X DEDICACE
l'écorce surannée et l'émotion souvent sincère du poète, derrière le masque artificiel sous lequel elle se dérobe.
Mais de là aussi le devoir de chercher, pour rendre cette langue de convention, une qualité intermédiaire de couleur et de style , où le poëte pût encore se reconnaître, mais où Jeanne surtout et ses contemporains se reconnussent aussi euxmêmes; où le mot de convention , si j'ose parler ainsi, disparût pour faire place, sinon à l'expression exacte et à Paccent naïf de l'époque, du moins à quelque chose qui n'eût pas gardé figure romaine.
Mon premier soin, et il n'y avait pas à hésiter, a été de rétablir les noms des lieux et des personnages dans leur forme précise, de restituer les titres dans leur réalité autant que faire se pouvait. Il resterait toujours assez de ces déguisements inévitables quand on veut imposer à une langue vivante les habitudes d'une langue morte, c'est-à-dire celles d'une civilisation qui a cessé d'exister sous sa forme propre.
Mais ce qu'il n'était pas possible de faire disparaître, c'est l'accent déclamatoire dans le tour général du sty-le ; on doit toutefois savoir gré au docte professeur de s'être assez souvent encore inspiré à la source même du génie de Jeanne d'Arc et lui être indulgent s'il lui arrive (ce n'est encore que trop fréquent, hélas ! ) de se laisser aller au lieu commun