‹ Jeanne d'Arc [microforme]Chapitre 17 sur 59 · ES DE LA · texte numérisé non relu

ES DE LA

les ennemis eussent à la fois le corps de votre duc et sa ville” A ce moment, le vent devint tout à coup favorable, et les eaux s’enflèrent, Les bateaux préparés se mirent alors en marche. Le bâtard, les voyant passer, entra dans l’un d'eux avec Nicolas de Géresme, grand prieur de France en l’ordre de Rhodes, et la flottille remonta, sans être inquiétée par les Anglais, jusqu'à Chécy. Jeanne, de son côté, accompagnée de quelques chefs et d’un détachement de l’armée, se rendit au même point en suivant la rive, et elle y passa la nnit. Le lendemain eut lieu l'embarquement du convoi des vivres, qui put se faire sans encombre, protégé en amont par Jeanne et le détachement qui l'avait suivie, en aval par le reste de l’armée, campée au port du Bouschet, Les Orléanais engagèrent, pour oceuper l'ennemi, une assez vive escarmouche avec la carnison de la bastille Saint-Loup. La flottille chargée put redescendre le fleuve et venir se mettre à l'abri dans les fossés de la porte de Bourgogne. Orléans était ravitaillé, sans que, ainsi que l'avait promis Jeanne, les Anglais eussent seulement fait semblant de l'empêcher.

C'était là un grand succès, mais la Pucelle aurait voulu davantage. Le bâtard eut grand'peine à décider Jeanne à se séparer de l’armée, que ses chefs voulaient reconduire à Blois, promettant de revenir bientôt sur Orléans, par la rive wauche du fleuve. Elle avait là, disait-elle, ces braves wens sous la main, bien confessés, pleins de confiance en Dieu, désirant de combattre et espérant de vaincre. Elle eût préféré les garder avec elle et faire sur-le-champ quelque entreprise. Elle céda pourtant aux.instances du bâtard, et consentit à entrer dans Orléans avec la Hire et seulement deux cents kommes d'armes: mais, en se séparant de ses soldats, elle voulut leur laisser du moins son aumônier Pasquerel, avec les prêtres et l’étendard de Jésus crucifié, atin qu'il restât parmi eux quelque chose d’elle, et comme un emblême de son esprit.

Jeanne fit son entrée dans Orléans le vendredi 29 avril, vers huit heures du soir, Elle était armée de toutes pièces, montée sur un cheval blanc, et faisait porter devant elle sa sainte bannière, Le bâtard d'Orléans, vêtu d’une magnifique armure, chevauchait à son côté; la Hire suivait, avec plusieurs nobles chevaliers et les hommes d'armes. La population tout entière, munit de torches, s'était portée à sa rencontre. Tous

l'adimiraient, l'acclamaient, ne pouvaient se rassasier de la voir, On se

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en un mot, comme si elle eût été “ un ange de Dieu ”, et Jeanne, toujours

simple et bonne, jetait des regards pleins de douceur sur les hommes, sur

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les femmes et sur les petits enfants. Son premier soin fut d'aller rendre grâces à Dieu dans la cathédrale, On ln conduisit ensuite près de la porte Renard, à l’ouest de la ville, dans la maison de maître Jacques Boucher, arcentier du duc d' )rléans et trésorier de la cité, où elle prit son logement, Comme elle n'avait rien mangé depuis le matin, elle fit un léger repas, composé d’un peu de pain trempé dans du vin largement mêlé d’eau, puis s’endormit d’un paisible sommeil dans la chambre qui lui avait été préparée, et où sur sa demande, était venue reposer aussi la fille aînée de son hôte, nommée Charlotte.

Le samedi 30 avril, Jeanne tint conseil avec le bâtard d'Orléans. Elle aurait voulu que, sans attendre le retour de l’armée royale, on sommât les Anglais de s’en aller, et que, s'ils refusaient, on les attaquât sur-le-champ. Le bâtard n'était pas de cet avis, et Jeanne revint À son logis assez irritée. Elle ne prit point de part cependant à une escarmouche qui eut lieu ce jour-là et où la Hire et un autre chef nommé Florent d’Iliers firent reculer les Anglais. Mais, sur le soir, elle envoya une seconde sommation aux ennemis, leur réclamant le héraut qui leur avait apporté de Blois sa première lettre. Non contente de cette démarche, elle se rendit en personne au boulevard de la Belle-Croix, que les Orléanais avaient construit sur le pont, en face des Tourelles, où commandait William Glansdale, et elle cria à ce chef de se rendre, lui promettant la vie sauve. Glansdale et ses soldats l’injurièrent, l’appelant vachère, et lui renouvelant leur infernale promesse de la faire brûler,

Ces démarches, qui témoignaient assez des sentiments d'humanité qui animaient la Pucelle, furent encore renouvelées deux fois : le lendemain par Jeanne elle-même à la Croix-Morin, et quelques jours plus tard, au moyen d’une lettre qu'elle leur fit lancer, attachée à une flêche ; mais elle ne recueillit d'autre fruit de ces tentatives que de grossières insultes et peut-être la liberté de ses hérauts, qui, si l'on en croit le Journal du siège, lui furent renvoyés, dès le 30 avril, par suite d'une menace de représailles faite par le bâtard.

Le dimanche ler mai, le bâtard sortit d'Orléans en compagnie de Jean d’Aulon, et se porta à la rencontre de l’armée, qu’on attendait avec impatience pour commencer les opérations contre les bastilles anglaises, Jeanne profita de cette sorte de trêve pour se mettre en rapport plus intime avec la population, dont l'enthousinsme croissait de jour en jour,

et pour opérer une reconnaissance générale sur la rive droite de la Loire,

où étaient le gros des forces ennemies et les principales forteresses occupées par l’armée assiégante (ler et 2 mai 1429).

Le mardi 3 mai, fête de l’Invention de la sainte Croix, elle prit part avec les capitaines à la procession solonnelle qui se faisait ce jour-là dans la ville. Le lendemain 4, elle sortit aux champs en compagnie du seigneur de Villars, de Florent d'Iliers, de la Hire, d'Alain Giron, de Jamet du Thillay, avec une escorte d'environ cinq cents combattants, et se porta à la rencontre du bâtard, qui revenait de Blois avec le corps expéditionnuire, dont les chefs, paraît-il, avaient eu quelque peine à se laisser convaincre qu’il fallait absolument qu'ils accomplissent leur promesse. Plusieurs, diton, avaient été d'avis que l’armée se dispersât, et que chacun retournât à sa garnison, Le chancelier Regnault de Chartres semble n'avoir pas été étranger à ce mauvais vouloir, Toutefois un meilleur avis prévalut, et l'on se dirigea sur Orléans par la Beauce. La Pucelle rencontra l’armée de secours entre six et sept heures du matin, et rentra avec elle dans la cité, en défilant devant les bastilles de la rive droite, d'où les ennemis n'osèrent sortir.

Ce même jour, vers midi, le bâtard et plusieurs autres chefs, avec environ quinze cents combattants, allèrent donner l'assaut à la bastille Saint-Loup, à l’est de la ville. Cet bastille avait été fortifiée avec soin par Talbot, et pourvue d’une forte garnison. La résistance fut opiniâtre, et les Francais eurent beaucoup de morts et de blessés.

