D'ARC
lui sont entièrement dévoués, et nomme capitaine de Paris Villiers
l'Isle- Adam, un des chefs les plus fougueux de In faction bourgui-
mp., celui-là même qui, en 141$, avait surpris In ville, râce à la
hison de Perrinet Leclere, et présidé aux massacres qui avaient
inglanté le triomphe de son parti. Le lendemain 16 juillet, le
le Bourgogne quitta la ville pour se rendre à Laon, où
son
emier soin, en dépit des scènes de l'avant-veille, fat d'envover à
ims des ambassadeurs chargés de conférer avec le
arles VII.
y conseillers de
‘‘ Je ne sais ai A ni B, je suis envoyée par Dieu nour faire lever le siège d'Orléans, et ener le roi à Reims, pour qu'il y soit sacré et courom
Si méprisable qu'elle fût, une telle duplicité était le propre caractère e la politique pratiquée par Philippe le Bon. Il s'appliquait à jouer
ntre Henri VI et Charles VIT ce rôle de double trompeur qu'avait
utrefois rempli avec tant de succès le roi Henri V entre Jean sans Peur
t les conseillers du dauphin. Au fond, il ne désirait le succès ni de la
‘use nationale ni de la cause des étrangers ; et si cela ne 3e peut excu-
r, cela peut s'expliquer du moins. Si la cause anglaise eût complète
ent et absolument triomphé, il ne pouvait se disstiler qu'il eût été
: premier à en supporter le poids.
Le roi de France et d'Angleterre
devait être pour lui un dangereux voisin, qui n'aurait pas tardé à lui faire sentir que la suzeraineté dont on semblait en ce moment faire bon marché en traitant avec lui d'égal à égal, ne devait pas rester éternellemens un vain mot, et qu'il en résultait pour lui des obligations de soumission et d'obéissance auxquelles, s'il prétendait s'y soustraire, les forces réunies des deux royaumes pourraient bien rendre quelque vigueur, La bienveillance que lui témoignait le due de Bedford prenait sa source, il le savait bien, dans l'impuissance où se trouvait le régent, et dans le danger qu'il y aurait eu à lui témoigner de la malvelilance, Il n'avait pas oublié les injures autrefois reçues de Glocester. Il ne voulait donc soutenir les Angluis que tout juste assez pour les empêcher de succomber; mais il ne voulait pas non plus travailler au triomphe de leur adversaire, qu'il redoutait autant que le leur. Le triomphe de Charles VII, c'était pour la maison de Bourgogne, sinon dans le présent, au moins dans venir, le retour à ces oblivations de vassalité dont elle désirait vi) uent s’aflranchir: car il est certain qu’elle aspirait dès lors à se constituer, entre la France et l'Allemagne, un royaume indépendant. C'est ce que le roi de France, qu'il s'appelt Charles VII ou Henri VI, ne pouvait souffrir, comme Louis XI le fit bien voir à Charles le Téméraire. Aussi Philippe le Bon mettait-il tous ses soins à entretenir une rivalité qui équivalait à un interrèone, et, le laissant maître de la situation, assurait au moins son indépendance. Il s'efforçait donc de duper également les deux adversaires, et de les user l’un par l’autre,
Par malheur, il lui était trop facile de duper les conseillers de Charles VIT, qui ne demandaient pas mieux que de se laisser tromper, s'étant butés à cette idée qu'il fallait à tout prix entretenir des intelligences avec le duc de Bourgogne. Deux partis s’agitaient autour du roi de France : mais on peut dire qu'alors, auprès de Charles VII, le parti des politiques avait une tout autre influence que celui des ge l'épée. Ce dernier parti était dirigé par les princes du sang, et notkmment par le duc d'Alençon, tenu en suspicion par la Trémoille, et qui ne pouvait espérer de jouer un rôle et de satisfaire son ambition qu’au cas où la continuation de la lutte lui maintiendrait son commandement dans l’armée royale, En ce moment il se trouvait avoir raison, quoique ses tendances ne fussent pas nécessairement bonnes, et qu'il y eût une idée juste, si elle n'avait été exclusive, et, en tout ens, sâtée par la inlousie et
l'intérêt personnel, dans le raisonnement de ses adversaires, dont le plus
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llers de Charles romper, s'étant es intelligences our du roi de I, le parti des
l'épée. Ce .nment par le ui ne pouvait 1 cas où la connent dans l’arioique ses ten- ‘eût une idée r la jalousie et
es, dont le plus
“doivent faire loyaux chrétiens, et, s’il vo
“‘requiers aussi humblement qus requérir v
“royiez plus contre le saint rovaume de France,
JEANNE D’ARC 103 puissant était toujours, après le favori la Trémoille, le chancelier Regnault de Chartres.
