‹ Jeanne d'ArcChapitre 37 sur 112 · PS · texte numérisé non relu

PS

'CJ

CS

CS

Cj

"CS

CJ

CJ

PS

"CS

Cj

Cj

Crt

CS

CJ

CJ

-Cj

CS

CS

Cj

vj

Cj

Cj

Cj

Cj

'CS

CJ-

Cj

"CS

CS

CJ

"CS

Vj

CJ

vj

CJ

vj

"CS

vj

Cj

CJ

CJ

CJ

"CS

vj

CJ

-Cj

"CS

CJ

CJ

"CS

Cj

CS

vj

CJ

Vj

Cj

CJ

"CS

CS

vj

CJ

vj

CJ

"CS

vj

Cj

"CS

vj

"CS

CS

cT

CS

Cj

vj

.vj

Vj

Cj

Cs-4

CJ

cT

CJ

■Kn

Vj

CJ

"CS

Cj

-CJ

vj

Cj

CJ

vj

Cj

CS

Cj

Cj

Vj

vj

CS

vj

Cj

Cj "CS

CJ

"CS

Sj

vj

.kp

vk/j

'CJ

Cj

Cj

Cj

CS

Cj

vj

Cj

-CJ

Çj

Cj

-CJ

Cj

vk/j

'CJ

Cj

vj

-CJ

vj

Cj

"CS

La Pucelle aurait mieux aimé aller en France, c’est-à-dire vers Paris. Elle se rendit à Bourges pour réunir les troupes destinées à cette entreprise*, puis elle vint, en compagnie du sire d’Albret (frère utérin de la Trémouille), assiéger Saint-Pierre-le-Moustier, comme il avait été résolu. Jeanne, selon son habitude, se portait au plus fort du péril et y demeurait, sans compter ceux qui restaient auprès d’elle. D’Aulon, son écuyer, qu’une blessure à la jambe tenait éloigné de l’assaut, la voyant avec quatre ou cinq hommes au plus devant les murailles, monta à cheval, courut à elle, lui demanda ce qu’elle faisait là seule, et pourquoi elle ne se retirait pas comme les autres. Mais elle, ôtant son casque, lui répondit qu’elle n’était pas seule, qu’elle avait en sa compagnie cinquante mille de ses gens, et ne partirait point de là que la ville ne fût prise. Comme il insistait, elle lui ordonna de faire apporter des fascines pour franchir le fossé, et en même temps elle s’écria : « Aux fagots et aux claies, tout le monde, afin de faire le pont ! » En un instant elle fut obéie, le pont dressé et la ville prise d’assaut. Tout était en proie aux vainqueurs, mais Jeanne sut leur faire respecter l’église où les assiégés avaient mis leurs biens en dépôt (premiers jours de novembre 1429).

De là on devait aller assiéger la Charité. Mais la place était forte et bien approvisionnée par les soins de Perrin Grasset , qui l’occupait depuis tantôt sept ans; et la petite armée de la Pucelle manquait des choses les plus indispensables à l’attaque. La cour ne sachant pas trouver le moyen d’y pourvoir, elle s’adressa aux villes. On a encore, en original, une lettre signée d’elle aux habitants de Riom (Moulins, 9 novembre 1429) : elle leur annonce le siège qu’on vient de terminer heureusement et celui qu'on prépare; et elle les prie, par l’attachement qu’ils ont au bien et à l’honneur du roi, d’envoyer « poudres, salpêtre, soufre, traits, arbalètes fortes et autres habillements de guerre. » On commença le siège avec ce qu’on avait, et, tout en le poussant, on continuait de s’adresser aux villes les plus intéressées à déloger l’ennemi de leur voisinage. La ville de Bourges engagea ses octrois, afin d’avoir les i3oo écus d'or qu’on lui demandait pour entretenir l’armée et la garder devant la place. La ville d’Orléans eut aussi à porter dans ses comptes diverses sommes dépensées pour entretenir ou équiper des capitaines, des gens d’armes, des « joueurs de coulevrines, »

COMPÏÈGNE.

envoyés au siège en son nom. Mais ces secours partiels étaient insuffisants pour une telle entreprise, et le roi n’envoyant rien, l’armée, dépourvue d’argent et de vivres, dut lever le siège, au grand déplaisir de la Pucelle (fin de novembre 1429).