La Pucelle cependant ne savait rien de cette attaque. Elle s'était jetée sur son lit pour reposer quelques instants : son hôtesse et son page se divertissaient À la porte du logis. Jeanne tout à coup se lève palpitante, effarée : “ Le sang de nos gens coule par terre... Mes armes ! mon cheval !” Son écuyer, Jean d'Aulon, l'aide à s’armer en toute hâte, Elle sort, et,

rencontrant son page, qui accourait à ses cris: “ Ah! sanglant garcon,

dit-elle, x , me disiez pus que le sang de France fût répandu !” Elle voit un | ne à cheval : elle le fait descendre et saute en selle à sa

place. On lui passe son étendard par la fenêtre. Les étincelles jaillissent du pavé; elle court à bride abattue vers la porte de Bourgoyne ; elle la franchit et chevauche vers Saint-Loup. Trouvant sur son chemin des blessés de son parti que l’on ramenait à la ville: “ Ah! s’écrie-t-elle dans un admirable élan de patriot'que ferveur, je n'ai jamais vu couler de sang français que les cheveux ne me dressassent sur la tête.”

En la voyant les Français reprennent courage, et la lutte recom-

mence avec plus d'énergie. Mais un nouveau danger menace les assail-

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lants les Anvlais sortent de la bastille Sain-Pouuir pour venir en aide i leurs compagnons et prendre les Francais entre deux feux. Par bonheur les Orléanais, avertis par la cloche du beffroi, font, eux aussi, une sorti Le inaréchal de Sainte-Sévère, le seluneur de Graville le baron de Coulonces, à la tête d'environ six cents combattants, tant gens de guerre que citoyens, marchent à l'ennemi et se rancent en bataille, Les Anglais, le voyant en si bon ordre et qui font si fière mine, renoncent à leur diversion, et rentrent couroucés dans leur bastille,

Entin après une défense héroïque et qui ne dura pas moins de trois heures, Saint-Loup est enlevé par les Français, et la bastille livrée aux flammes. Jeanne témoigne aux blessés, aux prisonniers ennemis une touchante compassion : elle pleure sur les morts qui n'ont pu se confesser,

Le jeudi 5 mai était le jour de l’Ascension. La Pucelle aurait voulu qu'on s'en allât en grande masse porter un coup décisif à l'ennemi, en emportant la bastille Saint-Laurent, où commandait en personne le fameux Talbot, et où les Anglais avaient massé le gros de leurs forcer, “ Je suis sûre, disait-elle, de les avoir... l'heure est venue.” Mais les chefs, qui persistaient à ne pus lui accorder leur confiance entière, alléguèrent la sainteté du jour. Ils voulaient d'ailleurs faire porter l'attaque sur un autre point, sur les bastilles de la rive gauche, Saint-Privé, Saint-Jeanle-Blanc, les Augustins, les Tourelles, afin que, les communications étant assurées par la Sologne, la ville pût recevoir des vivres du Berry et autres pays soumis au roi Charles, Jeanne céda; mais elle ne fat pas très satisfaite de cette piété et de cette stratégie également pusillanimes. Inspirée de Dieu, elle n'ionorait pas que la hardiesse est la plus haute qualité de grands génies militaires : elle n'ignorait pas non plus que si, dans les circonstances ordinaires, le repos est un devoir aux jours marqués par l'église, c'est sanctifier dignement une fête chrétienne que de travailler ce jour-là au salut de sa patrie. Ë

Le vendredi 6 mai, Jeanne passe la Loire avec quatre mille hommes, à à la vue de William Cilansdale, commandant des bastilles de la rive gauche, qui ne peut s'opposer à ce mouvement, Son intention est d'a- |} saillir Saint-Jean-le-Blanc:; mais les Anglais mettent.le feu à cette É

bastille et se retirent aux Augustins et aux Tourelles. Jeanne prend È

l'avance avec ses fantassins, et marche droit au Portereau, ancien fau- 4

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les approches de la bastille des Augustins, et cette bastille elle-même

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tait construit à l'extrémité du pont qui joint Orléans à la rive gauche la Loire, Jeanne plante son étendard devant le fossé du boulevard, Mais soudain une clameur s'élève“ Les Anglais arrivent en force, à ouest, du côté de Saint-Privé!” À ce cri, les Français épouvantés attent en retraite vers la Loire ; ils veulent repasser le fleuve, La Pucelle, abandonnée de ses soldats, est contrainte de se retirer avec peu de monde, Alors les Anglais poussent de grande huées contre les Franqais, et ; ortent de leur boulevard et de leurs bastilles pour poursuivre la Pucelle ; ils lui crient par derrière des injures et des railleries ignobles, Mais soudain l'âme de la jeune fille bondit sous l’outrage : elle se retourne, et, si peu quelle ait de monde, elle fait face à ses ennemis et marche sur eux à grands pas, son étendard déployé. Les Anglais, par la volonté de Dieu, sont saisis à leur tour d’une terreur panique ; ils s'arrêtent, ils hésitent, ils prennent honteusement la fuite. Les Franais reviennent, reprennent courage, donnent la chasse aux ennemis jusqu'au pied de leurs forteressees, où ceux-ci se renferment en toute hâte. La Pucelle plante alors e nouveau son étendard devant la bastille des Augustins, sur les fossés du boulevard. Elle est rejointe en ce moment par le sire de Rais. Le nombre des Français s’accroit à chaque instant, comme un flot qui monterait sans cesse, [ls enlèvent le boulevard, puis la bastille des Augustins, dont tous les défenseurs périrent. On y trouva des vivres, des richesses en abondance; mais de peur que les Français, trop attentifs au pillage, ne fussent surpris par l'ennemi, Jeanne fit mettre le feu à la bastille, où tout fut brûlé. Durant l'assaut, la Pucelle avait eu l’un des pieds blessés par une chausse-trappe. La nuit tombait. On ramena Jeanne dans Orléans. Mais un grand nombre de gens de suerre restèrent en observation devant les Tourelles, auxquelles on devait donner l'assaut le lendemain. Pendant la nuit, les Anglais qui occupaient le boulevard de Saint-Privé l’évacuèrent et y mirent le feu; puis, passant la Loire en bateaux, ils se retirèrent dans leur grande bastille de Saint-Laurent.

“Jeanne, rapporte son aumônier Pasquerel, avait coutume de jeûner tous les vendredis; mais le jour où fut prise la bastille des Augustins Île ne le put, parce qu’elle avait trop souffert. Elle soupa done ; et après le souper vint à elle un vaillant et notable chevalier dont le nom m'’échappe, et il dit à Jeanne que les chefs de l’armée royale avaient été au conseil, et qu'ils trouvaient qu'ils étaient peu de gens armés en comparaison des

Anglais, et que Dieu leur avait feit une grande grâce en leur accordant

JŒHNVS AT

an

üU JEANNE DAR

les succès jusqu'alors obtenus, “ Considérant, ajoutaient-ils, que la vill est remplie de provisions, nous pourrions bien nous borner à la défendr en attendant le secours du roi : et il ne sembl pas au conseil qu il soit con venable de faire sortir demain l mens de œuerre, - Jeanne répondit Vous fûtes en votre conseil, et je fus au mien: et croyez que le consei de mon Seigneur tiendra et sern entièrement exécuté, et que le consei de vos chefs périra,” puis, continue Pasquerel, elle se tourna vers moi qui el Lis pres d'elle, et me dit Levez-vi demain de b nne hi ure, Cal

vous ul plus à faire qu'aujourd'hui, et agissez du mieux que vous

pourrez. ‘Tenez is toujours à mon côté, parc: que demain j'aurai plu

À faire et randes choses que je n'ai jamuis fait, Oui, demain i sortira du sa de mon corps au-dessus du sein

le parlait ini par avance le l'avait déjà

: mettre en campagne, dans ses entretien

té de cette prédiction un très curieux témoi

enuswe, Elle fut, en effet, consignée dans un révistre de la chambre de

comptes de Brabant, par le oreffier la cour, comme renscionement ex

trait d'une lettre qui avait été écrite à Lyon le 22 avril 1429, quinze

jours avant l'événement, par le seigneur de Rostelaër, qui tenait le due di

Brabant et son conseil au courant de ce qui se passait à la cour de France

Rien nest donc mieux attesté que cette pr lietion et poui la rejeter l

faudrait, suivant l'expression de notre savant maître J, Quicherat

rejeter les Fondements mémes de l'histoir Le samedi 7 nat 1429, Jeanne se leva avec le soleil, et d'abord en An moment où elle se disposait à sortir de son logi pour aller rejoindre ses sens demeurés devant les Tourelles, on présenta