I ne faut pas confondre Jeanne avec le duc d'Alençon, avec le parti les gens d'épée ; il ne faut confondre avec personne cette
âme sublime qui ne respirait que la gloire de Dieu et le salut de 1
a patrie; mais il semble bien qu’en ce moment, quoiqu'ils procédassent d’une pensée mille fois plus haute, ses désirs se rencontraient avec les leurs,
Ce n’est pas, nous
avons indiqué déjà, qu'elle répugnât le moins du monde à une recon-
ciliation du roi avec le duc de Bourgogne. Le jour même du sacre (17
juillet), elle écrivit à Philippe le Bon la lettre suivante : + JÉSUS, MARIE +
“ Haut et redouté prince, duc de Bourgogne, Jeanne la Pucelle vous
requiert de par le roi du ciel, son légitime et souverain seigneur, que le
“roi de France et vous, vous fassiez bonne paix ferme, qui dure long-
‘temps. Pardonnez-vous l’un à l’autre de bon c« eur,entièrement, ainsi que
us plaît de guerroyer, allez contre les Sarrasins, Priu-- de Bourgogne, je vous prie, supplie et OUS puis, que vous ne guer- Faites retirer promptement sans tarder vos gens qui occupent plusieurs places et forteresses de ce saint royaume. Pour ce qui est du gentil roi de France, il est prêt
“de conclure la paix avec vous, sauf son honneur, et il ne tient qu'à vous “de la faire.
Et je vous fais savoir de par le roi du ciel, mon légitime
“et Souverain seigneur, pour votre bien et pour votre honneur et sur
votre vie, que vous ne gagnerez point bataille contre les loyaux Français, et que tout ceux qui guerroïient contre le saint royaume de France
guerroient contre le roi Jésus, Roi du ciel et de tout le monde, mon
Et je vous prie et requiers à mains jointes que vous ne fassiez aucune bataille ni ne guerroyiez contre nous,
légitime et souverain seigneur,
vous, ni Vos gens ou vos sujets; et croyez sûrement que, quelque nombre de gens que vous ameniez contre nous, ils n'y gagneront pas, et il y aura grande pitié de la grande bataille et du sang qui y sera répandu de ceux qui viendront contre nous, Il ÿ a trois semaines, je vous avais écrit et envoyé bonnes lettres par un héraut, pour vous prier de vous ‘rouver au sacre du roi, qui, aujourd’hui dimanche, dix-septième jour
de ce présent mois de juillet, se fait en la cité de Reims; mais je n’en
“ai pas eu de réponse et n'ai même plus eu de nouvelles du héraut. Je “ vous recommande à Dieu, Qu'il vous garde, s'il lui plait. Je prie “ Dieu qu'il mette bonne paix entre vous et le roi de France.
“ Écrit audit lieu de Reims, le dix-septième jour de juillet.”
Sur L'adresse : “ Au duc de Bourgogne.”
Dans cette lettre, comme on le voit, elle faisait sentir à Philippe le Bon, avec une noble fierté, “le bout de la lance.” Cette politique hardie qui consistait à ne négocier que les armes à la main, et à appuyer les négociations par des victoires, dut etfrayer à Reims, comme autrefois à Gien, et auparavant à Chinon et à Poitiers, le conseil royal, qui ne se sentait pas d’aise d’avoir reçu les ouvertures du puissant allié des Anglais, sans réfléchir que ces ouvertures mêmes étaient le résultat des victoires de la Pucelle et que l'issue dépendrait de nouvelles victoires. La lutte recommenca donc, ou plutôt continua, entre Jeanne et le conseil : celui-ci voulant négocier à tout prix, et, en attendant, ramener le roi derrière la Loire; celle-là ne se refusant point aux négociations, mais décidée À marcher droit sur Paris, comme elle avait marché sur Reims.
