‹ Jeanne Dare, drame historique en dix tableauxChapitre 41 sur 73 · JACQUES DARC · texte numérisé non relu

JACQUES DARC

Je t'ai toujours aimée , ma fille , et maintenant je te bénis.

LE ROI, s'avançant vers Jeanne.

Il m'est bien doux, Jeanne, de voir ici, à pareil jour, vos heureux parents. Nous fêterons, comme il convient, leur présence.

ISABELLE ROMÉE

Monseigneur le roi , notre joie serait comblée si vous nous rendiez notre enfant.

JACQUES DARC, à Jeanne.

Oh I reviens avec nous! Maintenant que Monseigneur le roi est couronné, nous laisseras-tu pleurer encore ton absence?

JEANNE

0 mon père , que je vous aime de me parler ainsi ! Qu'il me sera cher le jour où je ne serai plus séparée de vous tous ! . . . — Mais la charge que j'ai reçue n'est point achevée ; je dois rester dans les armées du roi. (Au roi.) — Sire, il faut mener à bonne fin et promptement cette épouvantable guerre. Si la couronne vous est rendue, ce n'est qu'à Paris que vous régnerez, et Paris est encore aux Anglais.

LE ROI

Oui, Jeanne , nous irons en faire le siège ; restez avec nous. Tant que nos provinces seront envahies vous devez conduire nos soldats ; vous appartenez au pays.

ISABELLE ROMÉE

Qui sait maintenant quand tu nous reviendras?

JEANNE

Je ne puis le dire. Que la volonté de Dieu se fasse !

DURAND

Pourquoi parler ainsi ?

JEANNE , avec tristesse.

Je ne durerai peut-être pas longtemps.

DURAND

Mon Dieu ! que veut dire ce doute ?

JEANNE , bas à Durand.

Je ne doute point ; j'irai toujours. Mais je sens autour de moi des haines cachées.

DURAND , de même.

Que peux-tu craindre?

JEANNE

Une seule chose : la trahison !

(Pendant ces dernières paroles le cortège a repris sa marche au milieu des acclamations.)

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