INTRODUCTION. XIII
leurs rangs de puissants alliés , tels que les ducs de Bourgogne et de Bretagne; les ports de mer étaient presque tous en leur pouvoir. Charles avait donc à lutter seul contre les forces réunies de l'Angleterre, des deux Bourgognes et de la plupart des provinces qui devaient lui échoir en patrimoine. Dépourvu de marine , il lui était impossible de s'opposer à l'arrivée des renforts ennemis, ou de seconder la venue des secours que lui promettait l'Ecosse. Aussi, tandis que les troupes anglaises, fières de leurs succès, montraient une confiance sans pareille, les hommes d'armes du roi , succombant au découragement , songeaient à peine à réparer leurs pertes passées.
Charles, à peine âgé de vingt ans, prince affable et généreux , mais manquant de l'activité et de l'énergie que demandaient les circonstances, s'était retiré à Bourges, où, dans une sorte d'apathie et dans un état de mollesse indigne d'un souverain, il attendait une occasion favorable pour reconquérir son royaume. La plus grande détresse régnait alors autour