AVRIL
lorsque d'enfant elle fut devenue Jeune fiïle, son père hésitait à la laisser isolée au milieu des champs, et il préférait que, s'occupant au logis, elle demeurât auprès de sa mère. Parfois cependant elle mena paître les brebis de son père, et aussi le troupeau communal quand c'était le tour de Jacques d’Are d'y donner ses soins. Elle conduisit, de temps à autre,
à cause des incursions des gens de guerre, son troupeau à l'abri d’une
forteresse située en face du village, dans une île formée par les deux
bras de la Meuse, et que l'on appelait pour cette raison la forteresse de l'Isle. Mais il fallut, un Jour, se réfugier plus loin, A une époque indéterminée, l'ennemi, probablement quelque bande bourguignonne, passa par Domremy. Les habitants s'étaient enfuis à son approche, et réfugiés à Neufchâteau, ville située à quelque distance, avec leurs meubles et leurs troupeaux. Jeanne y séjourna pendant une quinzaine de jours ; mais elle ne fut point séparée de sa famille, à laquelle une honnête femme, nommée la Rousse, qui tenait une hôtellerie, accorda, l'hospitalité, Jeanne, en retour, ne refusa point son aide à l'hôtesse, jusqu’au moment où elle revint avec ses parents dans son village, En son enfance, bien qu'elle eut de bonne heure l'âme sérieuse et réfléchie, elle ne s’abstenait point de se mêler aux jeunes filles et aux jeunes garcons de Domremy, de courir avec eux dans la plaine et de s'ébattre innocemment, De la maison de son père on voyait à droite, un peu plus loin, sur la pente du coteau qui descend vers la Meuse, et auquel s’adosse le village, un épais, un sombre bois de chênes, Le bois chesnu : un peu plus bas, vers le milieu de la colline, s'élevait un beau hêtre, d'une vénérable antiquité,et dont les branches, chargées de feuillages verdoyants, s'inclinaient vers le sol avec grâce et avec majesté. Cet arbre qu'on appelait l'arbre aux Loges-des- Dames ou l'arbre fée de Bourlemont, avait dans toute la contrée une renommée mystérieuse, Les fées, disait-on, y venaient autrefois danser, La femme du maire Aubery, marraine de Jeanne, affirmait les y avoir vues, Elle le croyait, la bonne femme : mais sa filleule ne fit pas sans doute un bien grand cas de cette créances : car, pour elle, les fées étaient son moindre souci. Jamais elle ne les vit près du hêtre, bien que parfois elle s'y rendit pour jouer avec ses compagnes. Tous les ans, le quatrième dimanche de carême, appelé dimanche de Leœtare, les enfants de Domremy allaient faire ce qu'ils appelaient leurs fontaines. Munis de petits pains préparés par leurs mères, ils se dirigeaient vers l’arbre en chantant, La troupe joyeuse, se tenant par les
mains, frappant des pieds, formait des rondes autour du vieux tronc ;
re hésitait à la laisser CCupant au logis, elle
puis, se répandant çà et là, on cueillait des fleurs, on tressait des guirlandes qu’on suspendait aux rameaux du hôtre, En revenant au
village, on s’arrêtait près d’une fontaine qu'environnaient des toufles de
; elle mena paître les quand c'était le tour isit, de temps à autre, oupeau à l'abri d’une
formée par les deux
aison la forteresse de loin. A une époque ande bourguignonne, s à son approche, et distance, avec leurs endant une quinzaine mille, à laquelle une ie hôtellerie, accorda son aide à l’hôtesse, 1s son village, ure l’âme sérieuse et Jeunes filles et aux dans la plaine et de on voyait à droite, un rs la Meuse, et auquel s, le bois chesnu : un nm beau hêtre, d’une euillages verdoyants, 6. Cet arbre qu'on le Bourlemont, avait Les fées, disait-on, \ubery, marraine de : bonne femme ; mais le cette créance ; car, s elle ne les vit près avec ses Compagnes.
