LES ENSEIGNES DE JEANNE D’ARC
Jeanne d’Arc avait trois enseignes : l’Étendard, le Pennon, la Bannière.
L’Étendard et le Pennon étaient le signe du commandement général. Jeanne se déclara
investie de ce commandement en vertu de sa mission : Je suis envoyée de par Dieu .
Je suis chef de guerre. » — L’Étendard (drapeau étendu ) servait à rallier l’armée; le Pennon, de petite dimension, servait à réunir autour de Jeanne les combattants choisis qui se tenaient près de sa personne ’.
La Bannière de Jeanne était un signe purement religieux, qu’elle avait fait faire pour grouper ceux qu’on pouvait appeler ses convertis J. Ces pillards, ces écorcheurs , qu’elle avait su transformer en soldats chrétiens, se réunissaient sous cette bannière pour les exercices religieux que Jeanne avait introduits dans l’armée.
Aucun document figuré d’une exactitude et d’une authenticité parfaites ne nous a transmis l’image de l’une ou l’autre de ces enseignes, exécutées sur l’ordre et d’après les indications de Jeanne , conseillée par ses voix célestes. Mais des textes précis et concordants , dont les principaux ne sont autre chose que les réponses mêmes de la Pucelle à ses juges , laissent peu de prise à l’erreur.
Les trois enseignes de Jeanne représentaient des sujets religieux. On voyait sur l’Étendard les mots Jésus, Maria, et Dieu assis sur l’arc-en-ciel, bénissant une fleur de lis que lui présentait un ange. Cet étendard était garni et entouré d’une frange de soie, et le champ ou le fond en était blanc, semé de fleurs de lis d’or. Sur le Pennon était peinte une Annonciation, et sur la Bannière figuraient Jésus crucifié, la Vierge et saint Jean. Nous avons la certitude que l’étendard était de toile blanche, très-grosse et lustrée, qu’on connaît encore sous le nom de bougran ( eratque coloris albi de tela alba vel boucassino. Procès, I, p. 78).
Les textes prouvent également qu’un certain nombre de pennonceaux de même couleur, dont plusieurs étaient semés de fleurs.de lis, furent alors portés dans l’armée française, à l’imitation des enseignes de la Pucelle et comme une multiplication de son étendard et de son pennon.
Le souvenir de Jeanne et l’influence de la couleur adoptée par elle, laquelle couleur était déjà depuis deux siècles au moins celle de la croix de France portée sur l’habit militaire, et transportée de son temps ou un peu avant elle sur les étendards français; ce souvenir et l’influence de cette couleur furent probablement l’origine de la valeur du blanc comme couleur symbolique de la France. La miniature reproduite ci-contre au-dessous des enseignes de la Pucelle est empruntée au manuscrit, exécuté pour Charles VIII, des Vigiles de Charles VII , œuvre de Martial d’Auvergne (ms. fr., 5o5q, fol. 35 v°). Cette miniature représente la France en prière aux pieds de la sainte Trinité. La France est figurée par une jeune femme, vêtue d’une tunique blanche . semée de fleurs de lis d’or, et accompagnée de deux acolytes qui portent des tuniques bleues fleurdelisées. Cette allégorie conduit à penser qu’à l’époque où fut exécuté le manuscrit des Vigiles, le blanc avait décidément pris le pas sur le bleu, qui, depuis Philippe- Auguste, avait été considéré comme la couleur de la royauté et de la nation françaises.
On pourrait donc rattacher à l’influence de Jeanne d’Arc la valeur de jour en jour plus grande que prit, à partir de son époque, le drapeau blanc , qui, enseigne suprême de commandement militaire de Charles VII à François Ier, drapeau de guerre de la France de François Ier à Henri IV, devint , sous ce dernier prince , le drapeau national proprement dit.
1 Le pennon du général d’armée ne doit pas être confondu avec le pennon du simple gentilhomme servant sous un chevalier banneret. Quoique la forme en fût la même, l’emploi en était différent : l’un était une enseigne personnelle, une sorte de blason flottant; l’autre, une enseigne de commandement, et comme un dédoublement de l'étendard. Le pennon de Jeanne était de ce dernier genre.