L'entreprise, il faut l'avouer, était audacieuse, Une ville comme Paris ne se prend pas facilement par un coup de main. Il importait d’autant plus de profiter sur-le-champ de l'embarras du duc de Bedford, et du désarroi qu'avaient jeté parmi ses partisans les succès foudroyants de la Pucelle. Avssitôt après le sacre il fallait ouvrir une nouvelle campagne. Le roi d'abord y semblait décidé, car le départ de Reims avait été fixé au 18 juillet; mais les politiques, profitant habilement de l'arrivée des ambassadeurs bourguignons, reprirent sur lui tout leur ascendant. Les négociations commencèrent en sa présence, et le voyage fut retardé de trois jours.
Enfin, le 20 juillet, Charles se mit en route ; mais sa marche témoigne d'une singulière hésitation. Il se rendit d’abord au prieuré de Saint- Marcoul, à environ six lieues de Reims, où il fit ses dévotions et toucha les écrouelles, que suivant une antique tradition, les rois de France, après, leur sacre, ont le pouvoir de guérir. Le 22, une petite place forte, nommée Vailly, et située à quatre lieues de Laon et de Soissons, lui ouvrit ses portes ; il s’y logea avec son armée, et envoya sommer Îles habitants de Laon, qui se soumirent de grand cœur. Le 23, il entra dans Soissons sans coup férir; il y demeura plusieurs jours. Tandis gs
qu'il y était, on lui apporta la nouvelle que Château-Thierry, Provins,
du héraut, de plait. Je prie ance,.
uillet.”
tir à Philippe le politique hardie + à appuyer les comme autrefois royal, qui ne se int allié des Anle résultat des uvelles victoires.
nne et le conseil :
t, ramener le roi égociations, mais irché sur Reims.
J]ne ville comme Il importait d’auuc de Bedford, et iccès foudroyants ir une nouvelle départ de Reims nt habilement de ur lui tout leur
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n et de Soissons, Bi
voya sommer Îles Le 23, il entra rs jours. Tandis
Thierry, Provins,
Une retraite au camp de Blois,
Coulommiers, Crécy-en-Brie et plusieurs autres places s'étaient déclarées en sa faveur. En conséquence, il se rendit à Château-Thierry le 29. Il gagna Montmirail-en-Brie, puis Provins, où trois nouvelles journées furent consumées dans l'inaction. Provins, d'ailleurs, ce n'était pas le chemin de Paris, c'était la route de la Loire.
Cependant le duc de Bedford avait joint, depuis le 25 juillet, les six mille hommes de Winchester aux forces dont il pouvait encore disposer. Il s'était ainsi composé une armée d'environ dix mille combattants, et aussitôt, profitant, avec sa vigueur ordinaire, des lenteurs du roi de France, il résolut d'entrer en campagne pour observer au moins l’ennemi, s'il ne jugeait pas à propos de le combattre. Il se porta sur Corbeil et Melun, en face de Provins. En présence de l'ennemi, Charles retrouva soudain du courage et de la décision ; la Pucelle reprit son influence, et l'on se porta de Provins jusqu'à la Motte-de-Nangis à la rencontre des Anglais. L'armée y demeura tout un jour rangée en bataille, prête à recevoir l'ennemi, Cette démonstration d'énergie eut aussitôt son eftet ; loin d’oser combattre, Bedford reprit la route de Paris. Cette retraite, ainsi que la soumission spontanée des villes au seul bruit de l’arrivée du roi, témo’gnait assez de ce qu'on pouvait entreprendre. Le conseil n’en résolut pas moins de ramener le roi à Gien; et, à cet effet, on résolut d'aller traverser la Seine à Bray, où il y avait un pont solide, et dont les habitants promettaient de livrer passage à l’armée royale.
