sa sagesse divinement éclairée, a établi pour la procédure à suivre dans la glorification de ses enfants décédés des règles pleines de prudence et une méthode vraiment scientitique. Les causes de ce genre sont du ressort de la sacrée Congrégation des Rites. Mais elles doivent être d'abord l'objet d'une procédure préparatoire, instruite par les soins et l'autorité de l'Ordinaire, c'est-à-dire de l'évêque du diocèse auquel la cause se rattache principalement. Mgr Dupanloup fut invité à inaugurer ainsi lui-même l'accomplissement de son vœu. Les terribles événements de 1870 retardèrent jusqu'en 1874 l'ouverture de ce premier procès, dit procès informai if de l'Ordinaire, dont la copie authentique fut portée à Rome en 1876 par l'évêque d'Orléans, qui la remit lui-même à la Congrégation des Rites. M. Arthur Captier, procureur à Rome de la Compagnie des prêtres de Saint- Sulpice, dont il est aujourd'hui supérieur général, fut choisi comme postula leur de la cause, qui fut confiée aux soins du commandeur Alibrandi, avocat consistorial, auquel fut adjoint depuis M. Minetti. Le pape, selon la règle, désigna conmie rapporteur de la cause, sous le nom de cardinal ponant , le docte et pieux cardinal Bilio, remplacé depuis par le cardinal Howard, auipiel a succédé S. Ém. le cardinal Parocchi.
Cependant Pie IX avait publiquement témoigné son admiration
l'oitier.s, depuis cnidin;il ; Ma'' Moigiiaii, alors ùvèque de Gliàlons, mort ;trchevè<|ue île Tours et cardinal. — C'est pour nous un devoir et un plaisir, par rapport A l'expose qui va suivre, d'exprimer ici notre sincère et respectueuse gratitude pour les renseignements et indications qui nous ont été gracieusement donnés par M. le chanoine ïli. Cochard, d'Orléans, et |iar M. Arthur Captier, l'éminent su|iérieur général des prêtres de Saint -Sulpice, dont on peut dire que la chère cause de Jeanne d'Arc est en bonnes mains, étant confiée à son zèle et à son tact, deux qualités également nécessaires dans l'office de posliilaleiir.