JEANNE D'ARC, FRANÇOIS DE PAULE
HERMANGARD.
HERMANGA.RD.
François de Paule ici?
FRA.lfÇOIS PE PAULE.
Vous nç l'attendiez pas ?
H&RiTAirGARP.
Mai^ dans cette prison pourquoi porter vos pas? Je vous ai déjà vu défendre ma captive ; En avez- vous donc fait votre fille adoptive?
ffRAlfÇOIS DM PAULS.
Tous ceux que le malheur frappe sont mes enfants : Je suis prêtre^ Hermangard...
HERMANGARD*
Vos discours triomphants Ont devant Charles Sept protégé cette femme ; Mais l'Anglais pour punir aujourd'hui la réclame; Nous sommes en un lieu peu propice à son sort. Et vous ne trouverez d'échos que pour sa mort. Quel espoir insensé près d'elle vous ramène ?
FRANÇOIS DE PAULE
L'espoir de déjouer une trame inhumaine. D'empêcher qu'en ce jour ces murs ne soient souillés
D'un meurtre qu'on prépare, et que vous conseillez !
HERMANGIRD.
Le sacré tribunal qui domine les trônes. Et devant qui les rois tremblent sous leurs couronnes, Demande Jeanne d^Arc« . . et je parle en son nom ; Il a tous les pouvoirs. . .
FRANÇOIS DE PAULR.
Hors celui du pardon î Vous représentez bien, et vous et vos complices. Cette inquisiti'on i&i féconde en supplices ; Cette inquisition, tribunal enflammé.
Enfer européen au nom des cieux armé!
Puissance de la.nuit, venimeuse, farouche, Répandant ses poisons sur tout ce qu'elle touche. Qui voudrait du îsoleil éteindre la clarté Pour enfermer le monde en son obscurité. Mais un jour plus brillant se lève et va paraître. . .
HERMANGARD.
Ses clartés pourraient bien brûler vos yeux de prêtre.
, FKANÇOIS DE PAULE.
Des lueurs de l'hostie ils ne sont pas brûlés : Par quels autres rayons seraient-ils aveuglés ?
HERMANGARD.
Si Vous ne laissez pas, dans ces luttes contraires, Leur antique bandeau sur les yeux de vos frères, Us pourront découvrir aux faiblesses du vol Que l'élan est d'un homme et qu'il touche le sol.
455 JEAÎNNE D'ARC, MARTYRE.
FRANÇOIS DÉ 1>AI7LR
Nous ne rougissons pas de notre titre d'homme.
HEaMANGAKD*
Nous préférons .celui de fils aîné de Bome. Rome nous enveloppe en son éternité...
FRÀirÇOIS DE PAUiiE.
Le Christ nous enveloppe en sa fraternité; A travers Tinfini du temps et de l'espace, Cette fraternité d'une âme à J'autre passe. Et vous ne trouverez bientôt ni jour ni lieu Pour exister ainsi hors du cercle de Dieu !
HfiRMANGARD.
On livre Jeanne d'Arc à ce pouvoir suprême ; Le prince anglais. . .
FRANÇOIS DE PAULE
Je cours l'apprendre de lui-même Je connais mal Bedfort, ou j'ose me flatter Que de votre triomphe on peut encor douter. A notre cause sainte il sera favorable ; Il sait que l'avenir, sévère, inexorable. Juge à son tour des rois les arrêts absolus. Ce ne serait pour vous qu'un attentat de plus ; Mais un prince, un héros, comptable envers l'histoire. Ne séparera pas sa vertu de sa gloire.
.(IlsCM»t.)