UNE VEILLEE
uimble hôtel | question de LL des” délibé-
D'une part, d'impôts et es mains des Ù française et it de ne pas at d'en haut, D'autre part, ue, habiles à mue, que cette à-dire à une rien, quelque e inutilement d'une visione Jeanne qui un suppôt du le témoignage la révéraient sa presence et aidaient pour 1èmes le jouet
Le
la plus grande L RSR =
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le ne se servir
. Elle prenait pars aux veillées d'hiver, qu'é
s où
en pareil cas seudes empruntées souvent à ces vieux poème et même une
t d’accuser le
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SAMEDI
34 JEANNE D'AR Voilà le roi!” Muis la Pucelle ne se laissa pa léc ir et répondit
“ En nom Dieu, gentil prince, cest vous qui l’êtes et non prs un autre
Charles lui demanda son noi : ‘ Gentil dauphin, répondit-elle, j'ai nom
ln Pucelle, et vous mande le Roi des cieux par moi que vous serez
erez lieutenant du Roi des cieux
Jeanne sncré et couronné à Reims, et que vou
qui est roi de France.” L'entretien se poursuivit h voix basse; le roi fit
à lu jeune fille plusieurs questions auxquelles elle répondit ; mais Jeanni
élevant tout à coup ]ja voix, s'écrin avec une autorité singulière : “ Je ti
dis, de lu part de Messire, que tu es vrai héritier de France et fils du roi
Je suis envoyée vers toi pour te conduire à Reims, afin que tu y Vecorve
le sacre et la couronne, si tu le veux.” En sortant de cet entretien, le roi était rayonnant de joie, et il avoun qui in jeune fille jui avait révélé 1
des choses extraordinaires, de Charles VII venait surtout, de la Pucelle, qui répondait à un
La joie ce semble, de l’ettet produit
secret dont il était torturé, au sujet de la légitimité de sa r ais snnce, Dans une autre entrevue (Car entretiens avec le ro), Jeanne fut, s'il est possible, plus afirmative
encore. et elle donnn au prince un siyne certain de sa mission, en lui
rappelant la prière mentale qu'il avait adressée à Dieu le ler novembre 1428,et qui avait trait à ce même doute queJeannt vaitmissiondedissiper. “Un jour, dit Cousinot de Montreuil, l'auteur présumé de la Chronique de la Pucelle, elle voulut parler au roi en particulier et lui dit:
Gentil dauphin, pourquoi ne me croyez-VOus ? Je vous dis que Dieu a F pitié de vous, de votre rovaume 1 de votre peuple ‘: car saint Louis et ‘saint Charlemagne sont à genoux devant lui, en faisant prière pour ‘vous : et je vous dirai, s'il vous plait, telle chose, qu’elle vous donnert à ‘connaitre que vous me devez croire” Toutefois elle fut contente que quelques-uns de ses gens y fussent, et, en ln présence du due d'Alençon, du seisneur de Trèves, de Christoph de Harcourt et de maître Gérard Machet, confesseur du roi, auxquels il fit jurer, à la requête de la dite Jeanne, qu'ils n'en révéleraient ni diraient rien, elle dit au roi une chose de grande conséquence qu'il avait faite, bien secrète, dont il fut fort ébahi : car il n'y avait personne qui pût le savoir, que Dieu et lui.” Ce secret fut plus tard révélé par le roi lui-même à Guillaume Gouffier, seisneur de Boisy, son chambellan, qu
son jeune an “arre Sala, lequel l'a consiené dans son livre des ardiesses,
Malgré tout, le roi n'était pas décidé à se servir de Jeanne, et le
i en fit part à son tour à
une
rouve
r'ELÀ, isite ceclésins maitre CG contesseu flugues n lui adress tait à ç delivrer, l'aroume \ peine, les infor rem y le | ACCOMP:
e docti coitime, Elle milieu d Poitiers, faire :
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oiv et réponilit n p! un autre dit-elle, j'ai nom JEANNE D'ARC
oi que vous serez hésituit plus que lui encore, On l'avait confiée à ln garde de
du Roi des jeux ume Bellier, it “ant de Raoul de Gaueourt, qui était titulaire
. basse ; le roi fit rouvernement de Chinon. Bellier la remit aux bons soins de sa
