‹ Jeanne d'Arc [microforme]Chapitre 22 sur 59 · JÉSUS, MARIE · texte numérisé non relu

JÉSUS, MARIE

(rentil mimes loyaux françcnis de la ville de Tournay, la Pucelle

vous fait savoir des nouvelles de } leça, En huit jours

‘chassé les Anglais hors de toutes les places qu'ils tenaient

rivière de Loire, pur assaut où auti nent Il V en 4 beaucou » de tu Î \

ou de pri telle les a battus à plate couture. Et croyez que le comte de Suffolk, la Poole, son frère, le sire , le sire de Scales

messire Jean Falstolf, ainsi que plusieur rs et capitaines

été pris, et le frère du comte de Suft et nsdale, tués urez bien loyaux Français, je vous en prie. , is prie et vous requiers que

vous soyez tous prêts à venir au sacre du gentil roi Charles à Reim

où nous serons bientôt, et venez au-devant de nou land vous

que nous approchons A Dieu je vol let ii} le (Jue Dieu JS

varde, et vous donne la grâce de pouvoir di nir la bonne

‘cause du royaume de France, Ecrit à Gi r de juin

Sur l'ailress Aux loyaux Français de la Tournay

Dans un de ces inoments de confiance qui ent de temps à

autre au découragwement et à la torpeur dont Jeanne avait pourtant

donné à Charles VII de bonnes raisons « sortir enfin, le roi avait

appelé auprès de lui a reine sa femme, dans le dessein sil marchait sur Reims, de l'emmener avec lui pour qu'ils fussent couronnés ensemble [ y avait dans les résolutions du gouvernement si peu «le prévisions et d'esprit de suite, que quand après de nouvelles froideurs. Jeanne se:

enfin l'emporter, le roi envoya à Bourges Marie d'Anjou, de

‘doute que sa présence, qui aurait exigé l’eutretien d’une cour

séquent d'assez grand frais, ne retardât le voyace, Aussit

di part

ine, il n'en retomba pas moins dans son indécisie

en finir, Jeanne se décida à prendre les devants. Le 27 juin 14259, ell

de Gien, et s'en alla lower, avec plusieurs capitaines, à quatre lieues en avant, dans la direction de Montarvis, Le roi qui sans doute, au fond, faichit qu n fui forçat üh peu la inain, de con

Jeanne ni la Trémoille, se décida enfin à lu suivre.

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inement

nav, la Pucelle t jours elle a enaient sur ln aucoup de tu ez que le comte ire de Scales ef capitaines { 68 urez As re quiers que arles à Reim nd vous sau Jue Dieu vous üir la bonne r de juin ournay nt de temps À vait pourtant le roi AVAL marchait sur nés ensemble, e prévisions et Jeanne sembla de peur sans ur, et par consitôt après Île lécision, Pour 429, elle sortit tre lieues en oute, au fond, ne déso-

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point un suppôt du diable, et passant d’un extrême à l’autre, il s'ag'enouilla devant elle, La Pucelle, qui ne pouvait souffrir, dans son humilité et dans son bon sens, de telles démonstrations. se jeta elle-même à genoux, pour détourner l’idée d’un pareil hommage et comme pour s'unir avec le relivieux dans un acte commun de dévotion. Lorsqu'ils se furent relevés, ils eurent ensemble un long entretien dans lequel Jeanne acheva de convaincre frère Richard. Quand celui-ei retourna dans la ville, il était acquis à la cause française, et il travailla dès lors de concert, ce semble, avec l’évêque de Troyes, Jean Laivuisé, à en assurer le succès,

