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Lecture. — Très chiers et bien aimés et [bien desiriés à veoir, Jehanne la Pucelle ay m « Ære's point, si je les puis rencontrer bien bref; et si ainsi fut que je ne les rencontrasse, ne ex t y sont, je leur ferey chausier leurs éperons si à aste qu’il ne s ar ont par ho les prandre , et h soyeq toutjours bons et loyals. Je pry à Dieu que vous ait en sa guarde. Escrit à Sully , /e :i Je vous mandesse anquores auqunes nouvelles de quoy vous sériés bien joyeux; mais je di\
1 raduction. — Très-chers et bien-aimés, que je désirerais bien voir, je, Jeanne la Pucell n’en aurez pas, si je puis sous peu rencontrer les ennemis. Et s’il arrivait que je ne les rem près de vous, et s ils y sont, je leur ferai chausser leurs éperons en telle hâte qu’ils ne sau: chose pour le présent, sinon que vous soyez toujours bons et loyaux. Je prie Dieu qu’il vous Je vous annoncerais encore bien d’autres nouvelles dont vous seriez bien joyeux; mais j r
appartenant à M. le comte de Maleyssie, à Houville, près Chartres.
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111 5 letres /disent mancion que vous vous doptiés d’avoir le sciege. Veilhés savoir que vous ,ssent devant vous, si vous fermés vous pourtes, car je serey bien brie f vers vous,- et ci eux y est si brief que ce sera bientost. Autre chouse ne vous escry pour le présent, mes que ir de mars.
■ue les letres ne /eussent prises en chemin et que l’on ne vit les dittes nouvelles.
Jehanne.
eu vos lettres faisant mention que vous craignez un stége. Veuillez être assurés que vous sse pas et qu ils vinssent au-devant de vous, fermez- leur vos portes, car je serai bientôt ar où les prendre, et cela leur arrivera si vite que ce sera bientôt. Je ne vous écris autre sa garde. Écrit à Sully, le 16e jour de mars.
drais que mes lettres ne fussent prises en route et que l’on ne vît lesdites nouvelles.
Jeanne.
COMPÏÈGNE.
d autres espérances. Dans les commencements d’avril, on découvrit une conspiration où se trouvaient impliqués des membres du parlement et du Châtelet, avec plusieurs marchands notables ou gens de métier; et les Armagnacs étaient aux portes. Le 23 mars ils surprenaient Saint-Denis; le 25 avril ils s’établissaient à Saint-Maur.
La Pucelle, ici comme avant de marcher sur Reims et sur Paris, ne demanda conseil à personne ni pour résoudre ni pour agir. Un jour donc, sans prendre congé du roi, elle partit, fit semblant d’aller « en aucun ébat, » et s en vint à Lagny-sur-Marne, « pour ce que ceux de la place faisoient bonne guerre aux Anglois de Paris et ailleurs. » Elle aurait pu se laisser ébranler cette fois. Comme elle était, dans la semaine de Pâques (vers le 1 5 avril), à Melun, ville qui venait de chasser les Anglais pour se donner au roi, ses voix lui dirent quelle serait prise avant la Saint-Jean; et depuis elles le lui répétaient tous les jours. Mais elles ne la détournaient point d’aller en avant; elles lui annonçaient sa captivité comme une chose qu’elle devait souffrir; et Jeanne, quoiqu’elle eût mieux aimé la mort, marchait sans peur à l’accomplissement de son œuvre.