LA MALEDICTION. 4I
Secouant nos maisons j des fondements aux toits. En vain ses hurlements cessent par intervalles: L'oreille épouvantée attend d*autres rafales.
Guillaume, que glaçaient ces accents surhumains. Pleurait , en se voilant de ses petites mains ; Olivier restait droit , mais sa face était blême. En répondant Amen au terrible anathème.
Plus prévoyant, Herblain tremblait d'un double effroi. Jeanne avait un écho dans son cœur plein de foi : Il croyait, à ses cris, voir s'entr'ouvrir Tabîme Qui devait dévorer tous les auteurs du crime; Son bras avec bonheur les eût précipités Dans ces feux éternels, hélas ! trop mérités ; Mais ses projets vengeurs, sa douleur les oublie, En voyant sa maîtresse au bord de la folie.
O Jésus, ô Marie, ô saints martyrs, vous tous. Holocaustes sacrés du céleste courroux.
Protégez la raison de cette pauvre femme :
Ses fils n*ont plus, hélas î d'autre abri que son âme.
Chaque instant accroissait son exaltation ;
On entendait siffler sa respiration , Et sur ses nobles traits, contractés par le spasme. Passait tantôt Téclair d'un sombre enthousiasme. Tantôt l'affreux rictus d'un sourire cruel :
Double reflet confus des enfers et du ciel.