‹ Jeanne de BellevilleChapitre 20 sur 91 · II. — LA SURPRISE · texte numérisé non relu

II. — LA SURPRISE

Jeanne et ses officiers, gravissant le coteau. Venaient d'atteindre enfin la porte du château. La herse était baissée et neuf soldats de garde, Debout, tenaient au poing, quatre la hallebarde,

Les autres Tarbalète , et tous semblaient vouloir Défendre à tout venant le seuil du vieux manoir. Sous leurs sourcils froncés brille une flamme morne.

Herblain , portant la lèvre à sa trompe de corne ,

S'apprêtait à sonner un solennel appel

A l'hospitalité des maîtres du castel^

Quand on vit, à travers la grille de la porte.

S'avancer dans la cour, en tête d'une escorte,

Un homme aux cheveux gris, mais au port élégant ,

Qui marchait le front haut et d*un pas arrogant.

Sa cotte blasonnée et sa brillante armure.

L'orgueil de son regard , l'orgueil de son allure.

Tout lui sert de héraut pour proclamer son rang.

Pourtant, il fait effort pour se montrer galant ,

Et son visage brun , d'ordinaire farouche ,

Semble comme éclairé du souris de sa bouche.

Quoique vieux, ses exploits ne l'ont fait qu'écuyer; Mais qu'un puissant baron daigne un jour l'appuyer. Il peut rêver l'honneur de la chevalerie , Et d'avance il s'essaie à la galanterie.

D'un noble chevalier c'est la première loi :

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