‹ Jeanne d'Arc [microforme]Chapitre 45 sur 59 · VOUS pour me décider ? dit · texte numérisé non relu

VOUS pour me décider ? dit

elle, — Décidez.vous sur-le.ce

hamp,” reprit Cauchon, Muis Jeanne avait

déjà repris toute son assurance, et elle refusa d'en dire davantage, La séance fut levée,

La perte de la Pucelle était à peu près certaine, et son juge aurait pu qui continuait à envelopper le fame depuis que la fiction de l'ange s'était é

recueillis par l'accusation, ol

s’en tenir là, Mais le doute ux secret,

vanouie devant les renseignements

sédait Pierre Cauchon. qui,

toujours poussé par les Anglais, aurait bien v

oulu connaître à fond la vérité sur

r de dompter par la terreur lintr, de lui arracher ainsi des av

ce point, ‘pide jeune fille, et

eux complets, Le mercredi 9 mai 1431, il la fit donc mener dans la chambre

11 résolut d’essaye

de torture, où il se rendit lui-même accompagné de neuf assesseurs.

“Jeanne, lui dit-il, sur beaucoup

n'avez pas dit la vérité, Nous sav quelles se joignent d'autres preuves et de véhémentes présomptions, Il est temps maintenant de faire des aveux ; satisfaire, vous voyez dev

de points de votre procès vous ons cela par diverses informations aux-

Car, si vous refusez de nous ant vous les exécuteurs de mes or

dres, et les instruments de torture dont ils sont prê

ts À faire usage Pour vous ramener dans la bonne voie, vous contraindre

à reconnaître et à confesser la vérité, procurer, en un mot, le salut de v

otre corps et de votre âme, que exXposez gravement par vos fictions me

Jeanne répon/!

vous nsongères,” bt: “En vérité, quand vous dev

riez me faire déchirer les membres et me faire partir l’

âme hors du Corps, je ne y

ous dirais autre chose; et si je faisais queique aveu.

je dirais toujours après que Elle ajouta que le jeudi précédent, 3 de la sainte Croix, l'ange Gabriel l'était v visiter; “et croyez que ce fut saint Gabriel” Au l'heure du supplice et de la délivrance a saint Michel, comme le dit forte

vous me l’avez arraché par torce.” mai, jour de l’Invention enu moment suprême, pprochant, l'archange des batailles,

ment et ingénieusement M. Michelet, fai-

sait place à saint Gabriel, l’archange de la grâce et de l'amour divin, Elle dit aussi “ qu’elle avait de

siandé à ses voix si elle de l'Église et obéi

; rs DEir aux ciercs

vait se soumettre qui ia pressaient fort de se soumettre,

et que ses voix lui avaient répondu de s’en rapporter à Notre-Seisneur, si elle voulait qu'il lui vint en aide”, —“ Je leur ai demandé si je serais brûlée ; elles m'ont répondu de m'en rapporter à Notre- Seigneur, et qu'il m'aiderait,

—Pour le signe et la couronne, qui, dites-vous, fut apportée par un ange eb remise à l'archevêque de Reims, voulez-vous vous en rapporter à ce prélat ? — Faite-le venir, et que je l’entende parler ; il n'oserait dire le contraire de 2e que je vous dit.”

Cauchon vit bien qu'il n'obtiendrait pas les détails qu'il désirait ; et, de peur sans doute de compromettre la vie de l’aceusée, si précieuse aux Anglais, il renonça provisoirement à l'emploi de la torture. Il y renonça définitivement, de l'avis de onze assesseurs contre trois, dans une séance qu'il tint en son domicile, le samedi 12 mai. Les trois assesseurs qui votèrent pour que Jeanne fût soumise à la question furent Aubert Morel, Thomas d urcelles et Nicolas Loiseleur.