Ce qui confirma Charles VIT dans la résolution de céder aux instances des politiques, c'est que les négociations entamées à Reims avec le duc de Bourgogne venaient d'avoir une apparence de succès ; une trêve de quinze jours avait été conclue avec ce puissant vassal; à l’expiration de cette trêve, Philippe le Bon, du moins on le disait autour du roi, s'était engagé à livrer Paris aux Français. On jugeait donc beaucoup plus simple d'aller attendre derrière la Loire l'effet de cette promesse que de tout compromettre par des coups de main sujets à échouer. Mais il était bien douteux que le duc fût sincère, et en tout cas Bedford, qui occupait la capitale, n'avait pas été compris dans le traité, L'influence de Regnault de Chartres et de la Trémoille allait définitivement triompher, quand un incident imprévu vint rompre leur dessein,
Dan: la nuit qui précéda l'arrivée de l’armée royale, une troupe anglaise se présenta aux portes de Bray, que les habitants ouvrirent,. Le lendemain matin, quand l’avant-sarde française arriva pour passer le
pont elle fut repoussée, Il fallut renoncer à traverser la Seine sur ce
D teau-' Ferté accou
tant
ient déclarées lhierry le 29.
elles journées
n'était pas le
juillet, les six core disposer, mbattants, et rs du roi de oins l'ennemi, à sur Corbeil les retrouva | influence, et ‘encontre des taille, prête à tôt son eftet :
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Seine sur ce
JEANNE D’ARC 107 point. Par un revirement soudain, le roi décidn qu'on reprendrait la route
de Paris. Les gens d'épée, c'est-à-dire l'armée tout antidre et ses princi-
paux chefs, les dues d'Alençon et de Bourbon, René d'Anjou duc de Bar, qui, renonçant À l'alliance anglo-bourguignonne, avait rejoint Charles
VII avec un corps auxiliaire ; les comtes de Vendôme et de Laval, furent
enchantés de cette décision, La Pacelle aussi en fut contente : elle n’ap-
prouvait guère la trêve qui venait d'être conclue : sa vive intelligence y
soupçonnait une déception, s’il faut du moins s’en rapporter à la lettre
suivante, qu'elle adressa le 5 août aux habitants de Reims :
“Mes chers et bons amis les bons et loyaux Français de la cité de
“Reims, Jeanne la Pucelle vous fait savoir de ses nouvelles, Elle vous prie
“et requiert que vous ne doutiez pas du succès de
la bonne cause qu’elle “soutient pour le sang royal.
Je vous promets et certifie que je ne
“vous abandonnerai pas tant que je vivrai. Il est vrai que le roi a conclu
“avec le duc Bourgogne une trêve de quinze jours, à l'issue de laquelle le
“due doit rendre Paris au roi sans coup férir. Ne vous étonnez donc pas
“si je n’y entre pas plutôt; de cette trêve qui a été f
aite, je ne suis pas “contente, et je ne sais si je la tiendrai.
Si je la tiens, ce sera seule-
‘ment pour garder l'honneur du roi, Mais en tout cas ils n’abuseront pas
‘le sang royal; car je maintiendrai en bon ordre l’armée du roi: pour
‘qu'elle soit toute prête à l'issue de ces quinze jours, s'ils ne font ja paix.
“Ainsi, mes très chers et parfaits amis, je vous prie que vous ne vous
“tourmentiez pas tant que Je vivrai: mais je vous requiers que vous
“’fassiez bon guet et gardiez bien la bonne cité du roi, Faites-moi
“savoir s'il y a aucun Oppresseur qui vous veuille
grever, et le plutôt “que je pourrai, je le ferai ôter.
Faites-moi savoir de vos nouvelles.
“Je vous recommande à Dieu. Dieu vous garde,
“Écrit ce vendredi, cinquième jour d'août, en un logis aux champs “sur le chemin de Paris.”