lit ;: mais Jeanni : ili Fe J i ne aupres de qui elle fut lo ee dans une chambre de ja tour du invulière : “ Je Le : |
t fils du roi rat, grand corps de logis attenant au manoir royal, Elle y recut nee e N ( " . , . ‘
isite de crands seiuneurs de la cour, et aussi d'une cominission
que tu y recoives { tretien | ceclésinstiques désignés par le roi, dont faisaient partie, entre autres , cet entretien, 10 : , ., 48 maitre Gérard Machet confesseur du roi; frère Raphaël, franciscain G Jui avait révélé
confesseur de la reine, plus tard évèque de Senlis ; et l'évéque de Poitiers,
= : Hluswues de Combarel, Les questions sans nombre quon ne cessnit de de l'ettet produit ,
lui adresser la faticuaient au possible, Des qu'elle était seule, elle se ui répondait à un |
s F etait À genoux, et, versant d'abondantes larmes, supplinit Dieu de la jmité de sa rals-
É. Jélivrer, en faisant que le roi la erût, de ces clercs qui ne tinissaient pas d'assez fréquents : i l'areumenter et de contester, La pauvre Pucelle n'était pas au bout di plus affirmative is , \ peine. Maleré |e rapport favorable des docteurs et l'excellent résultat sn mission, en lui des informations que des frères mineurs avaient été recueillir à Dom
u le ler novembre
: ' + rev le conseil décida qu'elle serait conduite à Poitiers, où le roi
mission dedissiper. .
| , ; l'accompagnerait, Là siéveaient le parlement ro\ al et un certain nombre
sutme de la Chro- à . docteurs de l’université de Paris demeurés fidèles au souverain
rticulier et lui dit: e : ee légitime, et Jeanne y devait subir un examen définitif,
ous dis que Dieu a Elle se mit done en route, sans savoir où on la menait, Mais au
car saint Louis et —. | es F milieu du chemin elle s’en informa, et comme on lui dit que c'était à aisant prière pour EE ., > : : : : = =
Poitiers, et pourquoi : “ En nom Dieu, dit-elle, je sais que JF aurai bien
ffaire : mais mon Seigneur m'aidera. Or, allons, de par Dieu.”
e fut contente que = | A Poitiers, elle fut louée chez maitre Jean Rabateau, avocat général
elle vous donnera à
du due d'Alençon, | À ont la femme jouissait de la meilleure renommée, et fut plis spéciale- ; de maitre Gérard À «
ent chargée de la garde de la jeune fille. C’est dans la maison de ce
\ requête de la dite À : : agistrat, appelée l'hôtel de la Rose, qu'elle subit, pendant environ trois lit au roi une chose È : : i — ee ‘ , ‘maires, les longs interrogutoires, et l'épont it aux subDtliCs objections te, dont il fut fort E E) D : J les commissaires chargés de l’exaïniner. Au nombre de ces commissaires
e Dieu et lui.” : : ; à NS: tient : Pierre de Versailles, abbé de Talmont, plus tard évéque de même à Guillaume #
Digne, puis de Meaux : frère Pierre Turrelure, dominicain, plus tard
véque de Digne; Îles professeurs Jean Lombart où Lambert et Jean Poitiers ; Jacques Maledon ;
it part à son tour à livre des Hardiesses.
rault : Guillaume Lemarié, chanoine de
vir de Jeanne, et le des frères prèécheurs : un savant docteur en
tuillaume Aimeri, de l’ordre éologie, Pierre Séguin. Plusieurs licenciés et bacheliers en droit civil
‘anonique et un certain nombre de conseillers du roi faisaient égale- | =
ent partie de cette commission.
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Tout d'abord ils commencèrent par lui démontrer fort éloquemment, 1 par de belles et douces raisons, quon ne devait pas ajouter foi à sa parole. Mais elle ne se laissa pas déconcerter par leurs arguments, si pressés, que l’un n'attendait pas l'autre. Parfois, deux heures durant, fs ils ne cessaient de la questionner, et chacun des docteurs voulait placer son mot. Elle leur répondait avec une fermeté inébranlable, jointe à la plus sincère et À la plus touchante humilité: “Je ne sais ni A ni B, disait-elle ; mais je suis envoyée par Dieu pour faire lever le siège d'Orléans et mener le roi à Reims, pour qu'il y soit sacré et couronné.”