Cependant le procès touchait à son terme. Le samedi 19 mai 1431, l’évêque réunit dans la chapelle de l’archevêché de Rouen cinquante et un assesseurs, pour leur donner connaissance de la réponse de l’université de Paris, et provoquer de leur part une délibération définitive. La réponse était aussi défavorable à l’accusée que Cauchon l'avait pu désirer. La faculté de théologie et la faculté de droit canon s’accordaient pour approuver la façon dont la procédure avait été menée et pour déclarer Jeanne hérétique, ou du moins violemment suspecte d’hérésie. Ses visions étaient déclarées ‘“mensongères, séductrices, pernicieuses”, à moins qu'elles ne procédassent “des mauvais esprits, des démons de Bélial, Satan et Béhémot”. La faculté de droit canon ne se bornait pas à qua lifier les fait qui lui étaient soumis, elle donnait son avis sur la marche à suivre : “Si la susdite femme, dûment avertie et charitablement exhortée par le juge compétent, ne rentre pas de son plein gré dans le sein de l'unité catholique, et refuse d’abj . publiquement son erreur, il convient de la livrer au juge séculier, pour qu’elle subisse une peine proportionnée à son crime.” Les assesseurs se rangèrent unanimement à l'avis de la grande université. Quelques-uns même, trouvant la cause suffisamment entendue, voulaient que la sentence fût rendue le plus tôt possible, sans autre formalité, Mais la majorité demanda qu'avant tout une nou elle exhortation fût adressée à l’accusée; et Cauchon, sûr maintenant de son fuit, accéda volontiers à ce désir.

En conséquence, ie imercredi 23 mai, l'évêque et le vice-inquisiteur,

ass pri née noi dév sur Puc goùû

d'en

les s

Jeanne ne se f sance À La rique :

procès, encore soyez p tante, o

-Seisneur, i je serais

ur, et qu'il

tée par un rapporter

serait dire

sirait ; et, ieuse aux y renonça ine séance sseurs qui

nt Aubert

mai 1431, ante et un université itive, La ou désirer.

dent pour r déclarer ésie. Ses 7”, à moins de Bélial, as à qua * a marche tablement é dans le nm erreur, ane peine nement à Ja cause plus tôt vant tout

sûr main-

quisiteur,

Jeanne, Jeanne elle-même é

ne se fit pas faute de lui laisser voir que c'était | sance à l'Église qu’on n'avait cessé de r

rique: “ Quant à mes actes et À mes procès, je m'y rapporte, et je les veux soutenir,” encore la redoutable question :

soyez point tenue de soumettre vos nctes et v tante, où à d'autres qu’à Dieu ?

assistés des évêques de Thérouanne et de Noyon, e prirent séance dans une salle née à la barre du tribunal.

noine de Rouen, c

t de sept assesseure,

du château de Rouen, La Pacelle fut ame-

Pierre Maurice, dosteur en théologie, cha-

harvé d’exhorter l'accusée, prit

aussitôt la parole, Il développa en douze points ]

à substance des douze

articles et rapporta sur chacun d'eux l'opinion de l'université. Après quoi il adressa à In Pucelle une allocution pathétique, une vraie pièce d’éloquence dans le goût du temps, c'est-à-dire où s'étalait une phraséologie pompeuse, pleine

lumière de toutes allait point croire aux révél

d'emphase et de mauvais goût. L'université, “cette

les sciences,” ayant déclaré quilnef ations de

Jeanne à la Cour.

tait sommée de renier sa m ission, et le docteur à préciséinent cette obéis:

éclamer d'elle,

La Pucelle fit à ce morceau oratoire une réponse brève et catéco-

paroles, tels que je les ai déclarés au

On lui posa une fois

7 Pensez-vous, croyez-vous que vous ne

os paroles À l'Éal

Ë & 1 4481180 IMili-

— Quand bien même on me conduirait

mi ee

Sn eener

pannes

au supplice, quand je verrais le bûcher, le bourreau prêt à y mettre le feu; quand je serais dans le feu, je ne dirais autre chose, et je soutisndrais ce que j'ai dit au procès juequ’à la mort.” Cauchon se leva, et après avoir demandé selon l'usage, au promoteur d’abord, puis à l’accusée, s'ils n'avaient rien à dire de plus, sur leur réponse négative, il déclara que le procès était clos et la cause entendue, et remit au lendemain pour prononcer publiquement la sentence,

À travers les détours de ce procès téaébreux, où la malice humaine avait voulu égarer l’élue de Dieu, la vierge de France a pu hésiter, se troubler et même errer par instants; elle n’a jamais perdu la foi, qui fa'sait sa force. Elle a gardé inébranlable sa sublime confiance en Jésus- Christ, en sa cause, en elle-même. Elle est demeurée catholique, elle est aemeurée française, La noirceur de ses ennemis n’a réussi qu'à faire brilier d’un plus vif éclat sa céleste auréole. La lueur en doit croître encore, en dépit d’un moment de faiblesse, sitôt et si glorieusement racheté. J'en atteste ces deux tristes lizux, témoins de son agonie: le

cimetière Saint-Ouen et la place du Vieux-Marché.

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