Sur l'adresse :“ Aux loyaux Français habitant en la ville de Reims”
De Bray l’armée se dirigea, par Provins et Coulommiers, sur Châ-
teau-Thierry, où elle arriva vers le 8 août. Le 10 août elle était à la Ferté-Milon, et le 11 à Crespy-en-Valois. Partout le
pauvre
accourait sur le passage du roi et de la Pucelle, criant : “ Noël! ” chan-
tant le Te Deum, et pleurant de Joie et de tendresse. Vivement
émue de ces démonstrations, Jeanne dit au chancelier et au bâtard d'Orléans, qui chevauchaient à ses côtés : ‘“ Voici un bon peuple, et je n'ai vu nulle part un peuple qui se réjouit si fort de l’arrivée d’un si noble
roi. Plût à Dieu que je fusse assez heureuse, quand je devrai finir mes
jours, pour &, *e inhumée dans cette terre !”” Alors l'archevêque lui deman-
da : “O Jean.te, en quel lieu espérez-vous finir vos jours ?—Où il plaira à Dieu, dit-elle, car je ne suis sûre ni du temps ni du lieu, je ne sais pas cela plus que vous; et plût à Dieu, mon Créateur, que je pusse maintement m'en retourner, abandonnant les armes, et aller retrouver mon père et ma mère, pour garder leurs brebis, avec ma sœur et mes frères, qui seraient bien joyeux de me voir!” Cette pensée de mort, la tou ‘hante mélancolie empreinte dans ses paroles, semblent indiquer que les voia: de Jeanne commencaient à lui faire entrevoir un avenir plus sombre, et que déjà elles lui révélaient à demi, en de douloureux pressentiments, l’éternelle «loire de son martyre.
Le vendredi 12 août 1429 le roi se logea à Lagny-le-Sec. Le samedi 13, l’armée campa en pleins champs près de Dammartin. Là Charles apprit que le duc de Bedford, qui le 7 lui avait écrit de Montereau, pour le défier, une lettre pleine d’injures contre la Pucelle, venait d'arriver à Mitry, où il avait occupé une forte position et rangé son armée en bataille, La Hire, envoyé en reconnaissance avec une troupe de cavaliers, escarmoucha tout le jour avec les Anglais sans grande perte ni orand résultat de part et d'autre. Il n’y eut point de bataille, Le soir même, le roi retourna à Crespy-en-Valois, et le duc de Bedford reprit le chemin de Paris,
Sur ces entrefaites, Charles envoya des hérauts aux habitants de Beauvais pour les sommer de se mettre en son obéissance, Les Anglais, de leur côté, y envoyèrent plusieurs grands personnages en compagnie de l'évêèsne Pierre Cauchon, qui leur était tout dévoué, Mais aussitôt que les habitants aperçurent les hérauts qui portaient, brodées sur leur poitrine, les armes de France, ils s’écriérent : “ Vive le roi Charles ! Quant à ceux qui, s'attachant au parti de l'évêque, refusèrent de se joindre au mouvement, ils les laissèrent libres de se retirer avec leurs biens.
Parti de Crespy-en-Valois pour se rendre à Compiègne, qui s'était également soumise, le roi se logea, le 14 août, à deux lieues de Senlis, en un village appelé Baron. Là il apprit que le duc de Bedford, ayant rallié à Louvres les renforts qu'il allait chercher dans la capitale, avait
rebroussé chemin et marchait sur Senlis. Il donna ordre à messire
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Vers 8
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le, et je n'ai ‘un si noble ‘ai finir mes le Jui deman- -Où il plaira ne Sais pas usse maintetrouver mon
mes frères, la tou-hante que les voia plus sombre,
N pressenti-
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Là Charles ntereau, pour t d'arriver à n armée en jupe de cavande perte ni lle. Le soir
ord reprit le
habitants de Les Anglais, n compagnie Mais aussitôt brodées sur roi Charles !
nt de se joinc leurs biens, e, qui s'était es de Senlis, edford, ayant apitale, avait
re à messire
\mbroise de Loré et à Poton de Saintrailles d'aller reconnaître l'ennemi,
Vers six heures du soir, les Anglais arrivèrent près d’une petite rivière
ppelée la Nonette, qui coule entre Senlis et Baron, Ils résolurent de
la traverser à gué; mais le passage était si étroit, que deux cavaliers
ulement y pouvaient passer de front, Le roi marcha en toute hâte à
l'ennemi pour le surprendre et l'attaquer durant ce passage; mais
quand il arriva à une lieue environ de distance, il s'aperçut que la plus
grande partie de l’armée anglaise avait déjà traversé,
Les deux armées
observèrent et engauèrent quelques escarmouches : mais ce fut tout, car
le soleil était à son couchant. Les Anglais se logèrent au bord de la
Nonette, et les Français campèrent à Montespilloy.