Et elle racontait sincèrement ses visions, ouvrant à ces docteurs le trésor des révélations divines. 5
Mais, objectait Guillaume Aïmeri, votre voix, dites-vous, vous à révélé que Dieu veut délivrer le peuple de France du malheur où il est tombé. S'il en est ainsi, Dieu, qui est tout-puissant, n’a pas besoin du secours des gens d'armes.”
La réponse de Jeanne fut un éclair de foi et de génie: “ En nom Dieu, s'écria-t-elle, les gens d'armes batailleront, et Dieu donnera la 1
victoire” Maître Guillaume n'hésita pas à se déclarer vaincu.
Le docteur Pierre Séouin était, à ce que rapporte la Chronique, un Limousin fort savant, mais d'un naturel passablement œigre, et dont la mauvaise humeur s'exprimait dans un assez méchant patois. Il fit un jour à Jeanne une question qui l'impatienta : * Jeanne, lui dit-il, quelle langue parlent vos voix ?” La Pucelle eut alors une de ces saillies à la | Joinville qui ajoutent je ne sais quoi de vif et de charmant à cette
chaste et radieuse figure : * Meilleure que la vôtre,” répondit-elle. Maitre
Pierre ne fut pas content, Son ton le fit aussitôt paraître, “ Crovez- ‘
vous en Dieu ? — Mieux que vous.” Le pauvre docteur n'avait pas de a
chance. Sur le-champ il formula de graves objections : Dieu ne voulait
point qu'on la erût ; elle ne donnait pas, en effet, un . ‘ne certain de sa : mission ; pour lui, il ne conseillerait pas au roi de se fier à la seule parol( d'une paysanne, et, sur sa simple assertion, de lui confier des gens d'armes : car ce serait mettre l’armée en péril. “En nom Dieu, s'écria Jeanne, je ne suis pas venue à Poitiers pour faire signe ; conduisez-moi à Orléans, et je vous montrerai les signes de ce pourquoi je suis envoyée. Pierre Séguin n'était pas moins battu que Guillaume Aimeri, Au reste il opinn en faveur de Jeanne, et garda de la sublime railleuse la plus haute opinion et le meilleur souvenir.
Outre les entrevues fréquentes qu'avait Jeanne avec les commissaires
rt éloquemment, ajouter foi à sa rs arguments, si « heures durant, rs voulait placer ilable, jointe à la sais ni À ni B, e lever le siège ré et couronné.”
docteurs le trésor
ites-vous, vous à salheur où il est
a pas besoin du
wénie : “ En nom Dieu donnera la vaincu.
la Chronique, un : aigre, et dont la patois. Il fit un e, lui dit-il, auelle e ces saillies à La charmant à cette ondit-elle, Maître ruître, “ Croyezur n'avait pas de : Dieu ne voulait ne certain de su r à la seule parolt confier des gens nom Dieu, s'écria ne ; conduisez-mo1 pi je suis envoyée.” Aimeri, Au reste,
» railleuse la plus
0 les commissaires
royaux, elle était visitée en son logis par un grand nombre de gens. Des présidente, des conseillers au parlement, d'autres notables ae attirés par la curiosité, venaient la voir. Souvent ils se disaient, en + rendant à sa demeure, que c'était une folle, qu'elle se vantait de faire des choses absolument impossibles, qu'il fallait la laisser dire et la renvoyer. Mais, quand ils l'avaient vue, quand ils l'avaient écoutée, il
n’e kb = : A < nt Fit en était plus de meme, Ils s ecrialent que €C était une créature de Dieu S L
On voyageait à petites journées.
et} plusieurs, en s’en revenant, pleuraient à chaudes larmes, Elle fit pleurer aussi de nobles dames, de riches demoiselles et de simples bourgeoises, en leur contant son enfance, ses visions, la mission qu'elle devait remplir, de sa voix douce et gracieuse, avec son ton si naïf si tondre et
si animé, Le peuple de Poitiers, comme celui de Vaucouleurs et de Chinon, croyait en elle,
CRTTENTES
Rouen.
nature
rable à Jeanne.
elle se consolait par la prière.
de maître Jean Rabateau, et là faisait À Dieu, à saint
saintes de bien longues oraisons.
enfin leur rapport au conseil royal.
contre ses ennemis,
Pucelle renvoya fréquemment ses juges dans le cours de son procès à
Comme à Chinon et à Vaucouleurs, Jeanne souffrait à Poitiers des
retards qu'on apportait à l’œuvre qui lui était commandée par le ciel, et
Tous les jours, après son repas, et souvent
mème, pendant la nuit, on la vit demeurer à genoux des heures entières.