2 La bannière proprement dite était la marque de commandement du banneret, qui avait sous ses ordres un certain nombre de chevaliers; mais, par analogie, on avait donné ce nom aux enseignes portées dans les cérémonies religieuses, et dont l’usage remonte à une haute antiquité.
Pralon Lith . . ' Imp.Pmûllery
1 . Les Enseignes de Jeanne d'Arc. Au milieu, l'Etendard; a gau cke , Le Pennon ; à droite ,1a Bannière. (Essai de Restauration). . Allégorie. de la France en prière. Ms. fp. n° 505 +, daté de 1 4-8 4- a la Biblioth. nat
ORLÉANS
la paix aux hommes de bonne volonté. Mais comment obtenir de la bonne volonté des Anglais ce que réclamait le droit de la France à être libre? Jeanne ne s’en crut pas moins obligée à leur envoyer ce message , dont les termes ont été gardés textuellement.
« Jhesus Maria,
« Roi d’Angleterre , et vous duc de Bethfort qui vous dites régent le royaume de France; Guillaume Lapoule (Pôle), comte de Suffort (Suffolk), Jehan, sire de Thalebot (Talbot), et vous, Thomas, sire d’Escalles (Scales), qui vous dites lieutenans dudit de Bethfort, faites raison au Roi du ciel de son sang royal ; rendez à la Pucelle cy envoyée de par Dieu le Roi du ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France. Elle est venue de par Dieu, le Roi du ciel, pour réclamer le sang royal; elle est toute preste de faire paix, si vous lui voulez faire raison, par ainsi que France vous mettez sur (rendez ) et paiez de ce que l’avez tenue. Entre vous, archers, compagnons de guerre gentils, et autres qui estes devant la bonne ville d’Orliens, allez-vous-en, de par Dieu, en vos pays ; et si ainsi ne le faites, attendez les nouvelles de la Pucelle qui vous ira voir brièvement à vostre bien grand dommage. Roi d’Angleterre, si ainsi ne la faites, je suis chef de guerre, et en quelque lieu que j’attaindrai vos gens en France, je les en ferai aller, veuillent ou non veuillent; et s’ils ne veulent obéir, je les ferai tous mourir, et s’ils veulent obéir, je les prendrai à merci. Je suis cy venue de par Dieu, le Roi du ciel, corps pour corps, pour vous bouter hors de toute France, encontre tous ceux qui voudroient porter trahison, malengin ni dommage au royaume de France. Et n’ayez point en vostre opinion, que vous ne tiendrez mie (que vous tiendrez jamais) le royaume de France de Dieu, le Roi du ciel, fils de sainte Marie, ains (mais) le tiendra le roi Charles, vrai héritier; car Dieu, le Roi du ciel, le veut ainsi, et lui est révélé par la Pucelle : lequel entrera à Paris en bonne compagnie. Si vous ne voulez croire les nouvelles de par Dieu de la Pucelle, en quelque lieu que nous vous trouverons, nous ferrons (férirons, frapperons ) dedans à horions, et si (ainsi) ferons un si gros hahaye, que encore a mil années (il y a mille ans) que en France ne fut fait si grand, si vous ne faites raison. Et croyez fermement que le Roi du ciel trouvera [ou envoiera) plus de force à la Pucelle que vous ne lui sauriez mener de tous assauts, à elle et à ses bonnes gens d’armes; et adonc verront lesquels auront meilleur droit, de Dieu du ciel ou de vous. Duc de Bethfort, la Pucelle vous prie et vous requiert que vous ne vous faites pas destruire. Si vous faites raison, encore pourrez venir en sa compagnie 1 où que les François feront le plus beau fait qui oncques fut fait pour la chrestienté. Et
faites réponse en la cité d’Orliens, si vous voulez faire paix ; et si ainsi ne le faites, de vos bien grands dommages vous souvienne brièvement.
« Escrit le mardi de la semaine sainte.