*J'envoyai chercher une épée dans l'Eglise de Sainte-Catherine de Fierbois, ”
Le lendemain, 15 août après avoir entendu la messe, le roi et son
irmée se mirent aux champs.
L'armée s’avançait rangée en bataille.
Le duc d'Alençon et le comte de Vendôme commandaient la division la
lus forte. René d'Anjou, duc. de Bar, et un autre capitaine avaient
harce de la seconde.
La troisième était commandée par les maréchaux
le Rais et de Boussac. Une aatre division, qui s'écartait souvent pour
weeler les Anglais, avait pour chefs In Pucelle, le bâtard d'Orléans,
seigneur d’Albret, la Hire et plusieurs autres capitaines. Les archers
H ‘iaient placés sous les ordres du seigneur de Graville, maître des arbalé-
riers de France. Le roi se tenait assez près de ses divisions, ayant en
sa Compagnie le comte de Clermont, le seioneur de la Trémoille et un crand nombre de chevaliers et d'écuyers.
L'ennemi s'était établi dans une forte position près d’un village. Il ne pouvait être entouré, ayant adossé sa ligne de bataille à un grand étang et à la petite rivière appelée Nonette, Il avait employé toute la nuit à creuser des fossés, et À se couvrir de ses chariots et d'un retranchement de pieux. L'avis général des chefs de l'armée française fut qu'il était impossible de forcer l'ennemi dans cette sorte de camp retranché, et qu'on ne pourrait engager d'action décisive que si le duc de Bedford consentait à s'avancer dans la plaine, En conséquence, les divisions françaises s'approchèrent à la distance de deux traits d'arbalète ou environ, et l'on fit savoir aux Anglais que, s'ils voulaient sortir de leur Camp, on se reculerait, afin de leur laisser la place nécessaire pour se ranger en bataille hors de leurs retranchement; mais il refusèrent, En vain la Pucelle vint frapper de son étendard, en manière de défi, leur fortification ; Bedford s'obstina à ne pas livrer bataille, Toute la journée se passa à escarmoucher. Les Francais s'avançaient à pied et à cheval; lesAnglais sortaient en grand nombre pour les repousser; mais ils se gardaient bien de les poursuivre trop loin, et rentraient aussitôt dans leur camp. Sur le soir, un combat plus vif s’engagea, et pensa dégénérer en bataille; mais la nuit sépara les combattants, Les Anglais se retirèrent derrière leur rempart de chariots et de pieux ; les Français regasnèrent leurs campement de Montespilloy. Le lendemain matin, Bedford, sans plus tarder, reprit la route de Paris, et l'armée française retourna de Montespilloy à Crespy, où le roi avait été reprendre son loyement dès la veille au soir. Ces entrées en campagne, toujours suivies de retraites sans batailles, ne témoignaient pas, chez le due de Bedford, d'une grande confiance dans le succès de sn cause, Par bonheur pour lui, sa prudence était at moins égalée par la timide circonspection du roi de France,
La trêve conclue avec le due de Bourgogne touchait à son terme, et Philippe le Bon ne livrait pas Paris. Quand il l'aurait voulu, il ne le pouvait point. Cependant, loin de rompre les négvociat'ons, le conseil royal, fidèle à sa politique, les poursuivait toujours avec la même activité, et persistait à préférer cette voie aux projets hardis de la Pucelle et aux tendances belliqueuses des princes du sang. Une ambassade dirigée par
te]
le chancelier Regnault de Chartres, et composée de ( ‘hristonhe d'Hareourt
"la
de Raoul de Gaucourt, de Jacques de Chastillon, seigneur de Dampierre, et
paix
Cine dans inent ivait pond beauce rea n Lannc Henri ment celui-c Beaur Ineu € Ce son en Les né velle t \nglai de Par des int faire ci faire si Le Loire, duc d’4 ler vo Saint-I Cet ‘oi, peu oumis
ieurs a
Gourna
Saintin.