L'armée royale était devant la ville depuis quatre ou cinq jours, et rien n'avançuit. Les habitants paraissaient décidés à la résistance : ils étaient bien approvisionnés, et l’on Commançait à sentir la famine dans le camp français. Le pain et les autres vivres étaient si chers, que la moitié de l’armée (cinq à six mille hommes) en était réduite à se nourrir d'épis de blé froissés et de ces fêves que les prédications de frère Richard avaient fuit semer en si grand nombre, Le roi assembla son conseil pour délibérer sur ce que l’on devait faire, Le duc d’Alençon, les comtes de Clermont et de Vendôme assistaient à cette délibération. Regnault de Chartres, archevêque de Reims et chancelier de France, prit le premier la parole. [1 soutint qu'il fallait immédiatement lever le siève; et cela, dit-il, pour plusieurs raisons : d’abord, à cause de la pénurie de vivres et d'argent où l’on se trouvait : ensuite, parce que c'était une chose presque impossible que de s'emparer de cette ville de Troyes, protégée par de larges fossés et de fortes murailles, bien approvisionnée, pourvue d’une garnison aussi vaillante que nombreuse, et dont assurément les habitants ne montraient pas la moindre velléité de se soumettre et d'obéir au roi. Ajoutez à cela qu'on n'avait pas une artillerie suffisante pour battre les murailles et ÿ faire brèche, On était à plus de trente lieues de Gien-sur-Loire, ln seule ville française d'où l'on püût espérer tirer quelques secours. II allégua encore une foule l'autres raisons, toutes meilleures les unes que les autres, et finit comme il avait commencé, c'est-à-dire en déclarant qu'à son avis on se mettrait dans le plus grand danger, si l’on ne reprenait aussitôt la route de la Loire.

Rien n'eut été plus funeste à la cause re yale qu'une semblable retraite, après la marche hardie qu’on venait d'accomplir. C'était perdre Île

fruit des victoires de la Pucelle, et s'enfuir honteusement dès le premier

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obstacle, L'avis du chancelier était donc peu raisonnable, Cela ne l'empêchait pas de le trouver très sage, et d’insinuer que, si l’on était venu au point où l’on se trouvait, la faute en était à la présomptueuse ignorance de la Pucelle, Ah!si on l'avait cru, on aurait négocié, Le roi lui ordonna de recueillir les avis des membres présents. Presque tous abondèrent dans le sens du chancelier, Ils apportèrent même en sa faveur un nouvel areument,

“Si la ville d'Auxerre, dirent-ils, bien moins forte et bien moins pourvue le gens guerre, a refusé de se soumettre, que faut-il espérer ici ? ” Quelques conseillers cependant, plus raisonnables que les autres, étaient d'avis qu'on levât le siège, mais pour prendre le chemin de Reims. “On traverserait, disaient-ils, un pays très riche, où l'on trouverait aisément de quoi vivre.”

Quand vint le tour de messire Robert le Maçon, seigneur de Trêves en Anjou, le vieux conseiller émit un avis fort sage, et auquel il était assez étrange qu'on n’eût pas encore songé, Il dit qu'il fallait envoyer chercher la Pucelle, qui n’assistait pas au conseil, et que peut-être bien ce qu'elle aurait à dire serait très profitable au roi et à ceux qui l'avaient accompagné. “ En effet, ajouta-t-il, quand le roi a entrepris ce périlleux voyage, il ne l'a pas fait par la considération du nombre

d'hommes de guerre qu'il pouvait mener avec lui, ni de l'argent qu'il pouvait avoir pour les payer, mais uniquement par l'avis de Jeam Pucelle, qui répétait tous les jours qu'il marchät en avant pour se faire sacrer à Reims, et qu’il ne trouverait sur son chemin que bien peu de résistance, car tels étaient le plaisir et la volonté de Dieu.” Au reste, si Jeanne ne conseillait rien de mieux que ce qui avait déjà été dit dans le conseil, il promettait de se rallier à l'avis du plus grand nombre, Dans ce Cas, mais dans ce cas seulement, il opinerait, lui aussi, pour qu'on levât le siège, et qu'on s’en retournât d'où l'on était venu.

L'opinion du seigneur de Trêves ne fut guere goûtée par ses collègues, et la discussion commencait à s'échauffer sur ce point, quand on entendit tout à coup heurter très fort à la porte de la chambre où se tenait le conseil. On ouvrit : c'était Jeanne. Elle fit la révérence au roi. ‘Jeanne, lui dit aussitôt le chancelier, le roi et son conseil sont dans une grande perplexité pour savoir ce qu’ils doivent sue ” Et sur ce il lui

fit une ample relation dog propos qui ‘être échang és. Mais

Jeanne, sans lui répondre, et se tournant vers le roi :“ Serai-je crue, dit-

elle, en ce que je dirai ?—Oui, Jeanne, répondit Charles, selon ce que vous

direz.” La Pucelle, alors, d'une voix émue : “ Gentil roi de France, cette cité est vôtre, Si vous voulez demeurer devant deux ou trois jours, elle sera en votre obéissance ou par amour ou par force, 66 n'en faites aucun doute.—Jennne, reprit le chancelier tout étonné, si nous étions certains ‘le l'avoir dans six jours, on attendrait bien; mais je ne sais si c'est vrai ce que vous dites.—N'en faites doute.” Le conseil se sépara apres avoir décidé qu'on attendrait l'effet de ses paroles.

