DEDICACE. XI
classique et de garder les habitudes de l'esprit de collège. On est heureux, après tout, de retrouver parfois sous ce vêtement taillé à Tantique, une ligure qui garde plus d'un trait de la bergère de DomremY, surtout de la guerrière d'Orléans et de la marty^re de Rouen. Vous même , Monseigneur , si vous voulez bien parcourir jusqu'au bout cette œuvre trop souvent inégale, vous éprouverez , j'en suis persuadé, une certaine joie à lire dans les derniers vers, non une prédiction, ces têtes existaient déjà, mais une allusion aux fêtes d'Orléans.
Ce lointain écho de la réalité qui se laisse surprendre dans cette poésie si peu moderne sans être antique, voilà ce qui charmera peut-être dans une œuvre où tout devait paraître suranné, dans ce monument d'une époque où l'on ne se faisait aucun scrupule de tout mettre en latin et de faire parler à une bergère de Lorraine l'idiome solennel de la Clélie de Tite-Live. Laissez-moi espérer, Monseigneur, que ces impressions seront aussi celles de Votre Grandeur, et, qui sait f l'idée lui viendra peut-être quelque jour de faire réciter la Jeanne d'Arc latine de Vernultz sur le modeste théâtre qui a entendu et applaudi les vers grecs de l'Œdipe et du Philoctète. A une lieue d'Orléans, les flots de la Loire en frémiraient de joie et d'orgueil et porteraient quelque chose de ce latin , un moment redevenu langue vivante, sur les premières marches de Sainte-Croix