‹ Jeanne d'Arc [microforme]Chapitre 36 sur 59 · DRE RER · texte numérisé non relu

DRE RER

Jeanne chassant les fi mmes de mauvaise vie.

et de la prendre dans ses propres paroles, Mais cette tactique fut sou-

vent déjouée par l'admirable bon sens, la lucidité et la finesse de la vierge (

de Domremy, aidée du secours surnaturel de ses voir. t

Au commencement de la quatrième séance, le mardi 27 février, Jean [

Beaupère, affectant de se montrer bienveillant, lemanda à Jeanne, d'un (

ton plein de douceur, comment elle s'était portée, depuis le dernier inter- à

rogatoire, “ Vous voyez bien comment je me suis portée, répondit-elle ; q

je me suis portée le mieux que j'ai pu.— Jeûnez-vous chaque jour du (e]

présent carême ?— Est-ce de votre procès ce que vous me demandez là ? ” l

} répliqua Jeanne; puis elle ajouta: “ Certainement j'ai toujours jeûné d 4 pendant ce carème.” Le docteur la rersit alors sur ses voix, et sur ce ci point il la pressa sans miséricorde, Jeanne ne refusa pas de donner r'e

d quelques détails, “Ses voix, dit-elle, le lui avaient permis.” Elle refusa E de tout dire, n'en n'ayant pas reçu licence expresse. Interrogée si ses s0 voix lui avaient commandé de prendre des habits d'homme: ‘“ Pour l'ha- C bit, dit-elle, c'est peu de chose: c'est moins que rien. Je n'ai pas pris vo cet habit par le con d'homme qui soit au monde. Je n'ai rien fait JE sinon par l'ordre de Dieu et de ses anges” Elle renvoya, à plusieurs au reprises, l'interrogateur au fameux registre de Poitiers: “Je voudrais dr bien, dit-elle, que vous eussiez une copie du livre qui est à Poitiers, L' pourvu toutefois que ce fût aussi la volonté de Dieu.” Elle persista à Je: éluder les questions concernant le roi. “Y avait-il quelque ange sur la “J tête de votre roi quand vous le vites pour la première fois ?—Par Notre- Dame! s'il y en avait un, je n'en sais rien, je ne l'ai pas vu.—Quelles qu révélations eut votre roi ?—Vous n'aurez pas encore cela de moi cette enf année,” On l'interrogea ensuite sur son épée, son étendard, sa blessure par devant la bastille du pont d'Orléans, la prise de Jeargeau, etc.; puis la obé séance fut levée. dev Le cinquième interrogatoire publie eut lieu le ler mars. Jeanne, 1 à le sommée une fois de plus de prêter un serment pur et simple, ayant cop répondu : “Je vous dirai ce que je sais touchant ce procès; je vous en Pall dirai autant que si j'étais devant le pane, à Rome |” cette dernière parole É dev: fournit à Cauchon l'occasion d'interroger Jeanne sur un point quil que jugeait de nature à l'embarrasser. Au mois de juillet 1429, avant l’ab- un : dication de l'antipape Clément VIII la Pucelle avait reçu du comte pas d'Armagnac une lettre par laquelle il la suppliait de demander à Notre- tion Seigneur Jésus-Christ, pour le lui faire savoir, quel était des trois pré- Êtes tendants au souverain pontificat ie pontife légitime, celui à qui on devait men!

qu'el

ique fut sou-

e de la vierge

février, Jean Jeanne, d'un lernier inter- ‘épondit-elle ; que jour du mandez là ? ” ujours jeûné it, et sur ce 4 de donner ? Elle refusa rrogée si ses

“ Pour l'han'ai pas pris v'ai rien fait , à plusieurs “Je voudrais st à Poitiers, le persista à ange sur la —Par Notrevu.—(Juelles de moi cette 1, sa blessure

etc.; puis la

rs. Jeanne, simple, ayant ; Je vous en rnière parole | point qu'il }, avant l’abu du comte der à Notrees trois pré-

qui on devait

obéir, Ces trois prétendants étaient, selon le comte d'Armagnac, Murtin V, Clément VIII et un certain Benoît

XIV, qui, après la mort de Benoît XIII, aurait été élu secrèt

ement à Péniscola, en Opposition à Clément VIII, par le seul c urdinal de Saint-Étienne.