Jacques Boucher, son hôte, une alose Jeanne, lui t cet excellent

homme, mangeons cette alose avant que vous partiez.—ÆEn nom Dieu, ré pondit Jeanne, attendez jusqu'au souper : nous reviendrons par-dessus L pont, et vous rainenerons un godon (1) qui en inalhoeolrëa sa part

Après cette vive saillie, Jeanne raSssScinbuia Un à! 4 Cran« non

oens armés et de cit Vens, ect se dirio il avec eux vers la porte d Boui goune; mais elle Y trouva Raoul de Gaucourt, chargé de faire exécute la ‘décision prist la veille pal l conseil de ruerre, d'empêcher ce jour-là toute sortie’ Jeanne fut très mécontente, ceux qui l’accompagnaient com

mencerent à murmurer, Tout à coup la Pucelle apostraphe le

jent-ils, que la ville borner à la défendr conseil qu'il soit con- " Jeanne répondit :r5;e7 que le conseil té, et que le consei

se tourna vers moi

de bonne heure, car

‘iu mieux que vous * demain j'aurai plu

‘ait, Oui, demain il

ice, elle l'avait déjà dans ses entretiens \ très curieux témoi à de la chambre des e renseionement ex 2 avril 1429, quinze ", qui tenait le duc de t à la cour de France et pour la rejeter i

tre J. Quicherat

oleil, et d'abord en sortir de son lowis urelles, on présenta ai dit cet excellent

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lir la forteresse par la rive oauche, Tou

cessèrent de lui envoyer des renforts. de l'artillerie et d

pont, à l'extrémité duquel cette forteresse était construite

sécdlaient eux-mêmes le boule vard de la Belle-Croix

‘ Vous êtes un méchant homme. lui dit-elle; mais, que cela vous con-

vienne où non, les gens de guerre sortiront de ln ville, et ils vaincront comme ils ont déjà vaincu.” Sur ce. malgré Gaucourt, la porte fut forcée, et le builli raconta plus tard à Simon Charles. président de la chambre des comptes, qu'il avait couru à ce moment le plus grand danger,

L'attaque des Tourelles eut lieu de deux côtés. Jeanne, avant tra-

Philippe le Bon après une à

iCIenulie est Ati pt

rsé la Loire et rejoint le corps laissé la veille en observation. fit issail-

te la journée les Orléanais ne

ucs vivres, En

même temns ile dirichpant 21: Liebiti

gere} i i Uastliie UNE SsecCohde attaque par le

et où ils pos-

Le

Re tri

La bataille dura tout un lon jour, Les chefs qui sétaient d'aboril opposés à l'entreprise la soutinrent quand ils virent l'action engagée, (ilansdule et ses Anclais se défendirent avec une rare vigueur. Vers inicli, au moimnent où Jeanne plantait une échelle contre le rempart, elle reeut Ja blessure qu’elle avait annoncée : un trait d'arbalète lui traversa l'épaule, La pauvre enfant, voyant son sang couler, eut peur et se prit à pleurer ; mais sainte Catherine et sainte Marguerite lui apparurent et la consolèrent, On l'avait emportée à l'écart, et quelques hommes d'armes, qui pensaient savoir un peu de magie, lui otfrirent de la guérir en charmant sa plaie, Elle refusa :“ J'aimerais mieux mourir, dit-elle, que de commettre un péché; la volonté de Dieu soit faite. Si l'on sait à mon mal quelque remède permis, je veux bien qu'on me panse” Le trait fut enlevé, on lava la plaie, et on y appliqua du lard frais et de l'huile d'olive. Jeanne ensuite se confessa, et, pleine d'une ardeur nouvelle, elle retourna diriger l'assaut

Sur le soir il sembla au bâtard d'Orléans et aux autres capitaines qu’on n'aurait point le boulevard ce jour-là, attendu qu'il était tard. Ils résolurent donc de battre en retraite et de ramener l'artillerie dans la ville jusqu'au lendemain, Ils vinrent faire part de cette décision à Jeanne, qui leur répondit :“En nom Dieu! vous y entrerez bientôt,

n’en faites doute.’ Le combat continue. Jeanne tout à coup demande son cheval, monte dessus, et, laissant à ses gens son étendard, se retire à l'écart, en une vigne, où elle se met en oraison. Elle revient, reprend son étendard, et, se plaçant sur le bord d’un fossé, elle dit à un gentilhomine qui se trouvait près d’elle :“ Faites attention quand la queue de mon étendard touchera contre le boulevard.” Après un peu de temps, son compagnon lui dit :* Jeanne, la queue y touche.—Tout est vôtre, s'écrie-t-elle, entrez-y.”

A peine la Pucelle a-t-elle prononcé ces paroles, que, comme entlammés. d'une ardeur divine, les Français cscaladent le boulevard aussi aisément que s'il se fût agi de gravir quelques degrés. Jeanne cependant criait à Glansdale éperdu : “ Glacidas, Gilacidas ! rends-toi, rends-toi au Roi des. cieux! Tu m'as injuriée ; mais j'ai pitié de ton âme et de celle des tiens, rends-toi, rends-toi !” Sourd aux exhortations de la jeune fille, l’orgueilleux chef essaye de battre en retraite. Il veut, abandonnant le boulevard qu'il ne peut plus défendre, se réfugier, avec la poignée d'hommes qui lui reste, dans la forteresse elle-même ; mais le pont-levis se rompt

sous les pas des Anglais, ils tombent dans la Loire et s'y noient,

aient d'abord tion engagée, igueur, Vers rempurt, elle e lui traversa eur et se prit apparurent et ques hommes it de ln guérir iourir, dit-elle,

Si l'on sait e punse.” Le rd frais et de

e ardeur nou-

tres capitaines était tard. Ils illerie dans la tte décision à trerez bientôt, coup demande ard, se retire à ‘vient, reprend it à un gentilnd la queue de peu de temps,

out est vôtre,

mme enflammés.

aussi aisément vendant criait à toi au Roi des celle des tiens, > fille, l’orgueilanant le boulegnée d'hommes t-levis se rompt

noient.

