‹ Jeanne d'ArcChapitre 65 sur 77 · R-4.YL-S · texte numérisé non relu

R-4.YL-S

Perge, âge, en regem vides.

NUXTIUS.

Tibi fidelis urbs opem poscit tuam, Compendium; vi clauditur magnâ undique.

Hinc valla surgunt, turrium hinc moles premunt, Vastaeque sonitu maquinae ingenti vomunt Globos et ignés, scandit in nostros cohors Armata muros sœpiùs. Cuncti tamen Generosa cives pectora opponunt neci Fidemque servant : intérim ne vi cadant Periculoque forte succumbant gravi, Fer opem, monarcha, desere haud cives tuos. Pauci resistunt, murus imbellis tegit.

Annona modica est, et potens hostis premit; Ignés minatur et necem.

Satis est, opem Nostris feremus civibus, tu mox abi Urbemque répète, civium constans vigor Repellat hostem; cuncta curabo ociùs.

Agedum, puella, rursùs haec poscit tuam Urbs clausa dextram, nec pati moram potest.

JOAXXA.

Ibo ergo, rursùs copias jungam tuas.

RAIS

Parle donc, le roi est devant toi.

LE MESSAGER

Une de vos fidèles villes, Compiègne, réclame votre secours ; elle est de tous côtés entourée de forces ennemies. Ici des retranchements, là de hautes tours l'enserrent, et de vastes machines vomissent à grand bruit contre elle des boulets et des flammes. Une troupe armée ne cesse d'assaillir ses murs. Cependant tous les citoyens opposent à la mort leur généreuse poitrine et vous gardent leur foi. Mais si vous ne voulez pas qu'ils tombent sous les coups de l'ennemi et succombent au péril qui les menace, secourez-les, ô roi, n'abandonnez pas vos sujets. Peu nombreux sont les bras qui résistent, et faible est la muraille qui les couvre, Ils ont peu de vivres, et le puissant ennemi qui les presse les menace du feu et de la mort.

C'est assez, nous porterons secours à nos sujets; retourne auprès d'eux; que le courage des citoyens continue à repousser l'ennemi. Je vais tout préparer sans perdre de temps. Allons, Jeanne, voilà encore une ville assiégée qui réclame ton bras et qui ne peut attendre.

J'y cours, je vais de nouveau rassembler vos soldats. Il ne faut souvent qu'un faible retard pour

192 JOANNA DARCIA.

Mora saspè magnum parva discrimen parit, Nihil morabor.

Intérim curam tui Sollicita semper, varia nam sors est, gère. Ne te per hostes impetus forsàn niniis Abripiat audax; temerè qui certat cadit.

SENEX

Audere prudens non solet cùm non potest.

JOANNA

Generosus ardor, forsan oblitus sui, Quandoque peccat; si cadam, pro te cadam. Décréta mors est, Anglus hanc vitam hauriet, Suosque nostro sanguine extinguet rogos, Cùm fata quondam sancient. Tu, rex, meos. Si quid merentur, aestima, et gratos habe Pro te labores.

JEsûmo, sceptrum hoc meum Per te recepi, Franciae nostrae es salus. At omen istud toile.

Quod Cœlo est ratum Nihil recuso : si meo regnum tibi Cruore dandum est, dabitur hic pro te cruor. Sed nunceundum est.

JEANNE d'arc. igS

engendrer un grand péril. Je ne perdrai pas un instant.

En attendant, sois toujours attentive à prendre souci de toi-même, car le sort est variable; ne te laisse pas emporter au milieu des ennemis par l'excès de ton ardeur. Combattre avec témérité, c'est s'exposer à tomber.

Le guerrier prudent n'ose pas, quand il y a imprudence à le faire.

Une généreuse ardeur, s'oubliant elle-même, peut tomber en faute. Si je succombe, ce sera pour vous que je succomberai. Ma mort est résolue, l'Anglais aura cette vie, et éteindra ses bûchers de mon sang, quand la fortune en décidera. Vous, ô roi, si vous trouvez qu'ils le méritent, ayez en quelque estime les travaux que j'aurai entrepris pour vous.

Ainsi fais-je. Ce sceptre, je l'ai reçu de toi, tu es le salut de notre France. Mais éloignons ces présages.

J'accepte tout ce que le Ciel a décrété. Si mon sang doit vous donner ce royaume, ce sang coulera pour vous. Mais il es temps de partir.

194 JOANNA DARCIA.

Urbemque per te.

Accedet iste.

CAROLUS

Perge, te servet Tonans,

BORBONIUS.

Gloriae cumulus tuae

Sit Dei et régis decus; Valete, proceres; sequeretu, miles, ducem.

SENEX

Iste ominosus omnium est vultus ducum.

SCENA II Suffortius, Talbotus , milites angli, senex.

SUFFORTIUS.

Fortuna, verum est, semper audaces juvat, Timidos repellit; qui timet vinci potest, Atcogitipsam non timens sortem manus.

Sublimis ardor, pectus intrepidum, manus Audax triumphant : emicat virtus potens, Seseque tollens impetu emergit suo, Adversa cùm sors saevit. Hic sortem sibi Dat quisque fortis optimam, ignavus malam.

Pars, que Dieu te conserve et par toi sauve la ville.

BOURBON

Tu vas mettre par là le comble à ta gloire.

JEANNE

Que ce soit à l'honneur de Dieu et du roi! Adieu, seigneurs; toi, soldat, suis ton chef.

LE VIEILLARD

Elle a le visage inspiré des vrais capitaines.

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