Si l’on s'en rapporte à une réponse insérée au procès, J

canne aurait remis la solution de cette

question au temps où elle serait entrée dans Paris, étant pour

lors trop occupée au fait de ln cuerre,

Clément VIIT ayant abdiqué le 26 juillet

1429, Martin V, reconnu par l'univers catholique, n'avait plus, au temp

du procès, aucun réel concurrent : car il n'était pas possible de tenir

compte du problémati jue Benoît XIV. (

‘auchon toutefois feignant de recarder la

question comme encore douteuse, demanda à l’accusée :

‘ Vous parlez de notre seioneur le pape de Rome,

Qui croyez-vous qui soit le vrai

papef— Y en a-t-il donc deux ?”

répondit Jeanne. — CAUCHON: ‘“N

AVEZ-VOUS pas reçu une lettre du c

omte d'Armagnac, vous demandant auquel di

»s trois souverains pontifes il devait obeir ?

JEANNE: “J'ai reçu, en effet, une lettre à ce sujet. J'ai répondu, entre

autres choses, que quand je serais à Paris ou ailleurs, en repos, je répon-

drais. J'étais sur le point de monter à cheval quand je fis cette réponse,”

L'évêque de Beauvais tit alors donner lecture de la lettre attribuée à

Jeanne, puis il demanda à l'accusée si elle en reconnaissait les termes.

‘Je reconnais une partie de cette réponse, dit Jeanne, mais non le tout. e Vous saviez, par le conseil du Roi des rois, À quoi le comte devait s’en tenir 2 Non ;

— avez-vous pas dit qu

là-dessus je ne sais rien, — Mais

enfin vous étiez au moins dans le doute 2—Je ne savais que répondre, parce que le comte me suppliait de lui munder à qui Dieu voulait qu'il

obéit; mais. quant à moi, Jeanne la Pucelle, je crois et tiens que nous devons obéir à notre saint-père le pape qui est à Rome. J'ai encore dit à l'envoyé du comte une autre chose, qui n’est point contenue dans cette Copie que l'on vient de lire, Si cet envoyé ne se fût re

tiré bien vite, on l'allait jeter à l'eau, mais non par mon ordre.

— Vous dites que nous

devons obéir au pape de Rome : pourquoi donc avez-vous écrit au comte

que Vous lui répondriez plus tard là-dessus —Ma réponse portait sur

un autre point que sur le fait des trois souverains pontifes, —N'avez-vous pas écrit que sur le fait des trois souverains pontifes vous auriez révélntion de Dieu ?—Je n'ai Jamais rien écrit ni fait écrire sur ce point.— à jurer cela /—J'y consens.” Et, en effet elle nrAs

EL : rCUU

SU

Etes-vous prête

prêta :

ment. Cauchon alors, après une question sur les mots Jésus, Ma

qu'elle avait coutume de mettre en

{et À PR

ête de ses lettres, lui en adressa

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plusieurs sur ln-fameuse lettre aux Anglais S'exaltant tout à coup à la pensée des ennemis de son pays, Jeanne, comme éclairée des lumières

: l'Esprit-Saint, s'écrin d'une voix prophétique: “Avant que sept ans s it écoulés, les Anglais perdront un plus grand gage qu'ils n'ont fuit levant Orléans, Les Anglais auront une plus grande perte qu'ils n’en ont jamais eu en France: et ce sera par une grande victoire que Dieu enverra aux Français, Comment le savez-vous ?—Je le sais par révéla tion, C'ela arrivera avant sept ans; et pourtant je serais bien en peine que cels Fat tant différé. Je sais cela par révélation; j'en suis aussi

re que de vous voir là devant moi.—Quand celn arrivera-t-il ?—Je ne

sais ni le tour ni l'heure En quelle année ?— Vous n'aurez pas celn de moi. Je voudrais bien que ee fût avant ln Saint-Jean. \VeZ- VOUS pas dit à Jean Gris, l'un de vos gardiens, que cela arriverait avant la Saint-Jean 2—J'ai dit qu'avant la Saint-Jean d'hiver on verrait beaucoup de choses. Il se pourra que les Anglai ent écrasés. Par qui savezvous ces choses à venir /—Je les sais } sainte Catherine et sainte Marguerit: Cette réponse ramenait nat lement le sujet des visions

