LES ANGLAIS
Vive Bourgogne !
LES BOURGUIGNONS
Soyez les bienvenus, amis.
(Ils se serrent la main.) L'OFFICIER ANGLAIS.
Y avait-il danger pour vous?
UN BOURGUIGNON
Non, mais ici la rébellion couve, et il y a des factieux à châtier.
L'OFFICIER
Où?
LE BOURGUIGNON
Ici, d'abord. (Il montre la maison de Maudru.) Et là, partout. (Il montre la ville.)
L'OFFICIER, à quelques soldats.
Allez chez l'échevin et sachez ce qui a été fait pour l'ordonnance de notre roi. Vous le savez, à la première
14 JEANNE DÀRC.
alerte, un seul coup de feu, et nos camarades qui font une halte seront ici plus vite que l'éclair. (Frappant à la
porte de Maudru.) Qu'on OUVre, et du vin ! (Personne ne répond.) Ouvre, manant, ou gare à ta peau ! (Même silence.) Soldats, enfoncez la porte.
(Les soldats frappent.) MAUDRU, ouvrant.
Arrêtez, la maison est vieille, vous allez la faire crouler sur vous.
L'OFFICIER
Du vin, du vin, ribaud d'Armagnac! Et vivement! Nous sommes quinze.
MAUDRU, à part.
Quinze ! (Haut.) Je n'en ai plus... dans cette maison. Le peu qui me restait, je Fai rentré dans la ville ; il y a tant de misère dans le faubourg que je n'habite presque jamais cette masure. Si vous voulez m'accompagner...
L'OFFICIER
Vas-en chercher et si tu ne reviens...
MAUDRU, à part.
Quinze ! (Haut.) Oui, je reviendrai, et il y en aura
pour VOUS tOUS. (Il tire un poignard dont il montre la pointe.
—A part.) Mon Dieu! pendant mon absence, protégez mon enfant !
(En sortant, il échange quelques paroles avec Richard, qui revient. L'officier entre chez Maudru avec un Bourguignon et un soldat.)
JEANNE DAIAC, 18
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