‹ Jeanne d'ArcChapitre 16 sur 18 · NOTICE SUR LE SIRE ETIENNE DE VIGNOLES , DIT LA DIRE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LE SIRE ETIENNE DE VIGNOLES , DIT LA DIRE

Etienne deVignoles, plus connu sous le nom de La Hire, fut l'un des plus vaillants capitaines qui

1 Robert Southey , Joan ofArc, A* édit., 1 802, 2 vol. in-t2. 1 Jeanne d'Arc , poème, par M. Alex. Guillemin, librairie de Curmer.

combattirent pour la France sous le règne si agité du roi Charles vu. Il descendait de l'illustre famille des barons de Vignoles , qui , expulsée de ses fiefs par les Anglais, vint s'établir en Languedoc. Le jeune La Hire suça avec le lait la haine contre ceux de cette nation. II porta de bonne heure les armes contre ces fiers ennemis de la France. En l'année 1418 , il se trouvait renfermé dans Coucy , lorsque la perfidie d'une femme livra cette place aux Bourguignons. Les guerriers qui la défendaient, restés sans chefs , se mirent sous la conduite de La Hire et de son ami et frère d'armes, Poton de Xaintrailles. Guidés par eux, ils traversèrent sains et saufs un pays entièrement occupé par les Anglais. La Hire se distingua dans un combat où , avec quarante lances seulement, il mit en fuite quatre cents hommes d'armes. L'année suivante , à la tête de quelques faibles troupes, il s'empara de Crespy, en Valois (1419). Deux ans après, étant entré dans la Champagne, il attaqua le comte de Yaudemont et le fit prisonnier (1421). Renfermé dans Château-Thierry, seule place de cette province qui fut demeurée fidèle à Charles vu, il s'y défendit avec la plus grande intrépidité contre les Bourguignons. Mais étant tombé entre leurs mains, il fut jeté dans un cachot d'où il ne sortit qu'après avoir payé sa rançon. Ce brave capitaine se signala encore par de nombreux exploits devant Compiègne et devant Montargis, attaqué par le duc de Bedfort. Il vola ensuite au secours d'Orléans, menacé par les Anglais, tandis que

Jeanne d'Are s'avançait aussi de son côté vers cette ville , |>our en faire lever le siège. La Hire, instruit de l'approche de la jeune guerrière , vint à sa rencontre et guida ses pas dans les murs de l'héroïque cité. Il s'attacha dès lors à sa destinée, et partagea souvent ses glorieux travaux. Il venait de surprendre Louviers par escalade, au cœur de l'hiver, quand, ayant appris la captivité de Jeanne , il s'avança jusqu'aux portes de Rouen , pour essayer de la délivrer du supplice qui l'attendait. Mais il tomba lui-môme au pouvoir des Anglais. L'auteur anonyme du Journal de Paris sous le règne de Charles VII

raconte sa prise en ces termes: « La Pucelle

fut arse (brûlée) celui jour , et celle semaine fut pris le plus mauvais et le plus tyran et le moins piteux de tous les capitaines qui furent de tous les Armagnacs , et était nommé par sa mauvaiseté La Hire 3 et fut pris par pauvres compagnies, et fut mis au chastel de Dourdan. » La Hire, échappé de sa prison , reparut dans l'arène des combats, et lutta encore vaillamment contre les Anglais. Il concourut aux efforts des guerriers, ses frères d'armes, qui leur enlevèrent Chartres, en 1452. Il parcourut ensuite l'Artois, les frontières de l'Ile-de-France et de la Picardie, ravageant ces provinces, livrées alors aux excès et aux désordres dont l'histoire de ces temps malheureux offre de si nombreux exemples. Il emporta d'assaut la place de Soissons, en i -456, et nonobstant les traités, il continua de guerroyer contre les Anglais et les Bourguignons.

Blessé sous les remparts de Rouen, il ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval. La Hire, fait prisonnier une seconde fois en 1157, se racheta en remettant deux villes dont il s'était emparé. Enfin, en 1447, il accompagna le roi Charles vu à Montauban , et y mourut des suites de ses blessures.

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