‹ Jeanne de BellevilleChapitre 60 sur 91 · II. g · texte numérisé non relu

II. g

170 JEANNE DE fiELLEVILLE.

Eh bien^ nous la ferions descendre sur les flots : On y ferait ranger quatre bons matelots.

Aussi pleins de vigueur que d'adresse et d'audace. Puis, vous et vos enfants vous y prendriez place.

» Même, si vous vouliez, sans que ce fût trop plein y On y pourrait encor loger messire Herblain.

La chaloupe est légère et n'a que peu de quille ; Vous la verriez nager, plus vive qu'une anguille, A travers ces brisants, qui hurleraient en vain. Comme un loup affamé qui voit tromper sa faim. »

Jeanne, l'éclair aux yeux, s'écria : « Sur mon âme ! Ton ofifre , vieux Kergoff , est un outrage infâme. Si, comme tu le dis, nos nefs sont en danger, La faute en est à moi , car c'est pour me venger Que, marins et soldats, et toi-même, ô pilote. Vous avez affronté cette fatale côte ; Et, fuyant lâchement les maux que j'ai causés. Je vous laisserais seuls à la mort exposés !

Oh ! jamais les Clisson, jamais les Belleville N'ont souillé leur honneur d'une tache si vile! »

— a Madame, je vous ai voilé la vérité :

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