ippelé dimanche de ils appelaient leurs
L'arbre des fées.
s mères, ils se diri-
groseilliers, Les enfants, s’asseyant sur l'herbe, y faisaient leur goûter
>, se tenant par les irugal ; ils buvaient délicieusement de l'onde fraîche, et l’on prenait
ensuite le chemin du logis en jasant et en riant, Jeanne prenait part
ur du vieux tronc ;
avec les autres à cette petite fête ; travaillant, toute jeune encore, comme:
une sage ct habile ménagère, elle se divertissait comme une simple fille des champs.
Son âme étant pleine de franchise et son cœur de bonté, elle aimait ses compagnes et en était aimée, Mais, entre toutes, elle en avait distingué deux ; la petite Mengette, sa voisine, qui plus tard épousa Jean Joyart, laboureur à Domremy, et sa chère Hauviette, ou Haumette, la préférée, qui fut mariée, elle aussi, à un laboureur du même village, Jean.
de Sionne. Sans doute en leur vie paisible, tout entière écoulée dans le lieu qui les avait vues naître, bien des fois les larmes leur vinrent aux yeux au souvenir de leur amie d’enfance, morte à Rouen sur un bûcher. Mais alors elles riaient avec elle et la chérissaient, la jugeant une parfaite compagne, quoique peut-être, à leur avis, un peu trop pieuse, et se dérobant trop volontiers à leurs jeux pour aller prier Dieu ou Notre- Dame. Mais sur ce point Jeanne ne savait pas céder, bien que parfois un tel reproche, si glorieux pour elle, la rendit un peu confuse, et que sa modestie en ait rougi.
C'est qu’en effet le trait dominant du caractère de Jeanne était une piété innée, une foi ardente, un vif amour de Dieu. Chez la jeune Paysanne, ces sentiments étaient simples et forts ; mais ils n'étaient pas, comme on l'a cru, poussés jusqu’à l’exaltation fiévreuse et parfois subtile de l'illuminisme. La raison, le bon sens, étaient en elle aussi solides que la foi et la piété. Comme l'a dit avec une parfaite justesse M. Wallon, la Lorraine et la Champagne ne sont pas des pays de visionnaires, et Jeanne avait bien l'esprit de ces deux pays. L'énergie de son âme, capable des plus sublimes élans, s’alliait à une naïveté pleine de finesse, et qui laissait à l’occasion percer une pointe de raillerie, mais de raillerie douce et presque toujours inoffensive, Jeanne était vive et gaie, non moins que sérieuse et réfléchie : car ces qualités ne s’excluent point. Ses saillies spirituelles et ses promptes reparties font songer au sire de Joinville ; mais elles sont adoucies et comme amorties par cette charité sensible qui se manifesta toujours en elle, et qui est aussi un des traits dominants de son caractère. L'enthousiasme, le bon sens, la finesse, étaient mêlés et comme confondus dans cette âme d'élite, que Dieu avait formée avec amour, parce qu'il la destinait à accomplir ses grands desseins.
Dès son plus jeune âge, on la vi
accomplissait ses devoirs religieux, non pas seulement avec régulurité et.