Jeanne aussitôt monte à cheval, un bâton à la main. Elle donne des ordres, et tout le monde se met à l'œuvre : chevaliers, écuyers, archers, ouvriers, gens de tous états, apportent des fagots, des poutres, des tables, des portes et des fenêtres descellées, pour en former des retranchements derrière lesquels Jeanne fait mettre en batterie toute l’artillerie de l'armée, Elle se porte d’un endroit à l’autre avec une incroyable dilwence: elle parle à ses gen, elle les encouratre, elle les anime ; elle se conduit, en un mot, comme un apitaine qui aurait passé sa vie entière dans les Camps, et toute l’armée s'en émerveille,

Ces préparatifs se poursuivent pendant toute la nuit, Le lendemain

matin, Jeanne saisit son étendard ; elle va donner le signol de l'attaque ;

mais à ce moment les portes de la cité s'ouvrent, Les ens de la ville, en voyant du haut des remparts le mouvement qui s'opérait dans l’armée royale, ont été saisis de frayeur : ils se sont mis à délibérer, ét, cédant enfin aux conseils du frère Richard et de leur évêque, ils ont ré. solu de se rendre. Le roi, stupéfait d'un changement si soudain, se montre facile : le traité est aussitôt signé. On convient que la varnison pourra se retirer avee armes et bagages ; les habitants rentreront dans le devoir et remettront leur ville au souverain lévitime., Charles leur promet en échange l'oubli complet du passé; il consent même à confirmer dans leurs bénéfices les personr: i les ont reçus du roi Henri d'Angleterre. Les habitants arrivens en foule au camp royal, et donnent un libre cours à leur joie. On s’embrasse et l'on fraternise. Les Anglo-Bourguignons se mettent en ordre pour le départ. Aux termes de la cupitulation qui leur garantit tous leurs biens, ils prétendent emmener avec eux un certain nombre de Français prisonniers; mais Jeanne ne peut le souffrir. Elle se place près de la porte, elle les arrête : “ En nom Dieu ! s'écrie-t-elle, ils ne les emmèneront pas” Et de fait elles les garde, Charles VIT acquitte de son propre argent toutes les rançons. Cependant Jeanne entre la première dans la cité

reconquise ; elle range ses fantassins le long des rues. A neuf heures

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A neuf heures

du matin, le roi de France, magnifiquement vêtu, suivi d'un brillant cortège, fait son entrée solennelle : les cloches sonnent à toute volée: le peuple se presse sur le passage du souverain national ; il l'acclame, il renouvelle le serment de lui être à jamais fidèle, Un saint enthousiasme fait bondir tous les cœurs, et sans doute Regnault de Chartres et la Trémoille eux-mêmes oublient, pour un instant, de se défier de la Pucelle (5-10 juillet 1429),

De Troyes l’armée se dirigea vers Châlons-sar-Marne, et le 14 juillet

elle campa à Bussv-Lettré. Les habitants de Chälons, avant que Troyes

‘* Quel est ton Seigneur? dit Baudricourt. Le Roi du ciel, ”

capitulât, avaient écrit aux bourgeois de Reims que leur intention était de résister de toutes leurs forces, à l'exemple de ceux de Troyes. Cet exemple, ils le suivirent en effet: car ils se rendirent, mais spontanément et sans le moindre délai. L'évêque et les principaux de la cité apportèrent au roi les clefs de la ville. Charles y fit son entrée le 15 juillet, et il y passa la nuit avec son armée,

On n'était plus qu'à une journée de Reims : le moment décisif approchait. Les Rémois allaient-ils ouvrir au roi les portes de leur ville

ainsi que l'avaient fait les habitants de Troyes et de Châlons ? On pouvait

ce

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à bon droit l’espérer ; mais on n’en était pas sûr. La lettre royale du 4