Elle fut reçue à la cour avec non moins d’honneur : car à quel titre le roi lui eût-il imputé cet échec? On l’anoblit, elle et toute sa famille, et, par un privilège signalé comme unique dans nos annales, on stipula que cette noblesse se transmettrait dans sa race, non-seulement par les hommes, mais par les femmes. On lui avait composé un blason où figuraient les lis de France; ses frères en prirent le nom de du Lis : mais elle garda son nom et son étendard. Tous ces honneurs lui étaient donnés « en considération des louables et utiles services qu’elle avait rendus au royaume et lui devait rendre encore. » On ne renonçait donc point à ses services : et que demandait-elle, pour prix de ceux qu’elle avait rendus, que de servir encore? Mais on ne se pressait pas de la mettre en demeure de le faire.

Elle resta donc dans l’inaction, suivant la cour à Bourges, à Sully-sur- Loire, ou visitant les bonnes villes qu’elle avait délivrées, Orléans, par exemple, qui a retenu dans les registres des comptes la trace de son passage; et elle édifiait toujours, par sa sainteté, ceux qu’elle n’étonnait plus par ses exploits. Marguerite la Touroulde, veuve de René de Bouligny, chez qui elle demeura environ trois semaines au retour du voyage de Reims, nous peint encore en elle ces habitudes de recueillement et de piété qui avaient traversé sans altération la vie des camps; cette simplicité que n’avaient pas corrompue les adorations de la foule, et ce bon sens admirable qui s’appliquait à détruire le faux prestige dont on la voulait entourer. A ceux qui lui disaient qu’elle n’avait point à craindre d’aller à l’assaut parce qu’elle savait bien qu’elle ne serait pas tuée, elle répondait qu’elle n’en était pas plus assurée que les autres; et quand les femmes venaient en sa maison pour lui présenter des patenôtres et autres signes en la priant de les toucher : « Touchez-les vous-mêmes, leur disait-elle en riant, ils seront tout aussi bons. »

Elle fit preuve du même bon sens quand une femme, nommée Catherine de la Rochelle, se disant inspirée, la vint trouver pendant son séjour à Jargeau et à Montfaucon en Berri. Cette Catherine prétendait qu’une

dame blanche, vêtue de drap d’or, lui commandait d’aller dans les bonnes villes, et de faire crier, par les hérauts du roi, que tous ceux qui auraient de l’or ou de l’argent caché l’apportassent sans retard, annonçant en même temps qu’elle connaîtrait ceux qui ne le feraient pas, et saurait trouver leurs trésors: c’était pour payer les gens d’armes de Jeanne. Quel auxiliaire pour un chef de troupes ! Frère Richard voulait qu’on la mît à l’œuvre, et plusieurs agréaient fort son procédé. Jeanne lui dit de retourner à son mari, d’aller faire son ménage et nourrir ses enfants. Cependant , ne voulant point juger témérairement de l’inspiration des autres, elle consulta ses saintes, et elle offrit à Catherine de coucher avec elle pour être témoin de ses apparitions. Elle partagea son lit, en effet, veilla jusqu’à minuit, et, ne voyant rien, s’endormit. Le matin, l’autre lui dit que sa dame était venue, mais que, Jeanne dormant, elle ne l’avait pu réveiller. Jeanne s’enqui't d’elle si la dame devait revenir la nuit suivante, et lui demanda de renouveler l’épreuve. Mais cette fois elle prit soin de dormir le jour, de telle sorte qu’elle put rester éveillée toute la nuit; et de temps à autre elle demandait à sa compagne : « Viendra-t-elle point? — Oui, tantôt, » disait l’autre.

Inutile de dire que la dame ne vint pas.

Jeanne écrivit donc au roi que le fait de Catherine n était que néant et folie. Frère Richard en fut très-mécontent, et les familiers du roi aussi sans doute : c’était un moyen si commode de trouver de l’argent ! Cette Catherine, qui promettait de leur en fournir, n’entrait pas moins dans leurs vues par sa politique. Tout en offrant de recueillir de l’argent pour les soldats, elle ne pressait pas de faire la guerre : elle refusa d’aller au siège de la Charité, disant qu’il faisait trop froid. Elle proposait de se rendre près du duc de Bourgogne pour faire la paix. A quoi Jeanne répondit « qu il lui semblait qu’on n’y trouverait point de paix, si ce n’était par le bout de la lance. »

Les événements le démontraient de plus en plus. La trêve avec le duc de Bourgogne, qui expirait à Noël, avait été prorogée jusqu’à Pâques, et, à défaut de Compiègne qui s’y était refusée, Pont-Sainte-Maxence lui avait été livrée en garantie. Mais la trêve n’engageait pas les Anglais; et les Bourguignons, en se cachant sous leur bannière, avaient toute facilité de porter avec eux le ravage dans les pays qui s’étaient donnés au roi. La terreur y

COMPÏÈGNE.