Elle se rendait très souvent à une petite chapelle voisine de la maison
Michel et à ses
“ Ah! dit-elle un jour en frappant sur
l'épaule de Gobert Thibault, écuyer du roi, qui se trouvait en compagnie des examinateurs, je voudrais bien avoir beaucoup d'hommes d'aussi bonne volonté que vous’ —“Il y a, disait-elle aux docteurs, plus au livre de Dieu qu'au vôtre.”
Cependant il fallait que l'examen eût un terme, et les docteurs firent
Ce rapport fut entierement favo-
La commission déclara en substance qu'il résultait de toutes les enquêtes, de tous les interrogatoires auxquels ses membres avaient procédé, et aussi du rapport de plusieurs dames d'excellente renominée qui avaient examiné et surveillé de près les mœurs de la jeune fille, que Jeanne était une fervente catholique ; que l'on n'avait rien trouvé en elle qui fut contraire à la foi ou à la morale chrétienne ; quelle avait répondu à des questions difficiles avec sagesse et simplicité ; qu'il n'était donc pas impossible qu'elle fut envoyée par Dieu, et que, attendu l'état désespéré où se trouvait le royaume, les théologiens
pensaient que le roi pouvait et mème devait l’employer sans crainte
Les interrovatoires que Jeanne subit à Poitiers, ainsi que les conclu- | |
sions des examinateurs, avaient été consignés en un livre auquel la
Ce livre fut perdu de très bonne heure, et lon se retient diff-
rattacher à
deux saints docteurs au
d'Embrun, conclut ainsi
inspiration
l'examen de
cilement de soupçonner ceux des conseillers du roi qui montrèrent toujours pour Jeanne une malveillance décidée, de l'avoir fait disparaître.
Bien qu'elles n'aient été composées que plus tard, il convient de
Poitiers les consultations adressées au roi par sujet de la Pucelle, Jacques Gelu, archevêque
un traité spécialement consacré à examiner la
‘d'ajouter foi à ses promesses :
“ Nous conseillons done qu'en toutes choses on se guide d'abord sur
“l'opinion de la Pucelle, et que le roi s'attache à suivre les conseils précis
’oitiers des r le ciel, et , et souvent ‘es entières, la maison el et à ses appant sur compagnie mes d'aussi
rs, plus au
teurs firent ment favorésultait de 5 membres d'excellente Leurs de la l'on n'avait chrétienne ; ; simplicité ; ieu, et que, théologiens
sans crainte
les conclue auquel ln on procès à retient difhmontrèrent ; disparaître.
convient de au roi par archevêque examiner la, Charles VIT
ares Ÿ
d'abord sur
nseils précis
‘qu'elle pourra donner, parce qu'ils viennent de Dieu... Son avis doit “être demandé avant tout, et l’on doit le rechercher de préférence à “ celui de tous les autres conseillers... Que le roi, avec humilité et recon- “ naissance, courbe la tête et fléchisse le genoux devant la majesté divine, “et qu'il exécute les ordres de Dieu avec vigilance et promptitude.”
Par malheur, le roi et son conseil ne se souvinrent pas toujours assez des exhortations du pieux archevêque.
La lumière de l'Eglise de France, le grand Gerson, qui devait mourir
moins de deux mois après, s'écriait, le 14 mai 1429, dans le dernier écrit qui soit sorti de sa plume, et qui est intitulé Opuscule sur Le fuit de la Pucelle :
“ Que la grâce divine, manifestée en cette Pucelle, ne tourne point, “par notre faute, en vanités, en haines, en séditions. en vengeance d’in- ‘“Jures passées ; mais que, excitant tout le peuple à la prière, cette grâce “nous procure enfin la douce paix, afin que, délivrés, avec l'aide de Dieu, “des mains de nos ennemis, nous adorions le Seigneur dans la sainteté “et la justice, tous les jours de notre vie, Ainsi soit-il. Cela n été fait “par Dieu.”