Juillet était demeurée sans réponse. Le 8, les magistrats municipaux

avaient envoyé le bailli de Reims, Guillaume Hocierne, vers Guillaum de Châtillon, gouverneur militaire de la ville, qui se trouvait en ce moment à Château-Thierry, pour lui faire part des nouvelles qu'ils avaient reçues et de leur intention de résister à outrance: ils l’invitaient à venir se mettre à leur tête, mais avec cinquante à soixante lances seulement : ils ne voulaient pas recevoir une garnison plus forte, qui aurait pu leur

faire la loi. Le seigneur de Châtillon :e douta bien qu’on voulait le

jouer, et il répondit qu'il ne viendrait dans la ville qu'a condition d'y

réunir sous ses ordres quatre cents hommes d'armes ; il exigeait en outre qu'on lui laissât occuper le château fort de Porte-Mars, où il garderait près de lui cinq ou six des principaux bourgeois, Il annonçait d’ailleurs qu'il avait demandé des secours au duc de Bourgogne, et qu'il n’avait pas encore reçu de réponse, En attendant, il prescrivait aux habitants de mettre leur ville en état de défense. Ces propositions n’eure aucun effet. Toutefois, quelques jours après, à la nouvelle des succès de l’armée française, Chatillon vint sous les murs de Reims, accompagné des seisoneurs de Saveuse et de lIsl:-Adam, et d'un corand nombre de gens de guerre, Mais, dans les pourparlers qu'il eut avec les habitants, il fat assez maladroit pour leur annoncer qu'il faudrait au moins six semaines pour que les ducs de Bedford et de Bourgogne assemblassent une armée de secours : sur quoi les bourgeois le laissèrent dehors. Il sen retourna, Ilest évident que, tout en évitant jusqu'a dernier moment de se compromettre, les Rémois étaient, au fond, bien décidés à se soumettre à la Pucelle. Ils firent plus, ils allérent au-devant du roi de France.

Le samedi 16 juillet, l'armée cnmpait à Septsaulx, à quatre lieues de Reims, Charles s'était logé dans un château qui avait été donné aux archkevêques comme résidence d'été, Il y reçut la députation des Rémois qui venaient lui apporter la soumission de la ville à certaines conditions, immédiatement accordées. Regnault de Chartres, qui n'avait pu prendre encore possession de son sièwe archiépiscopal, fit le premier son entrée dans la ville, dès le matin. Le soir, après diner, le roi y entra à son tour, accompagné de la Pucelle ; tous deux furent accueillis avec enthousiasme, L'archevèaue, le corps municipal, toutes les confréries et corporations de la ville, bannières déplovées, et une foule immense de

peuple s'étaient portés à la rencontre du cortège, qui fut salué par ce

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JEANNE D'ARC J5 beau cri de nos ancêtres, exprimant en même temps leur joie et leur reconnaissance envers Dieu : * Naël! noël ! ”

IT fut convenu que la cérémonie du ancre aurait lieu le dimanche, 17 juillet 1429, et toute ln nuit on fit diligence, afin que tout fût prêt dès le matin.

» lendemain

Les vêtements de cérémonie qui servaient d’ordinaire au sacre des rois de France étant déposés à l’abbaye de Snint®

Denis-lez-Paris, on ne pouvait les avoir: mais on s’en procura d’autres à

Reims même, et la cérémonie fut aussi magnifique, disent les témoins oculaires, que si l’on eût mis une année entière à la préparer,

L'abbé de Saint-Remi, gardien-né de la sainte amroule. ne devait la

délivrer qu'avec un certain cérémoninl. Les seigneurs «ec Rais, de Boussuc,

de Saint-Sévère, de Graville, l'amiral de France Louis de Clan, furent désignés par le roi pour l'aller chercher. Ils Jurèrent publiquement de conduire et de ramener sûrement, apres la cérémonie, le précieux dépôt,

L'abbé, vêtu de ses habits sacerdotaux, porta solennellement la fiole sous

un dais, jusqu'au portail de l’église Saint-Remi, où l'archevêque, en rand costume, la mitre en tête et la crosse en main. accompagné de ses clhynoines, vint la recevoir. A son tour il la porta processionnellement à Notre-Dame de Reims, suivi des seigneurs de l’escorte, qui pénétrèrent dans la cathédrale, à cheval, tenant en main leurs bannières, et ne mirent pied à terre qu'à l'entrée du chœur,