« De par la Pucelle. »
Etau-dessus : « Au duc de Bethfort, soi-disant régent le royaume de France, ou à ses lieutenans estans devant la ville d’Orliens. »
Cette lettre, datée du 22 mars et probablement écrite à Poitiers, ne fut sans doute adressée aux Anglais qu’après que Jeanne fut agréée de Charles VII • peut-être seulement quand elle vint à Blois. Elle fut accueillie d’eux avec insulte. Ils ne se bornèrent point à des outrages envers la Pucelle , ils allèrent jusqu’à une violation du droit des gens sur son messager : ils le retinrent , et ils n’attendaient pour le brûler que l’avis de l’Université de Paris.
Jeanne n’avait donc plus de ménagements à garder envers eux. Pendant qu’on prenait les dernières dispositions pour le départ , elle s’y préparait elle-même à sa manière. Indépendamment de son étendard, elle avait fait faire une bannière où était peinte l’image de Jésus en croix-, et chaque jour, matin et soir, des prêtres se rassemblaient alentour pour chanter les hymnes de Marie. Jeanne y venait, et elle eût souhaité que tous y fussent avec elle : mais nul homme d’armes n’y était admis qu’il ne fût en état de grâce, et Jeanne les engageait à se confesser aux prêtres qui étaient là , tout disposés à les entendre. Au moins voulut-elle qu’avant de partir chacun mît ordre à sa conscience. « Elle leur fit oster leurs fillettes. » Il n’y avait point de place pour elles dans une armée conduite par la Pucelle , sous l’invocation de la Vierge , Mère de Dieu.
La congrégation qu’elle avait formée autour de cette pieuse bannière fut son avant-garde, lorsque le jeudi 28 avril elle sortit de Blois pour aller à Orléans : c’était elle qui ouvrait la marche, au chant du Vent Creator. Jeanne eût voulu qu’on marchât droit sur Orléans par la rive où la ville s’élève. On passait à travers les plus fortes bastilles des Anglais; mais on arrivait sans autre obstacle, et elle avait déclaré que les Anglais ne bougeraient pas. Toutefois les capitaines de Charles VII ne pouvaient point fonder leur plan de campagne sur cette assurance, que Talbot , Suffolk et les Anglais , mai-
tu
tu
CA
CA
tt5
CA
bj
co
aj
en
et
et
kJ
ÔJj
si, —
tj
TD
CQ
TS
ai
CQ
oj-
CQ
al
eu
hJ
cr
ai
CO
cr
bU
aî *3
bu (J
cq
<OJ
tj
TJ
G CQ
eu
CQ
cr
af-
eu
bU
bU
eu
cq
a> bu
CA
cr
& CA
Oh
ai
CO
AA
CQ
CJ
et
bu
ai
DU
ai
ai
bu
CQ
O ai tu CQ
a* —, CO ?
CQ
TJ
JD
TJ
TJ
ai
eu CO
TJ
<U to
CQ
CQ
CQ
CQ
eu
eu
ai
aJ
ai
Ctf
CQ
TJ
eu
TJ
"ca
CO
ai
CO
ÏH
eu
CO
cr
bJ3
bu
eu
eu
DU
bU
CQ
eu
cr
TJ
au
Fig. 3i. — Orléans, la Loire et ses îles, lors du siège de 1429. Carte dressée par M. Boucher de Molandon, à Orléans.