Quant à ces habits d'hommes qui furent si souvent et si amèrement reprochés à Jeanne par ses juges, Jacques Gelu et Jean Gerson reconnurent, comme les examinateurs de Poitiers, que, puisqu'elle devait faire œuvre d'homme et de guerrier, il était juste et licite qu'elle portât des habits conformes à son état. C'était, nous l'avons dit, la sauvegarde de sa pudeur,
Au moment où Jeanne va enfin faire son entrée dans ln vie publique, c’est le temps de nous livrer à son sujet, nous aussi, à un rapide examen ; de rechercher sommairement, pour mieux comprendre ses actes dans le cours de sa brève carrière, quels étaient, sous l'inspiration d’en haut qui l: dominait, ses sentiments, et, pour ainsi dire, ses opinions, ses sympathies, ses antipathies politiques.
Quel vif amour Jeanne avait pour la France, nous l'avons dit déjà, et il est à peine besoin de le redire, tant sa vie et sa mort témoignent d'un patriotisme extraordinaire, que Dieu éleva dans son âme à la hauteur d’une inspiration surnaturelle, Elle s'était vouée à la France, elle ne respirait que pour le salut et l'honneur de la patrie ; c'était sa pensée constante, à laquelle se rapportaient tous les élans de son esprit,
tous les battements de son cœur. Mais ce aw’il importe” de remarquer l Fi juer,
c'est que cet amour du pays avait pour elle une expression précise, et se
réalisait en quelque sorte dans un ardent amour du roi, dans un respect et dans un dévouement sans bornes pour ce “noble dauphin ” qu'elle avait mission de ramener, comme par la main, sur le trône de ses ancêtres, d’où le malheur des temps l'avuit précipité. Cet infortuné roi de Bourges, ce dauphin de Viennois, était pour Jeanne le vrai héritier de Frunce, c'est-à-dire une personne sacrée, dont, en atténuant un peu l'expression très-belle, mais peut-être un peu forte de M. J. Quicherat, la cause se confondait presque pour elle avec la cause de Dieu, c'est-àdire la religion, La première sympathie de Jeanne, le fond de son opinion dans les affaires de ce monde était done l'amour du roi, mais du roi comme représentant de la France, Ce qu'elle aimuit, ce qu'elle défendait, ce qu'elle fit triompher dans la personne de Charles VIT, ce à quoi elle a donné son sang, c’est l'unité et l'indépendance française, personnifiées dans l'héritier direct et légitime de la dynastie capétienne Charles de Valois, pour Jeanne inspirée de Dieu, était surtout, était avant tout, Charles de France,
La Pucelle le considérait comme le lieutenant direct du Très-Haut, qui, disait-elle, est roi de France, Un jour, dans une des entrevues qu'elle eut avec lui à Chinon, elle le supplia, en présence du duc d'Alençon et de Georges de ln Trémoille, de faire hommage de son royaume au Roi des cieux. ‘ Le Roi des cieux, lui dit-elle, fera pour vous comme pour vos prédécesseurs ; 1l vous rendra ce royaume, content du don que vous lui en aurez fuit.”
C’est cette investiture divine que Jeanne était si impatiente d'obtenir
pour son “noble dauphin,” en le menant sacrer à Reims. Car, quoi
qu'on pense de cette idée de la Pucelle, il est certain que Charles ne
devait être à ses yeux le roi qu'après l'onction sacrée. Jusque-là il n'était que le dauphin, légitime détenteur du pouvoir en qualité d’héritier direct du trône. Cette opinion, elle l’a formellement exprimée dans un des interrogatoires qu’elle subit à Poitiers,
“ Pourquoi, lui demanda-t-on, appelez-vous le roi dauphin et non roi ? — Je ne le nommerai roi, répondit elle, qu'après qu'il aura été sacré et couronné à Reims, où j'ai mission de le conduire.”
On voit aussi par là que cette opinion de Jeanne n'était pas partagée par le conseil royal. Mais elle était très répandue dans les populations, et se rattachait étroitement, comme nous l’avons exposé plus haut, aux origines de la monarchie française.
La haute idée que Jeanne avait conçue du roi, qu’elle regardait
ns un respect TIR | HE ya | phin ” qu'elle x trône de ses infortuné ro vrai héritier uant un peu J. Quicherat, Dieu, c'est-àfond de SO»
roi, mais du it, ce qu’elle les VII, ce à ice française, ie capétienne.