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persévérance, mais avec un goût merveilleux et un ineffable plaisir, Ses confessions étaient fréquentes, et elle communiait très souvent, cherchant la consolation et la force où Dieu les a mises. Elle aimait à épancher dans la prière l’effusion de sa piété, à confier à Dieu, à la sainte Vierge, aux anges, aux saints, ses peines et ses espérances. On l’aperçut souvent qui priait toute seule, agenouillée dans l’église. Parfois, jouant avec ses compagnes, elle s'écartait soudain, et s'adressait à Dieu au milieu des champs. Elle se rendait très fréquemment à une petite chapelle originairement placée sous le vocable de saint Thiébaut, mais où l’on vénérait une statue antique de la sainte Vierge, et qu’on appelait, à cause de cela, Notre-Dame-de-Belmont, parce qu'elle était située sur un riant coteau, à quelque distance de Domremy. Elle y faisait de nombreuses offrandes etelle y brûlait des cierges. Parfois, tandis que ses compagnes folätraient
autour du vieux hôtre, près de la fontaine qu’on appelle aujourd’hui
fontaine de lu Pucelle, Jeanne s'en allait prier dans un autre oratoire
alors déjà ruiné et qu’on nommait l’Hermituge Sainte-Marie. Elle allait fréquemment aussi, cela va s’en dire, prier dans l’église paroissiale. Elle se plaisait en particulier dans la chapelle de la sainte Vierge, aux pieds de Notre-Dame de Domremy, et elle y suspendait des guirlandes qu’elle avait faites, ce qui lui semblait plus méritoire que d’en orner les rameaux d'un arbre. Elle aimait le son des cloches, et quand le marguillier du village, Perrin Drapier, négligeait de les mettre en branle, elle le gourmandait doucement, disant que ce n'était pas bien, et lui promettant, s’il était plus exact, de lui donner des gâteaux. La première des vertus
chrétiennes, qui consiste à aimer Dieu et à le servir, était donc en elle :
elle l’exerçait par la prière et de pieuses méditations,
Docile à la volonté de ses parents, chérie dc es frères, de sa sœur et de ses compagnes, elle était bonne et serviable à tous. C'était une joie pour elle de faire l'aumône aux malheureux. Elle faisait plus : on la vit quelquefois céder son lit à des mendiants qui n’avaient point de gîte. Elle dormait, ces nuits-là, près de l’âtre, sous la haute cheminée de la
chaumière. Les malades se réjouissaient de la voir accourir à leur che: :t
pour leur prodiguer ses humbles secours et ses douces consolations. Elle comprenait et pratiquait admirablement le second devoir du chrétien : aimer son prochain comme soi-même.
L'amour de la patrie, qui s'accorde si bien avec les vertus de famille
La A ni À À À 1 À Var Oo MOomMA © rest re!
et le piété chrétienne, et qui y trouve même son ;
me appui, avait
été déposé par Dieu dans l’âme de la jeune fille comme un puissant
ressort que sa providence voulait faire agir pour l’accomplissement de l'œuvre à laquelle il destinait Jeanne. Ce sentiment ne fit que croître et se fortifier en elle, à mesure qu'elle put mieux comprendre et plu.
ment sentir toute l'étendue des maux que la
ve guerre étrangère et les
discordes civiles faisait peser sur Ja France, Outre ce qu'elle entendait
dire dans sa chaumière et dans son village, elle put voir dans les combats
d'enfants qui souvent s'engageaient entre les jeunes garçons de Domremy
et ceux d’un village voisin, de Maxey, dont les habitants suivaient le
parti de Bourgogne, une image de la guerre qui désolait le royaume, En
voyant revenir ses petits compagnons meurtris, le visage et les mains en
sang, elle se représentait sans doute des luttes plus dangereuses et de plus cruelles blessures. Ce n’est pas tout : bien que la vallée de la haute
Meuse fût située fort loin du vrai théâtre de la guerre, elle en ressentit
cependant le contre-coup et eut aussi à souffrir des horreurs qui résul-
taient du choe où même de la simple présence des gens armés, Domremy
fut loin d’être exempt de leurs incursions. Une fois même, dit-on, sans
qu'on sache bien en quel temps ni à quelle occasion, le village fut
incendié, Mais, si vive qu'ait pu être l'impression reçue par Jeanne des
maux de la guerre, ce sentiment de douleur et de pitié avait besoin, pour
fructifier dans son âme au point de produire le salut de ln patrie, d’une
intervention miraculeuse, Dès l'âge de treize ans, l’'humble paysanne
avait reçu directement les consolations, les conseils, les ordres célestes. La première fois que la Providence, se manifesta à elle d'une façon sensible, ce fut en été, vers l'heure de midi, dans le jardin de son père. Jeanne avait jeuné ce jour-là, mais non pas, comme on l’a cru, le jour précédent. Elle entendit du côté de l'église une v
accompagnée d’une grande lumière :
oix, et cette voix était
“Jeanne, sois bonne et pieuse, va souvent à l'église.” Tel fut, à défaut des termes, le sens des paroles qui
lui furent adressées, Elle eut grand’peur à cette fois. Mais l'apparition revint, la voix se fit de nouveau entendre, et, après avoir assez longtemps
douté du vrai caractère de ces célestes messages, Jeanne enfin reconnut
que son inspirateur était réellement un être céleste, le chef des milices
divines, l’archange saint Michel. Elle ne cessa plus depuis lors de le
revoir de temps à autre. Il se montrait à ses yeux environné d’une
multitude d’anges, lui parlait des malheurs de la France, et lui annonçait
qu'elle devait aller au secours du roi.