très des positions, laisseraient passer entre leurs mains, sans tenter de le prendre , un convoi de vivres dont ils pouvaient eux-mêmes si bien faire leur profit. Ils résolurent donc de suivre la rive gauche (côté de la Sologne) , laissant le fleuve entre leur troupe en marche et les principaux établissements de l’ennemi. De ce côté, en décrivant un cercle , on évitait les bastilles occupéespar les Anglais aux abords du pont d’Orléans, et, en passant la Loire au-dessus de leurs dernières positions, on pouvait revenir vers la ville par la rive droite , à travers une plaine moins garnie de bastilles. La marche se fit ainsi. On trompa la simple jeune fille sur la vraie position d’Orléans; on traversa le pont de Blois , et l’on passa devant Baugency et Meun , sans que l’ennemi, qui occupait ces places, fît rien pour inquiéter le convoi. On coucha en rase campagne (Jeanne , qui ne voulut pas quitter ses armes, en fut toute meurtrie), et on gagna Olivet, derrière les bastilles anglaises de la rive gauche. Jeanne put reconnaître alors comme on s’était joué de son ignorance. Elle était devant Orléans, mais séparée de la ville par la rivière. Elle en fut vivement affectée. Elle eût voulu au moins ne s’en pas éloigner davantage, et sans prétendre forcer, dès l’arrivée, les bastilles qui défendaient l’accès du pont, elle demandait qu’on attaquât la plus occidentale et la plus isolée, celle de Saint-Jean le Blanc ; les Anglais s’y attendaient si bien, qu’ils en rappelèrent la garnison aux Augustins et aux Tourelles, croyant la position trop faible pour être défendue. Mais les autres jugèrent le lieu trop rapproché de l’ennemi pour y tenter le passage , et ils se dirigèrent vers l’îleaux Bourdons, devant Chécy (à deux lieues d’Orléans), où ils trouvaient le double avantage d’embarquer le convoi plus sûrement et de le débarquer en lieu plus commode.
La ville d’Orléans attendait avec anxiété l’issue de l’entreprise. On ne doutait pas que les Anglais ne fissent tout pour la traverser. Il fut ordonné que chacun fût sous les armes, prêt à agir; et Dunois’ vint avec quelques autres rejoindre le convoi , comme il se trouvait à la hauteur de l’église Saint- Loup , au lieu dit port du Bouschet, pour aviser aux meilleurs moyens de lui faire passer le fleuve et de l’introduire dans la ville. Le chose n’était pas si facile encore. Il fallait des bateaux : on ne pouvait les faire venir que d’Orléans, sous le feu des bastilles ennemies, et le vent était contraire. Jeanne était moins touchée de ces difficultés que du parti qu’on avait pris
ORLÉANS
d’en éviter par là déplus grandes, au risque de montrer, dès le début de l’entreprise, si peu de confiance en elle et surtout si peu de foi en Dieu.
« Etes-vous le bâtard d’Orléans? dit-elle à Dunois quand il l’aborda.
— Oui, et je me réjouis de votre venue.
— Est-ce vous, reprit-elle sans autrement répondre au compliment, qui avez donné le conseil de me faire venir ici par ce côté de la rivière , et non pas directement où étaient Talbot et les Anglais? »
Dunois répondit que lui et de plus sages que lui avaient donné ce conseil, croyant mieux faire et plus sûrement.
« En nom Dieu, s’écria Jeanne, le conseil de Messire (Dieu) est plus sûr et plus sage que le vôtre. Vous m’avez cuidé (pensé) décevoir et vous vous êtes déçus vous-mêmes , car je vous amène le meilleur secours que eut oncques chevalier, ville ou cité ; et c’est le plaisir de Dieu et le secours du Roi des deux; non mie pour l’amour de moi , mais il procède purement de Dieu. Lequel, à la requête de saint Louis et saint Charles le Grand, a eu pitié de la ville d’Orléans , et n’a pas voulu souffrir que les ennemis eussent le corps du duc d’Orléans et sa ville. »
