‹ Jeanne d'Arc [microforme]Chapitre 13 sur 59 · DL · texte numérisé non relu

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peine à croire que sa vive et fine intellisence n'ait pas remarqué avec Si d'Or douleur, à côté des grandes qualités de ce prince, les défauts assez graves ET que l'histoire a notés dans son curactère ; et surtout elle n’a pu ignorer EF corp ceux dont elle-même avait à soufirir. Elle s'en aperçut done bien ; mais Æ elle î elle S'obstina généreusement à refouler cette impression dans les profon- que

deurs de son Âme, et à ne considérer dans son dauphin que l'élu de Dieu. M cher

Elle se fit, sous l'inspiration céleste, une sorte de roi idéal, dans lequel D pour

elle effaça volontairement tous les traits qui marquaient la faiblesse dure humaine ; et c'est ce roi idéal qu’elle présenta à la France comme point J de ralliement pour “réunir les forces divisées de la patrie” Des hau- intér teurs sereines où planait sa pensée, descendit la profonde affection, NH duc l'inaltérable respect qu’elle témoigna toujours à la personne de Charles D triste VIT, et qu'elle lui conserva, sans faiblir une seule fois, parmi les angoisses quoi de son martyre. Peu lui importait ses défauts ; elle savait qu’il avait certa = été choisi par la Providence, et que Dieu l’aimait. “Je sais. dit-elle à favor es ses juges, lors du procès de Rouen, je sais par révélation que Dieu aime il éta 5 mieux le roi que moi, pour l'aise de son corps” Cette sublime parole le V of) n'a pas été assez remarquée. Dieu aime mieux Charles VIT que Jeanne paye = d'Arc, mais seuleinent en ce qui concerne l'aise de son corps, c’est-à-dire était à chacun sa part : Charles est l'élu du Ciel pour les biens temporels et servi pour le trône de France; il est roi, et Jeanne n’est qu’une humble il par servante qui doit mourir pour son maître ; mais, destinée à souffrir ici- VIT « bas, Jeanne est l’élue de Dieu pour la palme du martyre et pour la nouv gloire éternelle, et là-haut c’est elle qui est la sainte et la reine. Jean Ce qui montre bien que l'amour de Jeanne pour le roi n’était que l’ex- fectic pression de son amour pour la France, c’est qu'après Charles VIT, la per- plus i sonne dont elle à parlé avec le plus d'enthousiasme, et pour laquelle elle Le l ressentait la plus vive et la plus tendre affection, c'était le premier prince Jeanr du sang, le père du roi Louis XI, le duc Charles d'Orléans, alors prison- D comm nier en Angleterre. La branche cadette de la famille royale occupait dans D prése la pensée et dans le cœur de Jeanne la première place après la branche kr bats ; ainée, La famille royale encore une fois, c'était la dynastie capétienne, de Ca c'était la France, ni confis Jeanne aurait vivement désiré que Charles d'Orléans revit cette n'ait France, dont il resta pendant trente ans exilé. Elle se proposait, après sincèr avoir secompli les deux poi > sa mmission,—la délivrance Æ sard

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d'Orléans, le sacre du roi à Reims,—d'intervenir en personne pour la délivrance du noble captif, dont elle disait que, lui aussi, pour l'aise de son corps, était plus chéri de Dieu qu’elle ne l'était, et au sujet de qui, comme elle le déclarait à ses juges, elle avait eu plus de révélations que sur qui que ce fût au monde, excepté son roi. Elle parlait même de l'aller chercher en Angleterre, s’il n’était pas possible de le délivrer autrement : mais pour cela, comme elle dit, il fallait qu’elle durdt, et la pauvre Jeanne ne dura guère.

Jeanne avait deux raisons pour témoigner de l'attachement et un vif intérêt à Jean, duc d'Alençon: il était prince du sang royal et gendre du due d'Orléans. Ce fut plus tard un factieux et un traître, et il joua un triste rôle à la fin du règne de Charles VII et sous Louis XI. Mais alors, quoique animé déjà peut-être d'une certaine ambition personnelle, d'un certain égoïsme que surexitait sans doute l'opposition que lui faisait le favori la Trémoille, qui s’efforçait de tenir le prince éloigné des affaires il était attaché de cœur à la cause nationale. Fait prisonnier à la bataille de Verneuil, il venait d'être mis en liberté sur parole, à la condition de payer une énorme rançon. Lors de l’arrivée de la Pucelle à Chinon, il était à Saint-Florent.lez-Saumur, occupé à chasser aux cailles. Un de ses serviteurs lui apporta la merveilleuse nouvelle. Dès le lendemain matin. il partit pour rejoindre le roi, et, en arrivant au château, il trouva Charles VIT en conférence avec la Pucelle, Il s’approcha ; Jeanne demanda à ce nouveau venu qui il était. “C’est le duc d'Alençon,” répondit le roi ; et Jeanne alors, marquant bien par ses paroles quel était le principe de l'affection qu'elle avait pour tous ces princes : “ Vous, soyez le très bien venu, plus il ÿ en aura du sang royal de France ensemble, mieux cela vaudra.” Le lendemain il assista encore À une longue audience : et, après le repas, Jeanne, étant montée à cheval dans la plaine, courut, la lance à la main comme le meilleur chevalier, Le duc, charmé de sa bonne grâce, lui fit présent d'un cheval. Il l’accompagna depuis assidûment dans les combats ; elle l’appelait son “ beau due ”, et, quoique le chroniqueur Perceval de Cagny ait sans doute exagéré beaucoup, pour faire valoir son maître, la confiance réelle que Jeanne accordait au prince, on ne peut nier qu'elle nait eu pour ce dévoué compagnon de ses fatigues une amitié chaste et sincère, On peut trouver un témoignage des dispositions de Jeanne à l’é-

ri du duc d’Alencon dans la visite qu'elle fit, peu de temps avant d’enter en campagne, à la mère et à la femme de ce prince, qui résidaient à

abbaye de Saint-Florent-lez- Saumur. Elle y fut fêtée plusieurs jours par

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