La cérémonie dura cinq heures, de neuf heures du matin à deux

heures de l'après-midi. Le due d'Alençon, le comte de Clermont, le comte de Vendôme, André et Guy de Laval, Georges de la Trémoille, vêtus d'habits royaux, représentaient les pairs de France laïques: trois pairs ecclésiastiques, l'archevêque-due de Reims. l'évêque-due de Laon et l’évêque-comte de Châlons étaient présents ; les trois autres furent suppléés par les évêques de Séez et d'Orléans, et un autre prélat, Le sire d'Albret, faisant fonction de connétable, tenait l'épée. Le roi prêta les serments accoutumés, puis le duc d'Alençon le créa chevalier, Lorsqu'on lui mit la couronne sur a tête, après l’onction sainte, l'assistance tressaillit de joie, et un grand cri s'éleva dans l'église: “Noël! noël !? En même temps les trompettes sonnèrent avec tant de force, que l’on

put croire que les hautes voûtes de la basilique allaient se fendre, Après le sacre, le roi nomma comte le Jeune Guy de Laval, et le sire de Rais maréchal de France.

Durant toute la cérémonie, la Pucelle se tint auprès du roi, son

étendard à la main. Quand Charles eut été sacré et couronné, Jeanne 3e

prosternu devant lui, embrassa ses genoux, baisa ses pieds, et, pleurant à chaudes larmes : “ Gentil roi, dit-elle, maintenant est exécuté le plair de Dieu, qui voulait que vous vinssiez à Reims recevoir votre digne sacre, montrant ainsi que vous êtes le vi roi, celui auquel le royaume doit appartenir,” L'héroïque enfant, soutenue par la divine Providence, avait brisé tous les obstacles, et maintenant une joie pure inondait son âme; car, quoi qu'il dût advenir désormais, le point essentiel de sa mission était atteint : le dauphin Charles de France était le roi légitime le lieutenant de Dieu sur la terre; les Anglais étaient confondus, et la patrie était sauvée, Fasse Dieu que la France n'oublie jamais ce triomphe de la Pucelle, signe visible de la protection du Ciel et des

crands desseins que la Providence a toujours eus sur nous!

«ls, et, pleurant à xécuté le plaisir voir votre digne quel le royaume

ivine Previdence,

are inondait son essentiel de sa it le roi légitime, confondus, et la ublie jamais ce Es LIV RE DEU *] È ME

1 du Ciel et des

JUS : + = \ DIT ‘ a r (à CRE LES DÉCEPTIONS LES ANGOISSES — him ‘ )ITD n x CHAPITRE PREMIER LES RÉSISTANCES, — LE PREMIER REVERS, Politique du régent Bedford, — Politique de Pailippe le Bon, — Deux partis autour du roi de France. — Jeanne et le conseil royal. - Campagne de la Picardie et de l'Ile-de- France, — Trêve avec le duc de bourgogne, — Bray-sur-Xeine, — Jeanne à Crespy-en- Valois, — Montespilloy, — Nouvelles négociations à Arras, — Jeanne à Compiègne, — 3 Echec devant Paris. — Retraite sur la Loire. ) P.

ES succès foudroyants de la Pucelle

e "sn. avaientprondément affecté le duc de Bedford. Au moment même où ilse croyait près de pousser Ja lutte à bout par une campagne décisive, et ‘songeait, après la prise d'Orléans, dont il attendait chaque jour la nouvelle, à poursuivre Charles VII dans ses derniers retranchements, à le rejeter du Berry et du Poitou sur le Languedoc et le Dau-

phiné, où il l'aurait écrasé entre ses forces et celles de son allié le duc de

Un Cimetière au XVe Siècle.

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T qu'el tout | soulè s'étai haute cinq à Le le duqu la Pu ue l secoui M:

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Bourgogne, il avait successivement appris la suite incroyable de désastres qui ruinaient, ou peu sen faut, ses espérances, La délivrance d'Orléans, ln prise des forteresses de la Loire, la bataille de Patay, la marche triomphante de Jeanne sur Reims, enfin et surtout le sacre du roi de France, qu'il n'avait pu ni empécher ni prévenir par le sacre de Henri VI, le faisaient trembler pour les provinces qu’il gurdait encore. [l savait Lien que dans ces provinces mêmes la population lui était hostile, et qu'à Paris rotamment ln huine pour l'étranger croissait tous les jours. La Normandie, où guerroyait en ce moment le connétuble de Richemont, n'était pas beaucoup mieux disposée pour les Anglais : et dès 1427, avant l'apparition de la Pucelle, il avait fallu réprimer durement à Rouen tn complot tendant à livrer la ville aux Français,

Le régent sentait bien qu'une marche hardie de Reims sur Paris, puis de Paris sur Rouen, pouvait amener au profit de son adversaire les

mêmes défections, et avoir la même issue que la marche de Gien sur

Reims, Les Anglais n'auraient plus alors qu'à repasser la mer, et ainsi

tombait soudain cette puissance, à l'édification de laquelle Henri V de Lancastre avait consacré sa vie, et qu'à son lit de mort son frère lui avait Jaré de maintenir. Dans ces périlleuses conjonctures, il faut lui rendre Justice, l’énergique due de Bedford ne S’'abandonna pas lui-même : il fit les derniers eftorts pour conserver à son neveu cette couronne de France, acquise au prix de tant de sang.