Au même instant les Orléunais qui, toute |

a journ stés au | levard de là Belle-Croix. avaient inonné les Tourel tentent n ellort décisif pour s'en emparer., Une arche du pont depuis longter 1]

rompue laissait entre eux et ln forteresse un vide difficile à franchir. 1

n'était pas aisé d'établir un pont volant sous le feu de ln bnstill

anglaise; mais voici que par aventure on trouve une vieille et larve vouttière ; seulement il s'en fu! it bien de trois pieds qu'elle ne fût 13367

longue, On fit venir un charpentier, qui y fixa une rallonge à l'aide de

fortes chevilles : puis il l'étaya et en fit un poub aussi sûr que possible

et qui néanmoins ne l'était guère, Nicolas de Géresme s'y hasarde

pourtant avec plusieurs hommes d'armes : on les admire, on les suit: on aborde les Anglais, surpris de ce stratagème

on les presse, on s tuc

la bastille est prise, incendiée, Le pont d'Orléans est libre, les deux

corps d'armée se joignent, et Jeanne, au son des cloches mises en branle, au inilieu d'un enthousiasme inexprimable, rentre

dans la cité OU" chanter le Te Deuin

Consterr.6 leur défaite, ies Anglais tinrent conseil pendant la

nuit, Ils n’ ‘upaicat plus aucune position sur la rive gauche de la

Loire ; à l'est ile avotent perdu la bastille de Saint-Loup. Mais sur la

rive droite il ec:;aient encore au nord et à l'ouest de la ville de

s positions très fortes

, Où ils pouvaient prolonger leur résistance, puisque,

depuis l’arrivée de la Pucelle, ils n'étaient plus assiégennts, mais assiégés,

Toutefois les vainqueurs d'Azincourt, de Urevant, de Verneuil, de Rouvray-Saint-Denis, étaient maintenant tout à fuit démoraiisés, Ils se

sentaient aux prises avec une puissance surnaturelle, dont leur orgueil décu

ne pouvait reconnaître la céleste orivine, mais quen manière de consola-

tion ils attribuaient au diable, Jusqu'alors deux cents des leurs suffisaient

dans une rencontre, pour mette en fuite huit cents ou mille hommes de

l’armée du roi; maintenant quatre à cinq cents Francais s'avancaient ; | l ; ‘

sans crainte contre toute la puissance des Anglais, et vennient les forcer jusque dans leurs bastilles. Suffolk et Talbot reconnurent qu'à Orléans Jusy l

du moins in partie ét perdue, et ils se décidèrent à jever ie siéve,

Le dimanche 8 mai 1429, au so! il levant, les Anglais sortirent de leurs forteresses avec leurs prisonniers et tout ce qu'ils pouvaient em-

porter, abandonnant leurs vivres, leurs munitions, leur artillerie, leurs

malades, et opérèrent leur retraite en bon ordre, étendards déployés, du

côté de Meung-sur-Loire. Aussitôt qu’ils avaient été informés de ce mo :

ment, es capitaines français avaient fait ouvrir les portes de la ville,

JEANNE DAR a.

et ils étaient sortis avec un grand nombre de cavaliers et de fantassins pour fondre sur l'ennemi, Mais au moment où ils allaient donner l'ordre de l'attaque survint la Pucelle, armée seulement d'une légère cotte de mailles ou /userun, à cause de la blessure qu'elle avait reçu la veille, Elle arrêta la poursuite, et, ayant fait dresser un autel portatif, deux messes furent célébrées en sa présence devant toute l'armée. Elle dit ensuite : “ Regardez si les Anglais ont le visage tourné vers vous ou le dos.” On lui répondit : “Ils s’en vont, ils ont le dos tourné.” A quoi elle répliqua : “ Laissez-les aller; il ne plaît pas à Messire qu'on les combatte aujourd'hui, vous les aurez une autre fois.”

Les Anglais so retirèrent dans trois des places fortes qu'ils possédaient encore sur la Loire : Jarwenu, Meung, Beaugency. Les bastilles qu'ils avaient abandonnées furent pillées, puis rasées par les Orléanais ; l'artillerie en fut transportée dans la ville, et l’on remercia Dieu de la victoire aussi complète qu'inespérée que l’on avait obtenue, par une procession solennelle accompagnée d’un sermon. Telle est l’origine de la fête célébrée encore aujourd'hui à Orléans le S mai.

Le siège d'Orléans avait duré sept mois(12 octobre 1428-S mai 1429), Sept mois durant, les Anglais n'avaient cessé de faire des progrès jusqu'à réduire la ville à l'extrémité, et lui enlever tout espoir de salut venant des hommes, Mais un secours céleste était intervenu, et Jeanne avait délivré la ville en neuf jours (29 avril-S mai 1429).

Le premier point de sa mission était accompli; mais ce que la Pacelle avait surtout à cœur, c'était de mener le roi à Reims, pour qu'il y fût sacré. Aussi, dès le 10 mai, s’arrachant aux touchantes effusions de la reconnaissance, de l'amour des Orléanais, Jeanne retourna à Blois, puis à Tours, où Charles VIT, de son côté, se rendit de Chinon pour ia rejoindre, Elle sortit à cheval au-devant de lui, son étendard à la main. Quands ils furent près l’un de l’autre, Jeanne découvrit sa tête, s'inelina sur son cheval et fit une révérence aussi profonde qu’elle put, Charles, Ôtant son chapeau, la releva en l’embrassant avec etfusion, Le visage du roi était radieux de joie. Il prit ensuite avec la Pucelle le chemin de la ville, où ils furent vivement acclamés par le peuple,

Après d'x jours passés à Tours, ils se rendirent tous deux à Loches, Le 22 mai, le roi écrivit de cette ville aux habitants de Fournay atin de les mettre au courant des événements.“ Pour poursuivre notre bonne for. tune, leur disait-il, nous mettons sus toutes nos forces, en esnñérance, avec

#aide de Dieu, de recouvrer les pays qu'occupent encore nos ennemis et à |

de tantassins laient donner d'une légère avait reçu la vutel portatif, l’armée, Elle vérs vous où rné” À quoi

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Les bastilles les Orléanais ; ia Dieu de la , par une pro-

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enu, et Jeanne

ce que la Pus, pour qu'il y es effusions de ourna à Blois, hinon pour ia dard à la main.

à tôte, s'inclina put. Charles, on. Le visage

le le chemin de

leux à Loches.

ournay afin de otre bonne for.

esnérance, Avec

nos ennemis eb

moyen de perdre un mois à préparer avec une lenteur singulière cette expédition, qui voulait être rapidement menée : car le due dé Bedford e disposait à envoyer sur la Loire une armée de secours, sous les ordres de Falstolf, le célèbre vainqueur de la jowrnée des Harengs.

Le 6 juin 1429, Jeanne se trouvait à Selles en Berry, où se réunissaient les forces qui allaient entrer en campagne. Il nous est resté de son passage dans cette ville un tableau vif et gracieux, dans une lettre adressée par deux jeunes seigneurs, André et Guy de Laval, aux dames de Laval, leur mère et leur aïeule. “La mère, Jeanne de Laval, dit M. Quicherat, était une femme de grand cœur, qui, pendant le temps d’un long veuvage, sat non seulement suffire À l'éducation d’une nombreuse famille, mais encore défendre contre les Anglais le patrimoine de ses enfants. L'aïeule, Anne «le Laval, non moins énergique que sa fille, avait été, dans sa jeunesse, mariée au connétable Bertrand dx Guesclin. Ces deux dames, chassées de Laval par un revers passager de leurs armes, habitaient le château de Vitré au commencement de 1429,” Cette lettre nous trace

S, mœurs du temps, et nous représente si bien le mouvement d’une armée près d'entrer en campagne, que nous n’hésitons pas, en la modifiant un peu, de façon à la rendre intelligible pour tous, à la reproduire ici presque tout entière,

un crayon si naïf et si fin tout ensemble des personnages, des idées, des

“Mes très redoutées dames et mères, depuis que je vous écrivis de Sainte-Catherine-de-Fierbois, vendredi dernier. j'arrivai le samedi à Loches, et j'allai voir monscigneur le dauphin au château, à l'issue des vépres, que j'avais entendues en l’église collégiale, C’est un très beau et gracieux seigeur, très bien formé, bien agile et habile, d'environ sept ans ; car c’est l’âge qu'il doit avoir, Je vis aussi là ma cousine, la dame ‘le la Trémoille, qui me fit très bon visage,