rémoille et un
un village, Il le à un grand ployé toute la t d’un retranfrançaise fat > camp retrane duc de Bede, les divisions alète ou envisortir de leur ssaire pour se fusèrent. En e de défi, leur l'oute la jourt à pied et à pousser ; mais aient aussitôt gea, et pensa S, Les Anglais ux; les Franlemain matin, mée française ndre son loweajours suivies C de Bedford, bonheur pour
mspection du
son terme, et 1, ilne le pouconseil royal, 1e activité, et ucelle et aux le dirigée par e d'H:
Dampierre, et
Gournay-sur-Aronde, Remy, la Neufvillo-en-H
JEANNE D'ARO l11
le Jean Tudert, doyen de Paris, se rendit à Arras pour conférer avec
es conseillers du due de Bourgogne, Parmi ceux-ci, un grand nombre,
i l'on en croit le chroniqueur bourguignon Monstrelet, inclinaient à la
paix et n'auraient pas demandé mieux que de la signer, Le due lui-
meme, qui voyait s'affaiblir de jour en Jour la cause anglaise, et à qui,
dans le fond, la Pucelle faisait grand'peur, n'y répugnait pas absolu-
ment; mais il hésitait À abandonner cette politique de duplicité qui lui
ivait jusqu'alors assuré l'indépendance, et, jusqu'à un certain point, la pré-
pondérance dans les affaires.
Bedford, que ces négociations inquiétaient |
'EAUCOUP, eb qui craignait toujours que son allié ne lui échappât, chur- | 8 | I
sea maître Jean de Thoisy, évêque de Tournai, et messire Hugues de
Lannoy, de rappeler au duc le serment solennel par lui juré au roi
Henri. Philippe le Bon prôta l'oreille à leurs avis, sans rompre absolul Ï
ment les pourparlers avec le roi Charles. Il résolut même d'envoyer à
celui-ci une ambassade, composée de Jean de Luxembourg, seigneur de Beaurevoir; de Hugues de Cayeu, évêque d'Arras: de David de F
meu et du seigneur de Charny.
3ri-
Ces envoyés rejoignirent Charles VII à Compiègne, où il
son entrée le LS août, et où Regnault de Chartres l’ét;
avait fait uit venu retrouver.
Les négociations continuèrent. Elles aboutirent, le 28 août, à une nou-
velle trêve qui devait durer Jusqu'à Noël et où devaient être compris les
Anglais. Le duc se réservait le droit d'employer ses forces à la défense
de Paris. Cette clause fut insérée dans le traité parce que, en présence des intentions manifestées par Jeanne d’Are, le conseil royal n’osa point Jeanne, en effet, était décidée à
l'aire sur la capitale une entreprise, une “ vaillance d’
faire comprendre Paris dans la trêve.
») armes ,
Le 23 août, renouvelant l'initiative qu'elle avait prise à Gien-sur- L Il
Loire, quand il s'agissait d'entraîner le roi vers Reims, elle avait dit au
duc d'Alençon : “ Mon beau duc, faites appareiller vos gens, et rassem-
bler vos capitaines ; je veux aller voir Paris de plus près que je ne l'ai
vu.” Trois jours après, le vendredi 26 août 1429, Jeanne campait à
Saint-Denis-en-France avec son armée.
Cette entreprise de Jeanne fut très désagréable au conseil royal. Le
oi, peu satisfait lui-même, quitta Compiègne et vint à Senlis, qui s'était oumis depuis plusieurs jours. Il y reçut encore la soumission de plu-
ieurs autres villes et forteresses : Creil Pont-Sainte-Maxence, Choisy,
re fu iOCT
2, Mognay, Chanüiliy, Saintines, Mais ces succès ne l’'encouragèrent point À une politique plus