‹ Jeanne d'Arc, tragédie en cinq actes et en vers (volume 2)Chapitre 17 sur 24 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

JEANNE D'ARC , Gardes.

Toi qui veilles d'en haut sur la terre où nous sommes , Lorsqu'on va me juger au tribunal des hommes, Je n'ai point devant toi la superbe fierté De contempler mon sort avec tranquillité. De la France en mes mains lu remis la querelle, Mon Dieu! fais-moi mourir en combattant pour elle. A mes vœux supplians, à ma sainte ferveur, De ce trépas illustre accorde la faveur. Lorsque les Philistins livraient à leur risée De ton guerrier captif la chaîne méprisée, Tu vins, tu lui rendis sa force, et des faux dieux Le temple s'écroula sur un peuple odieux. Romps mes indignes fers... Que ta gloire insultée Aux yeux de nos tyrans brille manifestée. Mais viens- lum'exaucer?... Viens-tu guider mes pas? La trompette guerrière appelle les combats. Oui, des sons belliqueux j'ai respiré l'ivresse! Il n'est plus sur mon cœur de fardeau qui l'oppresse. O transports!!! je revois flotter nos étendards , Je m'élance au travers des glaives et des dards! O Charles î ! ômonroi ! ! quel bras vientde t'abattre? Talbot, reconnais-moi, c'est moi qu'il faut combattre. Tourne contre mon sein ton glaive étincelant! Pourquoi m'évitais *tii dans ce combat sanglant? Attends, je viens punir tes fureurs inhumaine?,

(Jpercevant le gardien.) Etdans ton sang cebras.. Dieu! je suis dans les chaînes'

Page 1