FRANÇOIS DE PAULE, MARGUERITE, LOUISE
FRANÇOIS 1>B PÂULE.
Avec quels yeux méchants la foule vous regarde! N'ayez pas peur; venez, je vous prends sous ma garde*
MARGUERITE
Vous seul de notre sort vous plaignez les rigueurs; Dieu, dans votre sourire, est visible à nos cœurs. Ce peuple, en blasphémant, nous chasse, nous exile; Dans l'église prochaine implorons un asile. Daignez guider nos pas, vous qu'inspire le ciel ;
Vous ne ressemblez point à ce peuple cruel ; Vous pleurez avec nous ; vous prenez la défense De cette pauvre sœur, ange de notre enfance! Et, du faible opprimé le guide et le soutien. Vous passez sur la terre en y faisant le bien. Votre pitié protège et jamais ne se lasse.
(Apercevant le bùdier.)
O ciel !
FRANÇOIS DE PAULE
Mon enfant!
MARGUERITE
Là, voyez sur cette place, Voyez...
LOUISE
Notre malheur nous est trop annoncé!
Ce bûcher!... Plus d'espoir!...
FRANÇOIS DE PAULE
Il sera renversé; Le ciel doit, mes enfants, ce bienfait à la terre; Interpréter sa voix, c'est tout mon ministère! Le malheur, la vertu trouvent un défenseur. Bourgogne en ce moment combat pour votre sœur. Prouve son innocence et l'arrache au supplice. Votre père a suivi le peuple vers la lice. Dieu préside à l'arrêt qui va se prononcer...
LOUISE
Douter d'un tel combat, ce serait l'ofifenser!
MARGUERITE
Offrons pour elle à Dieu nos suppliantes larmes;
La prière est souvent plus forte que les armes; Prions pour qu'elle soit rendue à notre amour.
(Se tournant vers la tour.)
Que ne peux- tu, ma sœur, du fond de cette tour Entendre en ce moment notre voix fraternelle!
(Levant les mains au ciel et tombant à genoux.)
Et toi que des méchants ont condamné comme elle, Toi qui tendis les bras à d'indignes liens , Mon Dieu ! prends sur nos jours pour ajouter aux siens ! Elle a tout fait pour nous, et sa voix la première A nos cœurs innocents enseigna la prière. Adorant ton saint nom, nous expliquant ta loi, Nous lui devons l'amour que nous avons pour toi. Fais pour elle en ces lieux éclater ta puissance. Le jugement de Dieu doit sauver l'innocence ; Ne l'abandonne pas dans ce terrible instant; Tout le hameau la pleure et sa mère l'attend !
FRAl<rCOIS DE PàtlLE.
Dieu vous entend, ma fille.
AIARG17ERITE.
Oui, je prie et j'espère; Mais nos vœux sont remplis, je vois venir mon père; Il va guider nos pas vers notre défenseur.
$W JEANNE IVABC, MARTYRE.