était grande partout, et plus d’un sanglant exemple avait montré combien elle était légitime.

Les habitants de Reims, les plus menacés dans cette tentative de restauration, comme les plus signalés par le sacre, écrivirent à la Pucelle pour lui communiquer leurs craintes. Ils redoutaient la vengeance des Bourguignons; ils redoutaient le délaissement du roi, à qui l’on avait dit qu’il y

Fig. 1 12. — Ruines du Château-Gaillard, où Barbazan fut retenu prisonnier des Anglais pendant huit ans. La Hire le délivra le 24 février 14.30. D’après l 'Histoire de la ville des Andelis, de M. Brossard de Ruville.

avait des traîtres parmi eux prêts à livrer la ville. La Pucelle leur adresse une première lettre, le 16 mars 1430, afin de les rassurer sur le siège :

« Sachez, leur disait-elle, que vous n’aurez pas de siège si je les puis rencontrer; et si je ne les rencontre et qu’ils viennent vers vous, fermez vos portes, j’y serai et je leur ferai chausser leurs éperons en telle hâte qu’ils ne sauront par où les piendre. » Le 28 , elle leur écrit pour les rassurer touchant les dispositions du roi et leur promettre une prompte assistance : « Si vous

prie et requiers, très-chers amis, ajoutait-elle, que vous gardiez bien ladite bonne cité pour le roi, et que vous fassiez bon guet. Vous orrez (oirez) bientôt de mes bonnes nouvelles plus à plein. Autre chose quant à présent ne vous rescris, fors que toute Bretagne est françoise, et doit le duc envoyer au roi trois mille combattants payés pour deux mois. A Dieu vous command (recommande) qui soit garde de vous. Écrit à Sully, le 28e de mars. »

Ces bonnes nouvelles qu’elle leur promettait d’elle, c’était sa prochaine arrivée sur le théâtre de la guerre. Elle écrivait la veille peut-être de son départ : car sa lettre est du 28 mars, et c’est au mois de mars qu’elle partit, selon l’historien Cagny. Lasse de jouer un rôle de parade, et désolée de voir comment le roi et son conseil entendaient arriver au recouvrement du royaume, elle prit la résolution de se séparer d’eux et d’aller rejoindre ceux qui combattaient.

On combattait en Normandie, et, quoique les Anglais parussent vouloir y concentrer leurs forces, plusieurs nouveaux succès avaient couronné les efforts des Français. La Hire s’était emparé de Louviers ( décembre 1429), d’où il faisait des courses jusqu’aux portes de Rouen, puis de Château-Gaillard, où il avait délivré Barbazan (24 février i43o);Torcy avait résisté aux Anglais qui voulaient y rentrer. Mais c’était dans le Nord que la question était surtout reportée depuis le voyage de Reims. Sauver les places qui s’étaient ralliées à Charles VII, défendre la ligne de l’Oise contre le duc de Bourgogne, ramener Paris au roi en l’isolant de plus en plus, voilà la vraie manière de reprendre l’œuvre interrompue le 8 septembre; et tout y invitait. Depuis la dernière entrevue de Bedford et du duc de Bourgogne (octobre 1429) , Paris dans ses rapports avec eux n’avait eu que des sujets de plainte. Le régent (Bedford) s’en était allé en Normandie; le lieutenant général (Bourgogne), dans ses propres États, recommandant aux Parisiens , s’ils voyaient venir les Armagnacs, de se bien défendre : et il les laissait sans garnison ! Du reste, les Parisiens avaient plus d’une raison de ne point regretter qu’il emmenât ses six mille Picards : « Six mille aussi forts larrons, comme il parut bien en toutes les maisons où ils furent logés. » Mais le champ restait libre aux Armagnacs; et la désolation des campagnes, la cherté des vivres, augmentaient l’irritation populaire.

La multitude souffrait, la bourgeoisie commençait à se tourner vers

Lettre de Jeanne aux habitants de Reims, 16 mars 1430. — D’après l’o r

*+0», ce- Oc, ,

-c jmyi. Gl.Ûfafouvu, a-i-ï G^m %uuvtt Wr-/ û a- gj,

- .,. fy ^-"f^ r* J^TnT £) etc

Page 1