“Le dimanche, j'arrivai à Saint-Aignan, où était le roi, et je fis prier le seignenr de Trêves de venir me voir en mon logis. Il s’en alla ensuite au château avec mon oncle (un des seigneurs de Montfort), pour innoncer au roi que j'étais venu, et pour savoir quand il lui plairait de me recevoir. Le roi me fit répondre d'y aller anssitôt qu'il me plairait, Il me fit très bon visage, et me dit beaucoup de bonnes paroles. Et quand il avait fait le tour de la chambre ou causé avec quelque seisheur, ii se retournait chaque fois de mon côté, pour me parler de choses et d’autres. Il me dit que j'étais venu quand il avait besoin de

moi, sans attendre qu’il me mandât, et qu'il m'en savait d'autant meilleur

gré. Et comme je m'excusais de n'avoir pas amené avec moi autant de gens que je l'aurais désiré, il me répondit que ce que j'en avais amené suffisait, et que quelque jour je pourrais lui en fournir un plus grand nombre. De retour à sa maison, le seigneur de Trèves dit au seigneur de la Chapelle que le roi et ceux qui se trouvaient en sa compagnie avaient été biens contents de mon frère et de moi, et que nous leur revenions bien. Il jura bien fort qu'il n'avait pas souvenance qu'à pas un de <es parents ou amis le roi eût fait jamais si bon accueil ni si bon visage. Et cependant, disait-il, il n’est pas avare de bon accueil ni de bon visage.

“Le lundi, je quittai le roi pour venir à Selles en Berry, à quatre lieues de Saint-Aignan. Le roi fit venir la Pucelle au-devant de lui, et aucuns disaient que c'était en ma faveur, pour que je la visse. La dite Pucelle me fit très bon visage, à mon frère e& à moi. Elle était armée de toutes pièces, sauf la tête, et tenait sa lance en main. Et, après que nous fûmes arrivés à Selles, j'allai à son logis pour la revoir. Elle fit venir du vin, et me dit qu'elle m'en ferait bientôt boire à Paris. Ce semble chose toute divine de son fait, de la voir et de l’ouïr. Ce lundi soir elle est partie de Selles pour aller à Romorantin, à trois lieues en avant, pour s'approcher des grandes routes. Le maréchal de Boussac et un grand nombre de sens armés et de la commune étaient avec elle. Je la vis monter à cheval, armée tout en blanc, sauf la tête, une petite hache en sa main, sur un grand coursier noir, qui à la porte de son logis se démenait très fort, et ne souffrait qu'elle montât. Elle dit alors : “ Menezle à la croix.” Cette croix était devant l’église, tout auprès, sur le chemin. Et alors elle monta sans que le coursier bougeàt, comme s’il eût été lié, Puis, se tournant vers la porte de l’église, qui était bien proche elle dit d’une assez douce voix de femme: “ Vous, les prêtres et gens “d'Église, faites processions et prières à Dieu” Et alors elle se mit en chemin, en disant : “Tirez avant! Tirez avant!” son étendard ployé que portait un cracieux page, et elle avait sa hache petite en la main. Un de ses frères, qui était venu depuis huit jours, partait aussi avec elle, tout armé en blanc.

“ Ce même lundi arriva à Selles monseigneur le duc d'Alençon, qui a très grosse compagnie, Je lui ai gagné aujourd'hui une partie de paume. Mon frère de Vendôme n'est pas encore arrivé ici, Mais j'ai trouvé l’un des gentilshommes de mon frère de Chauvigny, qui avait eu de mes nouvelles tandis que j'étais à Sainte-Catherine.de-Fierbois,

J'ai appris qu'il avait écrit aux nobles de ses terres, et qu'il pense être

jt M

pi

* moi autant de vais amené suffs grand nombre.

neur de la Chanie avaient été revenions bien.

\ de <es parents sage, Et cepen- | visage.

Berry, à quatre levant de lui, et visse, La dite e était armée de Et, après que revoir, Elle fit ire à Paris. Ce dir, Ce lundi soir lieues en avant, Boussac et un ivec elle. Je la ine petite hache son logis se dé- ; alors : ‘“ Menezès, sur le chemin.

leûtété lié, Puis, k« elle dit d’une £ d'Église, faites emin, en disant :

que portait un in. Un de ses

ce elle, tout armé

ce d'Alençon, qui | une partie de é ici Mais j'ai vigny, qui avait rine-de-Fierbois,

qu'il pense être

Éror td

de faire au surplus ce que Dieu nous conseillera.” Et il leur parlait de la Pucelle, qui avait présidé à tous les exploits accomplis jusque là. Mais les actes ne répondaient point . ux paroles. En vain Jeanne pressait Charles de se mettre en marche vers Reims, elle voyait se renouveler les lenteurs, les hésitations, les défiances du conseil, Un jour que le roi était dans la chambre où il avait coutume de se retirer pour être seul ou tenir un conseil secret, et qu'il n'avait auprès de lui, outre le bâtard d'Orléans, de qui nous tenons cet épisode, que Christophe d'Harcourt, Gérard Machet et Robert le Maçon, seigneur de Trèves, Jeanne vint à cette chambre, et, après avoir frappé à la porte elle entra, se mit à genoux, et, embrassant les jambes du prince, elle lui dit

“Noble dauphin, ne tenez plus tant et de si longs conseils : mais venez le plus tôt possible à Reims, pour y recevoir votre digne couronne.” Chris: tophe d'Harcourt, prenant la parole, demanda à Jeanne si son conseil lui commandait de dire cela au roi“ Ouirepondit-elle, Je suis fort aiguillonnée touchant cette chose—Ne voudriez-vous pas, reprit Christophe, nous dire ici, en présence du roi, la façon dont vous parle vote conseil ?

—Je comprends, dit Jeanne en rougissant, ce que vous voulez savoir, et

je ne refuse pas de vous le dire.—Jeanne, vous plairait-il vraiment, dit

alors le roi, de nous confier, même en présence de ces seigneurs, ce que celui-ci vous demande ?—Oui, dit-elle, Quand quelque chose me tourmente ; par exemple, quand on ne veut point croire ce que dis de la part de Dieu, je me retire à l'écart, et je prie. Quand j'ai prié, j'entends une voix qui me dit :‘“ Fille de Dieu, va, va, va, je serai À ton aide, va” Et quand cette voix me vient, je suis si réjouie que c'est merveille” En prononçant ces paroles, Jeanne était radieuse, et, comme en extase. elle levait les yeux au ciel,

Les tacticiens de la couronne étaient rarement de l'avis de Jeanne. C'est le sort des esprits routiniers de ne rien comprendre aux inspira: tions sublimes, Ils avaient toujours des raisons à lui opposer, Ils s’appuyèrent, pour cette fois, sur une faute commise par eux-mêmes, Ils avaient laissé se disperser, faute d'argent, l’armée qui, sous ses ordres, venait d'accomplir de si grands exploits, et il leur fallait, disait-ils, au moins six semaines pour en assembler une autre, La Pucelle demanda qu'en attendant on l'employât du moins à reconquérir les villes que les Angleis possédaient encore sur la Loire. Ils y consentirent, et le duc d'Alençon, qui avait achevé de payer sa rançon, lui fut adjoint avec le

titre de lieutenant oénéral de l'armée rovale

il leur parlait de lis jusque là. Mais n Jeanne pressait se renouveler les n jour que le roi pour être seul ou , outre le bâtard tophe d'Harcourt, > Trèves, Jeanne porte elle entra, ice, elle lui dit :

ils ; mais venez le couronne.” Chrisine si son conseil je suis fort aiguilreprit Christophe, le vote conseil ?

voulez savoir, et t-il vraiment, dit seigneurs, ce que e chose me tourue dis de la part rié, J'entends une on aide, va.” Et t merveille.” En

ie en extase, elle

l'avis de Jeanne.

dre aux inspirapposer, Ils s’apeux-mêmes, Ils Sous ses ordres, lait, disait-ils, au Pucelle demanda es villes que les tirent, et le duc adjoint avec le

e trouverent-ils

JEANNE D'ARC 71 (‘hapelle, et toute votre compagnie, Nous avons bien besoin d'argent,

t, encore une fois nous vous supplions de nous en envoyer le plus que vous pourrez. Nous n'avons plus en tout qu'environ trois cents écus au titre de France,

“Ecrit à Selles, ce mercredi huitième de juin. ‘Et ce soir sont arrivés ici monseignenr de Vendôme, monseigneur

de Boussac et autres; et la Hire s'est approché de l’armée, et ainsi on

esognera bientôt. Dieu veuille que ce soit à notre désir!