Pendant tout le reste de l'interrogatoire, qui fut long, Jennne fut acca-

blée à cet égard de question Avec la précision subtile, bonne en elle: méme, dont la théologie scolastique leur avait donné l'habitude, et que leur malveillance était toute dispos: à porter hors di justes bornes, les juges s'efforçaient d'obtenir des renseignements détaill ur l’aspect

matériel et les formes visibles des apparitions de Jeanne. Avaient-elles un corps, des cheveux? Quelle lanvue parluient-elles ? Saint Michel portuit-il une balance ? ete. Jeanne répondit sur quelques points. Elle dit pur exemble que les saintes avaient de magnifiques couronne que leur voix était belle, humble et douce: qu'elles parlaient français “Sainte-Marguerite’parle-t-elle anglais ? demanda Cauchon.—Comment parlerait elle anglais, repartit la naïve enfant, puisqu'elle n'est pas du parti des Anglais ?2—Sait Michel est-il nu ?— Pensez-vous que Dieu n'ait pas de quoi le vêtir?” Sur beaucoup de points elle éluda les questions indiscrètes de son persécuteur, mais elle laissa entrevoir qu'elle serait délivrée dans trois mois, sans se douter que cette délivrance prédite par ses voir, C'était la mort. En ce qui concernait le signe que Jeanne avait donné aa roi de la vérité de sa mission, l'accusation, trompée sans doute par la rumeur populaire, avait fait fausse route, et voulait absolument obtenir de l'accusée un récit détaille d'apparitions surnaturelies qu'uu -

rait eues Charles VIT. La Pucelle persistait à ne pas s'expliquer sur ce

On

sur

prop

es gen heur ?

trais m

divins :

des mes fait, ce quils n

que vou

ut À coup à les lumières ae sept ans s nont fait qu'ils n'en re que Dieu par révéla.

n én peine suis aussi:

il ? Je ne pas cela de ivez- Vous ivant ln it beaucoup qui savez:

e et sainte des à isions, e fut accunne en elleucle, et que tes bornes, sur l'aspect vaient-elles nt Michel ints. Elle nnes; que t français Comment 536 pas du Dieu n'ait s questions elle serait rédite par anne avait sans doute .bsolument iies qu'uu -

uer sur ce

point: # Vous ne m'arrucherez pas celn,. .; j'ai promis de le tenir secret Le secret du roi n'étant pas le sien né puis vous dire cela s

ans Comtiettre un parjure,” la séance sans avoir rien obtenu,

Le sixième et dernier interrowat ire publie eut lieu le On commença pur rebattre |

sur les habits d'hotume,

propos de son étendard : “ N'avez-vous pus dit que |

EE

LEE Fen,inl

ibitants arrivent en foule au camp royal,

les gens d'armes faisaient faire à In ressemblanc. du vôtre portaient bonheur ?—Je leur disais: Entrez h diment parmi les Anglais: et jy entrais moi-même.” On l’aceusu de s'être laissé rendre des honneurs presque divins: ‘Savez-vous si les gens de votre parti ont fait dire des services, des messes, des oraisons en votre honneur ?—Je n'en sais rien; s'ils l'ont

Mais s'ils ont prié pour moi m'est

fait, ce n’est pas par mon ordre, : BVIS auils n'ont point fait mal.—Ceux de votre parti croient-ils fermement que Vous venez de la part de Dieu ?—Je n’en suis rien, je m'en rapporte

vlle ne vouluit pas le révéler, “Je

Cauchon dut lever

sarie li 3 murs.

u thème ordinuire des \ isions, puis on revint On chercha à la convaincre de superstition à

es panonceau que

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