‹ Jeanne de BellevilleChapitre 70 sur 91 · LE COUP DE VENT · texte numérisé non relu

LE COUP DE VENT

Et le premier rayon du soleil sur la poupe Ramena Tespérance à bord de la chaloupe.

Chacun^ tourné vers l'astre au grand nimbe enflammé^ Qui faisait resplendir au loin le flot calmé , Fit du fond de son cœur monter une prière Vers Celui qui créa la vie et la lumière.

Le désastre du soir^ les terreurs de la nuit^ On lui pardonne tout, puisque son soleil luit; Car Ta venir se rouvre , et chacun dans son âme De ses secrets désirs tisse à nouveau la trame.

Mais cet involontaire et doux recueillement Parmi les naufragés n'a duré qu'un moment.

Chacun , interrogeant le ciel et les eaux bleues , Se demande oti l'on est et de combien de lieues , Dans sa folle fureur, cet ouragan fatal A pu les écarter du rivage natal ; L'espoir est-il permis de le voir encor poindre Et combien faudra-t-il d'heures pour le rejoindre ?

— « Oh! si le temps est beau, répond le timonier. Deux jours me suffiront pour vous rapatrier.

La brise a venté dur, mais, si je ne me leurre ,

igO JEANNE DE BELLEVILLE.

Nous n'avons pas filé plus de sept nœuds à Theure. Il nous faudra nager un long bout de chemin.

Mais vous avez du nerf, et la barque à ma main Obéit bien; aussi, que Dieu nous favorise, Nous pourrons demain soir prier dans une église. »

Et tous bénirent Dieu, car Thomme est ainsi fait,,. Que la fin d'un malheur lui paraît un bienfait.

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