INTRODUCTION. IX
bris \ A l'approche de ces barbares , la foule se précipitait dans les temples, où l'on n'entendait que cette prière : « Sauvez-nous, Seigneur , de la fureur des Normands 2. » Et Paschase Ratbert , occupé alors à traduire les plaintes de Jérémie , suspendait son travail à l'aspect de tant de malheurs : « Ah! pourquoi , disait-il , consacrer mes veilles à chanter des infortunes qui nous sont étrangères? C'est à la patrie en deuil qu'il faut réserver nos soupirs. » Les prières du pauvre peuple furent enfin exaucées. Paris vit échouer devant ses murs toute la rage des féroces Normands. Grâce aux exploits du vaillant Eudes et de l'évêque Gosselin , vengeurs suscités du Ciel , la France fut délivrée de ces barbares ennemis; et, loin d'adopter leurs dogmes cruels et impurs, elle sut elle-même , par son ascendant victorieux , courber leur tête altière sous le joug de la loi de Jésus-Christ.
i Voyez Mézeray , tome iv. — Cordemoy. — Félibien. — Chron. Fontanel. — Abbon, 55.
* A furore Normannorum libéra nos , Domine.