BEDFORT, HEBMANGARD, FRANÇOIS DE PAULE
JUGES 9 GUBaSIBBS, PEUPLE.
BEDFORT
(Il s'assied sur le tribunal)
Juges qui m'entourez, citoyens et guerriers, Intrépides héros blanchis sous les lauriers, Et vous, jeunes appuis de la vieille Angleterre, Le ciel nous protégeait. . . Un traité volontaire, li'hymen de Catherine et deux siècles d'exploits Avaient contraint la Seine à couler sous nos lois ;
Les Français devant nous courbaient leurs fronts serviles ;
L'esclavage avec mor descendait dans leurs villes ;
Et rOcéan, jaloux d'étendre au loin ses droits,
Sur le trône des lis jetait un de nos rois.
Notre sainte victoire avait été féconde ;
Et la France de moins sur la carte du monde
Laissait à notre bras, délivré d'ennemis,
Ce sceptre universel par la guerre promis. Charles Sept, dont l'exil devenait le partage, S'enfuyait, dépouillé d'un reste d'héritage. Une femme parut... tout changea... Mais enfin Nous tenons dans nos fers cet appui du Dauphin ; Et la voix des guerriers échappés à son glaive, I^a voix d'un peuple entier pour l'accuser s'élève. Les juges redoutés prétendent, hautement. Qu'elle fut des enfers le coupable instrument ; Mais à ce grand débat ma gloire intéressée Commande que je lise au fond de sa pensée, Et m'assure, avec vous, s'il est vrai qu^en effet Ses lauriers imposteurs nous voilent un forfait. Elle vient.