Tout d'abord il lui fallait une armée nouvelle, et il était nécessaire qu'elle fût en grande partie composée d'Anglais de race, afin de servir tout ensemble à combattre la Pucelle et à prévenir par la terreur les soulèvements toujours prêts à éclater. Bedford, pour avoir cette armée, s'était adressé À son oncle le cardinal de Winchester, qui avait alors là haute main dans le gouvernement de l'Angleterre, et qui avait rassemblé cinq à six mille hommes pour les mener en Bohême, contre les hussites, Le ler juillet 1429, il avait signé avec le cardinal un traité en vertu duquel ces troupes devaient passer à sa solde, et être employées contre la Pucelle, Mais ce fut eulement lo 25 juillet, huit jours après le sacre, que le cardinal arriva à Paris avec son armée, Si tardif qu'il fut, ce secours mit du moins le régent en état d'agir.

Mais ces forces nouvelles devaient être un instrument inutile entre les mains du duc de Bedford, s'il ne prenait soin en même temps de conserver et de resserrer son alliance avec le duc de Bourgogne. Après le

meurtre de Montereau, c'était la faction bourguiswnonne qui, en haine des

Arrmn: nac avait livré la France à Henri de Lancastre, et signé le bonteux traité de Troyes, C'était cette même faction qui depuis lors avait composé en France le parti anglais, et fourni aux étrangers cet appui intérieur, sans lequel il est toujours bien difficile à une nation conquérante d'établir et de maintenir sa domination sur un pays conquis, du moins qu ind la popu! ition indigène est supérieure en nombre à l'armée envahissante, et qu'elle «a œardé la conscience de sa nationalité, Mais, pour gagner l'indispen able appui de cette faction bourguignonne, il est de toute évidence qu'il fallait continuer de s'entendre avec son chef. II était même d'autant plus nécessaire que cette union fût resserrée, que le prestise des armées anglaises s'était plus affaibli dans les derniers temps. On n'ignorait pas d'ailleurs que dans le conseil de Charles VIT il était sans cesse question d'entamer ou de renouer des nésociations avec le duc de Bourgogne,

Ici encore Bedford n'avait manqué ni d’habileté ni de prévoyance. Il connaissait trop bien les causes de refroidissement existant entre lui et son puissant allié, pour ne pas craindre d'abandonner celui-ci à son inspiration propre ou à celle que pouvait lui suggérer son entourage, Aussi avait-il fait les plus grands efforts pour l'attirer à Paris, afin d'y réchaufler, par la présence du fils de Jean Sans-Peur, les vieilles passions de la populace cabochienne. Philippe le Bon, en effet y était venu le 19 juillet 1429, et le régent s'était empressé de lui donner un rôle dans une cérémonie théâtrale, qui faisait honneur à son imagination, et sur l'effet de laquelle il comptait beaucoup. Le 15 juillet, un sermon politique fut prêché à Notre-Dame par un prêtre appartenant à la faction anglo-bourguignonne, Puis le grand conseil et le parlement de Paris, accompagnés des docteurs de l’université, du corps de ville et des notables bourgeois, se rendirent en procession à la table de marbre du palais de justice, où ils tinrent une audience solennelle, en présence de Bedford et de Philippe le Bon. On donna publiquement lecture du traité d'alliance conclu, dix années auparavant entre Henri de Lancastre et le duc de Bourgogne. Le chancelier prit alors la parole, et dans un ample discours il retraça la pathétique histoire du meurtre de Monte. reau, Vivement ému, Philippe le Bon se lève, il implore l'aide des Parisiens contre les assassins de son père. On lui répond par des acclamations, suivies de cris de haine contre les Armagnacs. Bedford profite aussitôt de cet enthousiasme ; il fait renouveler à toute l’assistance le

serment de loyauté et d'obéissance. Il rempiace les échevins par des gens

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