4 “Vos humbles fils,

“GUY et ANDRÉ DE LAVAL,”

Le jeudi 9 juin, Jeanne fit son entrée dans Orléans, d'où elle repar-

tit le samedi 11, pour aller mettre le où s'était retiré le comte de Suflolk, Elle était accompagnée du duc d'Alençon, du bâtard d'Orléans, du sire de du seigneur de (

siège devant la ville de Jargeau

Joussac, maréchal de France :

iraville, maître des arbalétriers : du sire de Culan,

amiral de France ; d'Ambroise de Loré, d'Étienne

de Vignolles, dit la Hire :

de Gautier de Brusac, et d’autres capitaines. Comme toujours, quand

ces chefs tinrent conseil, il y en eut qui préte

ndirent qu’on ne pouvait prendre la

“ille, les Anglais étant trop nombreux et trop bie

n fortifiés.

D'autres, au contraire, soutenaient avec Jeanne qu'il fallait attaquer l’en-

nemi sans délai, “Ne craignez pas, dit la Pucelle, donnez har.

liment l'assaut aux Anglais ; Dieu nous conduit.

Si Dieu n’était mon guide, comme j'en uis assurée, n'aimerais-je pas mieux garder les brebis que de m'exposer ” Son avis l’emporta, et l’on résolut d'enlever les faubourgs et d'y passer la nuit,

: tant de périls!

Mais les Anglais firent une sortie, et re-

poussèrent l'avant-garde de l’armée royale, Jeanne alors, saisissant son 8 À

tendard, marcha à l'ennemi en criant à ses soldats d'avoir bon courage,

\près une lutte vigoureuse on s'empara des faubourgs, et l’on s'y logea,

Mais, dit le duc d'Alençon, il faut bien croire que Dieu était avec nous :

” cette nuit-là nos gens firent si mauvaise garde, que, si les Anglais

ÿ ussent sortis de la ville, l’armée du roi eût couru un grand danger.”

es le matin, les batteries ayant été dressées, on commença à bomder la place, L’artillerie anglaise répondit par un feu bi

en nourri, t Pucelle dit au duc d'Alençon, qui se tenait à

ses côtés : “ Beau duc.

ez-vous de cet endroit, ou sinon, ajouta-t-elle

en montrant une des

pièces anglaises, voici une machine qui vous tuera.” A peine le duc s'était-il écarté de quelques pas, qu'un gentilhomme nommé du Lude, qui avait pris sa place, fut tué d'un coup de canon.

Cependant on tint un nouveau conseil, où l’on décida qu'on donne: rait l'assaut, Mais on apprend qu'à ce moment même la Hire parlemente avec Suflolk, On le mande, et il est blâmé, Les hérauts com: mencent à crier : A l'assaut !” Et Jeanne elle-même : “ Avant, wentil duc, à l'assaut!” Et comme Jean d'Alençon tronvait que c'était bien presser les choses : “ Ah ! gentil due, s’écsia-t-elle, as-tu peur ? Ne sais-tu pas que j'ai promis à ta femme de ie rariener à elle sniu et sauf ?” On descend dans les fossés on dresse l24 écheiles, l'assaut cornmence, Les assiégés se défendent vaillamment, Il y avait entre autres un grand et fort Anglais, armé de toutes pièces, ayant sur la tête nn fort bassinet, qui faisait merveilles jetant de grosses pierres, abattant gens et échelles, et se tenant toujours aux endroits du rempart les plus faciles à assaillir,. Le duc d'Alençon, voyant cela, va trouver le fameux canonnier français maître Jean le Lorrain, et lui raontre l'Anglais. Jean pointe sa coulevrine, tire, frappe son rival en pleine poitrine, et le renverse mort dans là ville. La Pucelle descend à son tour au fossé, monte à une échelle, son étendard à la main. Mais une énorme pierre vient frapper son casque, et la couche à terre. Elle se relève, ‘“ Amis, amis, sus ! sus ! crie-t-elle : Notre-Seigneur a condamné les Anglais. A cette heure ils sont nôtres; ayez bon courage!” Les Français s'élancent, occupent le rempart; les ennemis s’enfuient, et en un instant la ville est prise.

Suflolk se retira sur le pont avec ce qui lui restait de monde. Mais, vivement poursuivi par les Français, il perdit près de onze cents hommes : et, se voyant lui-même près de succomber, il dit à un gentilhomme nommé Guillaume Renaut, qui le serrait de près :“ Es-tu gentilhomme ? —OQui.—Es-tu chevalier z—Non.” Suftolk le fit chevalier sur-le-champ, et se rendit à lui.

Le lundi 13 juin, Jeanne rentra dans Orléans, Le mercredi 15, elle en repartit en compagnie de Jean, duc d'Alençon; de Louis de Bourbon, comte de Vendôme; du maréchal de Rais, des deux jeunes seigneurs Guy et André de Laval, du vidame de Chartres, du sire de la Tour, et d'autres seigneurs, avec un grand nombre de gens de pied et de chariots chargés de vivres et de munitions de guerre. L'armée s'arrêta devant le pont de Meung-sur-Loire, que les Anglais avaient fortifié, et qu’elle prit

d'assaut, Elle ÿ laissa une garnison chargée d'observer la ville ; puis, le 16

1e jue jua [ue ras:

jue Raï bier bier

cou

À peine le duc

e nommé du Lude,

lécida qu'on donneême la Hire parle- Les hérauts comme : “ Avant, wentil ait que c'était bien tu peur ? Ne sais-tu üu et sauf ?” On Hi sommence, Les re autres un grand ête un fort bassinet, ant sens et échelles, plus faciles à assailfameux canonnier «is, Jean pointe sa et le renverse mort fossé, monte à une ierre vient frapper mis, amis, sus ! sus !

