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Il lui signala plusieurs points de son procès où elle était soupçonnée de n’avoir pas dit la vérité; puis il lui dit que, si elle ne la voulait déclarer, on la mettrait à la torture , et il lui en montrait les instruments étalés à l’entour. Les bourreaux étaient là, tous prêts à remplir leur office « pour la ramener dans les voies de la vérité, » comme disait l’évêque, « afin d’assurer par là le salut de son âme et de son corps , si gravement compromis par ses inventions erronées. »
Jeanne répondit : « Vraiment, si vous me deviez faire détraire (arracher) les membres et faire partir l’âme hors du corps, si ne vous dirai-je autre chose ; et si je vous disais autre chose , après je vous dirais toujours que vous me l’auriez fait dire par force. »
C’était d’un mot faire voir ce que vaut la torture. Elle ne refusa point d’ailleurs de parler, mais elle le fit pour confirmer toutes ses déclarations.
Les juges, frappés de sa fermeté, comprirent que la torture n’y ferait rien, et crurent sage d’y surseoir. Ils se réunirent, le 12, pour en délibérer de nouveau , et résolurent d’y renoncer définitivement , les uns disant que la question était inutile, que l’on avait sans torture assez ample matière; les autres, que le procès était bien fait, et qu’il ne fallait point l’exposer par là à la calomnie. Dans la minorité qui approuvait la torture, ori compte le jeune et brillant docteur Thomas de Courcelles, et celui qui s’était fait agréer comme confesseur de Jeanne, Nicolas Loyseleur.