LES ROUTIERS EN GAIETE
» Qu'entre deux vils pourceaux au gibet on le pende. La différence entre eux n'est pas déjà si grande !
» Meurtriers de mon père, ô juges exécrés.
Vous méritez sa peine et vous la subirez. »
Comme un dogue dompté grogne sans oser mordre , Les bandits frémissants ont exécuté l'ordre , Et ce qu'il contenait encor de cruauté Les consolait un peu du plaisir avorté.
Bientôt du haut donjon l'enfant gagnant le faîte Put dire : « Descendez, mère; justice est faite. »
Au souffle du matin le ciel s'est épuré Et mainte étoile d'or brille au dôme azuré; Des astres de la nuit la pâle souveraine Vfirse les flots d'argent de sa clarté sereine...
Mais depuis quelque temps, sous l'ombre des grands bois. On entendait gémir de lamentables voix.
Est-ce au vent de la nuit la feuille qui se froisse?
Non, la brise n'a pas de ces longs cris d'angoisse. Ce sont, ô Dieu vengeur, les voix des trépassés...
Tous, jusqu'à Malestroit, sentent leurs cœurs glacés; Jeanne seule et son fils n'éprouvent nulle crainte : Ils ont fait leur devoir et leur vengeance est sainte.