‹ Jeanne de MontfortChapitre 11 sur 19 · TOUJOURS. — JAMAIS. 1 I · texte numérisé non relu

TOUJOURS. — JAMAIS. 1 I

point encore mon fiancé , et vous allez mesurer toute l'étendue de ce que vous appelez ma faute, en apprenant de quelle façon Montfort s'est révélé à moi. Il est entré ici où vous êtes , ému et tremblant comme vous voilà. Alarmé par la tristesse que je lui avais montrée la veille , et par mon évanouissement à la porte de la cathédrale , tourmenté de la crainte de n'être pas aimé , et surtout de devenir l'instrument de mon infortune, il m'a déclaré que mon cœur seul devait enchaîner ma main, qu'il n'entendait pas m'épouser par ordre, et que j'étais libre jusqu'au dernier moment.

— Juste ciel ! dit le chevalier ; et vous n'avez pas repris cette liberté qu'il vous rendait ! et vous n'avez pas demandé seulement un délai de quelques jours! et vous osez me dire à moi que vous m'aimiez encore î

— Pour la dernière fois , Caverlej, je vous

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aimais encore, je vous aimais, même en vous croyant lâche et traître , et cela est si vrai que ma première pensée fut de prendre le comte au mot.

— Et vous ne l'avez pas tait! s'écria sir Hugues en levant les deux bras; et j'étais alors à dix lieues de Chartres , accourant à vous !

— Si vous aviez été dans cette chambre , messire , et que vous eussiez vu et entendu Montfort comme moi , comme moi son héroïsme vous eût subjugué jusqu'à l'admiration , son dévouement vous eût attendri jusqu'aux larmes ; comme moi , vous eussiez oublié à votre tour celui dont vous vous fussiez cru oublié vous-même ; comme moi , enfin , vous eussiez profité de la liberté qui vous était oiîerle , en rendant amour pour amour à celui qui vous en eut semblé le plus digne.

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