Un+ pauvre paysanne secourir le roi de France ! Il y avait là de quoi prendre cette âme forte mais naïve
, de quoi épouvanter ce cœur
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LE SAMEDI
humble et pur, Ce qu'on lui demandait au nom de Dieu, c'était le sacrifice de sa vie entière à une œuvre providentielle, un renoncement absolu à elle-même, aux douces joies de la famille, à la cnlme existence qu'elle pouvait couler dans son village. Pendant trois années, de 1425 à 142$, elle souffrit bien des angoisses ; mais l’archance la réconfortait, lui promettant que Dieu lui serait en aide, Sentant bien qu’un jour viendrait où il faudrait nécessairement qu’elle accomplit les desseins de la Providence, elle avait spontanément voué au Seigneur sa virginité, comme un signe marquant qu'elle appartenait désormais au ciel et non plus à la terre. Quoique l'Esprit qui l’inspirait lui eût laissé toute liberté à cet égard, elle tint secrète la mission qui déjà, maloré ses frayeurs, ses objections, ses résistances, exerçait sur son âme et sur sa volonté un empire souverain ; et, de peur de leur faire de la peine, elle n'épancha point ses sublimes douleurs dans le sein de ses bons parents, Mais, à défaut de confidents humains, elle conversa désormais, et eut, pour ainsi dire, un continuel entretien avec deux grandes saintes, Catherine et Marguerite, que l'envoyé de Dieu lui avait annoncées, et qu'il lui donna pour conseils, Ces visions, qui lui procuraient de si ineffables joies ; ces voix, qui lui apportaient des consolations, des espérances surnaturelles, elle crut devoir les cacher même à son confesseur, de peur que la volonté de Dieu, qui la faisait trembler, mais qui, au temps marqué, devait la trouver docile, ne rencontrât des empêchements, des obstacles qu'elle n'eût que difficilement surmontés. Cependant le patriotisme, enflammé par la grâce divine, embrasait comme d’un feu sacré le cœur de la jeune fille: une généreuse indignation s'emparait d'elle à la pensée de ces Anglais et de ces Bourguignons qui désolaient sa chère France, Elle a dit à Rouen qu'elle ne connaissait dars son village qu'un seul homme qui fût du parti de Bourgogne, et qu'elle eût bien voulu lui voir couper la tête, “ pourvu, ajoutait.elle, que ce fût la volonté de Dieu” Au reste, il ne faut voir dans cette parole qu'une saillie toute française ; car ce même homme, Gérardin d'Epinal, elle ne le haïssait point ; elle lui parlait doucement et l’appelait son compère,
À mesure qu'approchait le terme fixé par Dieu, les voix devenaient plus pressantes. “Il faut, disait l’archange à Jeanne ; il faut, répétaient sainte Catherine et sainte Margueniie, que tu ailles trouver le capitaine de Vaucouleurs, Robert de Baudricourt, et qu'il te donne une escorte de gens armés qui te conduisent vers le dauphin ; il te faut faire sacrer le
roi à Reims, chasser l'étranger du royaume, — Mais, répondait Jeanne,