A cette heure ils ancent, occupent le ville est prise.

t de monde, Mais, onze cents hommes :

à un gentilhomme Es-tu wentilhomine ?

valier sur-le-champ,

mercredi 15, elle en Louis de Bourbon, X jeunes seigneurs sire de la Tour, et pied et de chariots e s'arrêta devant le

rtifié, et qu'elle prit

r la ville ; puis, le 16

‘ous l'écrire,

‘entôt par deça. Il aime toujours bien ma sœur, sa femme. On dit ici jue monseigneur le connétable vient avec six cents hommes d'armes et juatre cents hommes de trait: et que Jean de la Roche vient aussi, et que depuis longtemps le roi n'eut si grandes forces que l’on espère en rassembler ici. Jamais gens n’allèrent de meilleure volonté à ln besogne que l'on ÿ va pour cette fois. Aujourd'hui doit arriver mon cousin de Rais, Ainsi ma société s'accroît, et, quelle qu'elle soit, je la trouve hien belle et honnête. J'y compte le seiyneur d’Argenton, qui me fait bien bon accueil et bon visage, Mais pour l'argent, il n’y en a pas à la

cour, Où si peu, que je n’en puis espérer aucune aide, C'est pourquoi,

pen — RE ge

Portrait de Charles VII, d'après une miniature du temps,

‘ous, madame ma mère, qui avez mon sceau, n'épargnez pas ma terre, oit par vente, soit par hypothèque, ou tout autre moyen plus conve-

nable à votre gré: il s’agit du salut de nos >ersonnes, qui, faute d’arcent, Le) Le] Le]

euvent être fort en danger et peut-être en voie de périr; car, si nous usons de notre propre argent, comme il n'y a pas de solde, nous coums grand risque de demeurer seuls. Jusqu'ici notre situation a été ct st encore en bon honneur; et a été notre venue au roi et à tous ses ens, et aussi aux autres seigneurs qui viennent de toutes parts, bien

gréable ; et ils nous font tous meilleure mine que nous ne pourrions

La Pucelle m'a dit en son logis, quand je la suis allé voir, que trois

Jours avant mon arrivée elle avait envoyé à vous, mon aïeule, un bien

petit anneau d'or, mais que c'était bien petite chose, et qu’elle vous eût volontiers envoyé mieux, attendu l'estime qu'elle a pour vous.

“Aujourd'hui, monseigneur d'Alençon, le bâtard d'Orléans et Gaucourt doivent partir de ce lieu et aller rejoindre la Pucelle, Vous avez envoyé je ne sais quelles lettres à mon cousin de la Trémoille et au seigneur de Trèves, à raison desquelles le roi s'efforce de me retenir avec lui, jusqu'à ce ce que la Pucelle ait été devant les places anglaises situées aux environs d'Orléans, et où l'on va mettre le siège. L’artillerie est déjà toute prête, et la Pucelle ne doute point qu'elle n'ait bientôt rejoint le roi, Elle m'a dit que, quand il prendra le chemin de Reims, j'irai avec lui, Mais à Dieu ne plaise que j'attende jusque-là, et que je n’aille d’abord où l'on va se battre. Mon frère en dit autant, ainsi que monseigneur d'Alençon, tant serait «handonné celui qui demeurerait en pareille circonstance. Je pense que le roi partira d'ici demain jeudi, pour se rapprocher de l'armée, et chaque jour arrivent des gens de guerre de toutes parts. Aussitôt qu'on aura besogné quelque chose, je vous le ferai savoir, On espère qu'avant dix jours la chose sera bien avancée, d’un côté ou de l’autre. Mais tous ont si bonne espérance en Dieu, que je crois qu'il nous aidera,

“Mes très redoutées dames et mères, nous nous recommandons, mon frère et moi, à vous le plus humblement que nous pouvons. Je vous envoie des blancs-seines, afin que, si bon vous semble, vous écriviez, à la date de cette présente, quelques-unes des choses qui y sont contenues à monseigneur le duc de Bretagne, car je ne lui écris plus. Qu'il vous plaise aussi nous écrire sommairement de vos nouvelles : et vous, madame ma mère, dites-nous en quelle santé vous vous trouvez après les médecines que vous avez prises, car j'ai grande inquiétude de le savoir, et en suis en grand malaise, Je vous envoie avec ces présentes minute de mon testament, afin que vous, mes mères, vous m'avertissiez par le courrier prochain de ce qu'il vous semblera bon que j'y ajoute. J'ai de moi-même la pensée d'y ajouter entre les deux courriers ; mais je n'ai encore que peu de loisir.

“Mes très redoutées dames et mères, je prie le divin Fils de Dieu qu'il vous donne bonne vie et longue et NOUS NOUS FeCOIMINANt tous deux à notre frère Louis, Nous saluons celui qui vous lira ces pré-

sentes, le seigneur du Boschet, et notre cousine, sa fille, ma cousine de la

; voir, que trois aïeule, un bien qu'elle vous eût vous, )rléans et Cau- Ile, Vous avez oille et au seime retenir avec anglaises situées rtillerie est déjà ientôt rejoint le eims, j'irai avec e je n'aille d’ansi que monseieurerait en panain jeudi, pour 18 de guerre de , Je vous le ferai n avancée, d’un

Jieu, que je crois

minandons, mon ivons, Je vous us écriviez, à la ont contenues à lus. Qu'il vous Ss; et vous, maouvez après les de de le savoir, résentes minute ‘ertissiez par le ajoute, J'ai de

s; mais je n'ai

in Fils de Dieu

ous lira ces pré-

ia cousine de la

Æ D es a es | © & pu

EC

juin au matin, elle passa outre, se dirigeant ver Beaugency, où commandait Talbot, Mais ce capitaine n'était plus dan la place, s'étant porté à la rencontre de l'armée de secours que lui amenait Falstolf. Les An rlais abandonnèrent la ville, qui fut immédiatement occupée } les Français à é et se retirerent sui pont et dans le châtenu, que Jeanne, ayant dress ‘

es batteries, fit aussitôt bombarder. La nuit venue, on fit bonne garde

e peur que les Angl is ne profitassent des ténèbres pour s échapper. ntrefaites, une nouvelle assez grave fut apport ux chefs F e. Le comte de Richemont, connétable de France, alors en diswrace et exilé de la cour, s'appr chait avec le comte de Perdrinc, Jacques de Dinan seigneur de Beaumanoir, et environ quatre cents lances et huit cents archers, pour se joindre à l’armée royale. Il avait déjà voulu prendre part à la délivrance d'Orléans. Mais le roi, qui avait contre lui de justes il Lnilleurs étaient entièrement dominé par la Trémoille, lui avait fait dire par le seigneur de la Jaille, qui le rejoignit à Loudun, de s'en retourner en sa maison, et que, s'il était assez hardi pour passer outre le roi le combattrait, Richemont apri une assez longue hésit itIon, avait g'agn( lu Vienne, qu'il av! passée à œué, et s'était dirigé vers Amboise. Regnault de Bours, qui était capitaine de cette ville pour le roi Charles VII, lui livra passage, C’est là que le connétable apprit qu'on assiégenit Beaugency. Aussitôt il se mit en marche vers la Beauce ; et, quand il fut proche de l'armée royale, il envoya le seigneur de Rostrenen et Tudual de Kermoisan, surnommé le Bourgeois, demander aux chefs qu on lu assignât sa place pour preniire part au sièg L'arrivée soudaine du connétable ne laissait pas que d’eribarrassser très fort le duc d'Alençon, lieutenant général. Il avait des ordi: orme le roi lui ayant expressément commandé de ne ] recevoir Richemon

s'il se présentait. Peut-être (ear il n'était pas exempt de toute le

redoutait-il lui-même la r en grâce du connétable, 1] clara à Jeanne que, si l'on n'obéissait au roi, il se retirerait de l’armée, D'autr:

chefs, au contraire, la H notamment, et, ce semble, André et Guy de Lavul, étaier ivorables à Richemont. La Pucelle, étrangère à toutes le intrigues de la cour, déplorait ce conflit et auruit voulu y mettre un

torme, Il lui parut que le salut de la France devait passer avant tout, et

elle résolut, saus compromettre l'autorité du roi, d'interposer l'autorité qu'elle tenait de Dieu. Le vendredi 17 juin, de grand matin, avant l’ar-

prit que Falstolf et bot s'approchaient avec

rivée du connétahie

+, $ + na + H 1:

Armes 6 Li pivnente i ET ii, à ré du duc u4

A 1 RICUIIÇUIX

icv, où commans'étant porté à 1f, Les Anglais par les Français, ne, ayant dressé fit bonne gare, F8 chapper.

portée aux chefs nce, alors en dis- Perdrinc, Jacques cents lances et avait déjà voulu uvait contre lui nine par la Tréqui le rejoignit à assez hardi pour ne assez longue é,ets était dirigé e cette ville pour ‘onnétable apprit e vers la Beauce ; seisneur de Rosis, demander aux iègre 1e d’erxbarrassser es ordies formel cevoir Richemont de toute ie) ble, 1 armée, D'autr:

André et Guy de

ngère à toutes les

clara à

ulu y mettre un ser avant tout, et erposer l'autorité matin, avant l’arpprochaient avec

Ji ne d'A au uuc ü à

l'alstolf eut |

JEANNE D'ARC 75 aurait eu le car:

l'une véritable désertion. Jeanne le décida à rester, les hérauts cri-vent: “ Aux armes !”

un corps d'observation devant 1

rencontre des Anglais,

Et l'armée francaise, laissant

e château de Beaugency, se porta à la

L'armée commandée par Falstolf était d'environ

ing mille tants,

combat- Le duc de Bedford l'avait assemblée à suite des mauvaises nouvelles que lui avaient expédiées Talbot, Elle avait pour mission de conerver aux Ansluis les places de la Loire, et, s'il était possible, de battre la Pucelle et de ruiner son prestige. Partie de Paris, elle s'ét rôtée rois jours à Étampes ; puis, prenant son chemin par la Beauce, elle était irrivée à Yenville, où elle irrêta encore quatre jours, attendant

Falstolf apprit là les la prise de Jargeau et du pont de Meunv.

tarda pas à le rejoindr

lances et deux cents archers, Ils tinrent savoir ce qu'il

les renlorts que le récent se préparait à lui envoyer, récentes victoires des Francais l'albot, sorti de Beaugency, ne avec environ quarante aussitôt conseil, pour levaient faire, Falstolf, capitaine prudent et expérimenté, fut pas d'avis de tenter la fortune de irmes, Les défaites que son parti venait de subir COUP sur coup, et l'enthousin [ue la présence de la Pucelle entretenait dans le camp l,

aient commander une extrême re

Sire Jean

francais, lui ll

serve dans la conduite des opération

ultérieures, Il proposait donc de laisser la garnison de Beaugency si tirer le mieux qu'elle pourrait des mains de l'ennemi, et de

Forces qu il amenait entre les villes, châte

ncore pour le roi Henri VI

l ‘partir les aux et forteresses qui tenaient On demeurerait sur la

murailles fortifiées, jusqu'à ce qu'on eût reeu les sec

léfensive à l'abri

s promis par ]

luc de Bedford ; et alors, si l'on voyait jour, on frapperait un coup

Mais qui avait à ven-

que sur la Loire. I]

cisif sur l'a iée français , épuisée par des combats : rmuliers.

oposition ne fut aucunement du coût de Talb r les affronts qu'il venait de subir, tont à Orlén pondit qu'il ferait appel aux hommes de bonne nté, et que, si petit

e dût être le nombre de ceux qui voudraient le suivr ilirait c

ec l'aide de Dieu et nst

ittre

Franc: eur saint (icorges,” renouveler ses remontranc: s furent mal reçues, til dut se ru r à l'avis de Talbot

ui était partagé par la plupart des m ets de l'arm: Il se résolut donc à ouvrir la « ämbpaone, etdenns l'orlre t départ, L'arm nglaise reprit sa marche travers Ï rrivée à envi ne lieue de Meung, et assez pres de Peaugency, elle erçut Î rançalis rangé 3] batai le sur une

line, au n

bre d’en-

viron six mille combattants, sous les ordres de ln Pucelle, du duc d'Alencon, du bâtard d'Orléans, du maréchal de la Fayette, de la Hire, de Poton le Suintrailles et autres capitaines. Jeanne, voulant se rendre compte des projets de l'ennemi, avait pris un poste d'observation. Falstolf, après avoir fait mettre pied à terre à ses gens et donné ordre aux archers de tenir leurs pieux en arrêt, lui fit offrir la bataille, Mais In Pucelle fit répondre aux hérauts anglais : ‘“ Allez vous loger pour ajourd'hui, car il est assez tard ; mais demain, au plaisir de Dieu et de Notre-Dame, nous ous verrons de plus pres.”

Les Anglais r' prirent alors leur marche, se lirigeant vers Meunpg, où ils entrèrent sans difficulté, puisque la ville était encore occupée par une garnison de leur parti. Le pont seulement était aux mains des Français, et les Ancluis résolurent de le bombarder cette nuit même, afin de l'enle ver le lendemain au point du jour, et de passer sur l'autre rive de la Loire. Ils tirent comme ils avaient décidé, et logèrent cette nuit-là à Meunc

Cependant la Pucelle était retournée avec son née devant le chàtouu de Benugency. Le comte de Richemont ne tarda pas, comme il l'avait annoncé, à rejoindre l’armée royale. Si l’on en croit Guillaume Gruel, chroniqueur un peu suspect, en sa qualité de serviteur dévoué de Richemont, Jeanne se rendit au-devant du connétable avec le duc d’Alencon les jeunes seioneurs de Laval, le bâtard d'Orléans et plusieurs autres capitaines, Dès qu'ils furent en présence, ils mirent tous deux pied à terre : ln Pucelle se jeta aux genoux du comte, qui lui dit: “Jeanne, on n'a dit que vous ne vouliez combattre. Je ne sais si vous êtes envoyée de Dieu, ou non, Si vous êtes envoyé de Dieu, je ne vous crains point, car Dieu sait mon bon vouloir; si vous êtes envoyée du diable, je vous crains encore moins.” Quoi qu'il faille penser de ces détails, qui ne semblent pas bien authentiques, il est certain que Jeanne, fidele en tout à «a mission de réparation et de salut, imposa définitivement silence aux répugnances de Jean d'Alençon, promit d'intercéder auprès du roi pour obtenir qu’il aceordât son pardon au connétable, et, en attendant, le reeut avec son corps d'armée, et lui assigna son poste devant le pont de Beauwencv, du côté de la Sologne. Suivant ie, ce furent les nouveaux venus qui furent chargés de faire le œuet cette nuit-là, qui était celle du vendredi 17 au samedi 18 juin 1425.

Mais Richard Guétin, bailli d'Evreux, qui commandait la garnison

anglaise en l'absence de Talbot, avait déjà commencé des pourparlers avec

îl

Le d ti

le, du duc d'Alenla Hire, de Poton ‘e rendre compte in. Fulstolf, après “e aux archiers de Mais la Pucelle fit

1] l'hui, car il

Not Dnme, nous

it vers Meung, où e occupée par une ains des Français, ie, afin de l'en

l'antre rive de la

nt cette nuit-là à

ice devant le chàla pas, comme il n croit Guillaume rviteur dévoué de vec le duc d’Alenet plusieurs autres t tous deux pied à dit: “Jeanne, on vous Ôtes envoyée vous crains point, du diable, je vous éta jui ne seme, fidèle en tout à ement silence aux auprès du roi pour attendant, le recut t le pont de Beaurent les nouveaux

\, qui était celle du

andait la garnison

es pourparlers avec

JEANNI

Pucelle, et vers minuit on s'entendit sui

Il fut convenu que le lendemain, ent le pont et le château de B

eurs cl iux et leurs harnais, ai

uu lever eaugency

nsi que (|

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