‹ Jeanne de BellevilleChapitre 59 sur 91 · III. — LE FIDÈLE KERGOFF · texte numérisé non relu

III. — LE FIDÈLE KERGOFF

Non^ tout n*a pas péri ! Jeanne est encor vivante : Un frêle esquif l'emporte au gré de la tourmente.

Lorsque son vieux pilote^ habile et dévoué , Vit tout effort pour fuir par le vent déjoué^ Quand des signes^ trop clairs pour qu'il pût les confondre. Lui montrèrent au ciel Touragan près de fondre , Il s'approcha de Jeanne et, découvrant son front : — « Madame , à m'effrayer je ne suis pas bien prompt , Dit-il , mais au Sud-Ouest un mauvais grain s'apprête Et nous allons avoir une fière tempête.

» Certes , je ne dis pas de mal de vos vaisseaux : Tous trois se moquent bien de la fureur des eaux ; Mais leur masse offre au vent une trop large prise... Et si près des écueils !... j'ai peur qu'on ne s'y brise... Le vent qui va souffler n'a pas eu son pareil.

» Si vous vouliez. Madame, écouter un conseil... Je ne suis qu'un vieux fou , mais, tout près de la poupe. Vous pouvez voir d'ici pendre cette chaloupe.

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