En ce moment sa parole sembla se confirmer par un signe : le vent changea tout à coup; les bateaux purent venir d’Orléans. On y plaça la charge du convoi, blé, vivres et bœufs, puis la flottille redescendit le fleuve comme elle l’avait remonté, par le chenal de la rive gauche (c’était alors le principal), s’engagea entre l’île Saint-Loup et l’île Saint-Aignan , depuis île aux Toiles, et atteignit la pointe orientale d’Orléans, où on la déchargea. Mais les moyens manquaient pour faire passer tous les hommes de la même sorte. Un pont de bateaux eût été difficilement établi, car la Loire était haute. Point d’autre passage que le pont de Blois , d’où l’on venait. Plusieurs proposèrent donc de les y reconduire; Dunois se bornait à prier Jeanne de venir avec lui dans la ville ce soir même : car Orléans eût cru ne rien avoir, recevant les vivres sans elle. Jeanne en fut très-irritée. Elle ne savait se décider ni à laisser partir les siens ni à les suivre : car elle ne venait pas seulement ravitailler Orléans, mais la sauver. Or elle avait là des hommes préparés comme elle l’avait voulu, « bien confessés, pénitents, et de bonne volonté : » — « En leur compagnie, disait-elle, je ne craindrais pas toute la puissance des Anglais; » — - et elle redoutait qu’une fois
partis , leur troupe ne vînt à se dissoudre. « Il y en avait, en effet, dit Jean Chartier, qui faisaient difficulté de mettre tant de gens en ladite ville, pour ce qu’il y avait trop peu de vivres : » on eût craint sans doute à la cour d’être obligé de refaire bientôt les frais d’un nouveau convoi. Dunois, voyant qu’on ne la pouvait point avoir autrement , vint trouver les capitaines qui commandaient l’escorte, et il supplia, au nom de l’intérêt du roi, de laisser Jeanne et de la décider à le suivre dans la ville, en lui promettant d’aller à Blois passer la Loire pour la rejoindre bientôt à Orléans. Les capitaines firent ce qu’il désirait, et Jeanne agréa leur promesse. Elle laissa à ses hommes la bannière autour de laquelle elle avait coutume de les réunir : elle leur laissait Pasquerel son aumônier, et les prêtres qui les entretenaient dans leurs pieux exercices; et elle-même , avec Dunois, Lahire et deux cents lances, passa le fleuve à la suite du convoi.
De ce côté, les Anglais n’avaient qu’une seule bastille, celle de Saint- Loup : pour leur ôter la tentation d’en sortir et de troubler l’opération, les Orléanais les ry assaillirent eux-mêmes, et de telle sorte, qu’ils en rapportèrent une bannière; mais, ce qui valait mieux, les chalands, grâce à la diversion , étaient déchargés en sûreté et les approvisionnements introduits par la porte de Bourgogne. Jeanne et ses hommes d’armes étaient restés près de Chécy. Pour éviter l’empressement tumultuaire delà foule, on était convenu qu’elle n’entrerait dans la ville que la nuit, et un acte public nous apprend qu’elle passa au château de Reuilly quelques heures de cette journée. Elle entra dans Orléans à huit heures du soir, armée de toutes pièces et montée sur un cheval blanc. Elle s’avançait précédée de sa bannière , ayant à sa gauche Dunois, richement armé, et derrière elle plusieurs nobles seigneurs et quelques hommes de la garnison ou de la bourgeoisie d’Orléans qui étaient venus lui faire cortège. Mais c’est en vain qu’on eût voulu tenir la foule éloignée : tout le peuple était accouru à sa rencontre, portant des torches et manifestant une aussi grande joie « que s’ils avaient vu Dieu descendre parmi eux. » Jeanne, en effet, était pour eux comme l’ange du Dieu des armées. « lisse sentoient, dit le Journal du siège, tous réconfortés et comme désassiégés par la vertu divine qu’on leur avoit dit être dans cette simple pucelle. » Tous se pressaient autour d’elle, hommes, femmes et petits enfants, cherchant à la toucher, à toucher au moins son cheval (dans leur
Fig. 32. — Vue d’Orléans en 1428-1429, restaurée par M. Juste Lisch, architecte du Gouvernement.
empressement, ils faillirent de leurs torches brûler son étendard); et ils l’accompagnèrent ainsi , lui faisant « grant chère et grant honneur, » à l'église principale, où elle voulut, avant toute chose, aller rendre grace^ a Dieu; puis jusqu’auprès de la porte Renart, en l’hôtel de Jacques Boucher, trésorier du duc d’Orléans, où elle fut reçue avec ses deux frères et les deux gentilshommes qui l’avaient amenée de Vaucouleurs (29 avril).