na de Dieu, c'était le ielle, un renoncement à la calme existence ois années, de 1425 à ce la réconfortait, lui nt bien qu'un jour mplit les desseins de eigneur sa virginité, ‘mais au ciel et non lui eût laissé toute ui déjà, malgré ses son âme et sur sa ire de la peine, elle de ses bons parents, a désormais, et eut, ux grandes saintes, avait annoncées, et ii procuraient de si 5 consolations, des ême à son confesseur, mbler, mais qui, au it des empêchements, ntés, Cependant le ait comme d’un feu lignation s'emparait enons qui désolaient onnaissait dars son sogne, et qu'elle eût telle, que ce fût la cette parole qu’une din d'Epinal, elle ne lait son compère, les voix devenaient > ; il faut, répétaient trouver le capitaine onne une escorte de faut faire sacrer le
, répondait Jeanne,
e ne suis qu'une paysanne : comment donnerais-je des ordres aux gens de guerre ? — Fille de Dieu, fille au grand cœur, va, il le faut ; Dieu te era en aide” Vers l’Ascension, en l'année 1428, au moment où les Anglais se disposaient à aller mettre le siège devant Orléans, elle se détermina à faire une tentative ; elle résolut d'aller trouver le capitaine de Vaucouleurs,
Elle ne pouvait compter sur l'appui, ni même sur l’assentiment de son père ou de sa mère, Bien qu’elle eût soigneusement caché son inspiration, quelque chose en avait transpiré autour d'elle. Sa piété de plus en plus ardente, les élans de son âme, les vives paroles qui, sans doute, lui échappaient et décelaient son patriotisme généreusement ému, noblement indigné, tout cela inquiétait depuis longtemps Jacques d'Arc, le rude et franc laboureur, la bonne et pieuse ménagère Isabelle Romée, Deux ans ou environ après la première vision de Jeanne, son père rêva, la nuit, qu’elle l'abandonnait, qu’elle partait en compagnie de gens de guerre, Le lendemain, encore tout ému de ce songe, il disait à ses fils : “SI je croyais qu'une telle chose arrivât, j'aimerais mieux vous voir noyer ma fille, et, au cas où vous y manqueriez, je la noierais moi-même.” Plus tard, pour essayer de la fixer à jamais dans la simple vie de famille, on savisa d’un adroit stratagème. De concert avec les parents de Jeanne, un jeune homme la cita devant l'officialité de Toul, prétendant qu'elle lui avait promis mariage. Mais ses voix la soutinrent dans cette épreuve. Elle comparut devant le tribunal, plaida elle-même sa cause, et gagna son procès. Ses parents, découragés, alarmés de plus en plus, la soumirent dès lors à une étroite surveillance. Toutefois elle trouva moyen d'accomplir son dessein,
A Burey-le-Petit, village situé entre Domremy et Vaucouleurs, habitait un honnête laboureur, neveu d'Isabelle Romée, et qui avait nom Durant Laxart ou Lassois. Jeanne pensa qu’elle trouverait en lui l’auxiliaire dont elle avait besoin. Elle demanda la permission de se rendre chez son cousin, et passa huit jours à Burey. Elle confia à Laxart le but de sa visite, et, lui rappelant une antique prophétie qui cireulait alors dans le peuple, et d’après laquelle le royaume, perdu par une femme (Isabeau de Bavière), devait être sauvé par une jeune fille des marches de Lorraine, elle lui demanda de la conduire à Vaucouleurs. Le brave homme, au cœur simple et droit, fut touché de l'accent divin qui se faisait sentir dans les paroles de sa cousine, et il accéda à sa demande. Ils partirent ensemble, et Jeanne obtint d'être introduite près de Beaudri-
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