‹ Jeanne de MontfortChapitre 9 sur 19 · LE COMTE DE CIIESTEU · texte numérisé non relu

LE COMTE DE CIIESTEU

— Domain, înonseigiieur, bal])iJtia Jeanne d'une voix déraillante.

Et elle reprit, avec son mari et sa suite, le eliemin de l'Hotel-de-Ville, tandis que les hérauts de Bretagne et de Flandre jetaient de l'argent au peuple en criant : Largesse ! et que la multitude répétait sur son passage :

— Noël à la comtesse Jeanne deMonttbrt!

îoujoui'ô. — 3amai6»

Celait un usage sacré à celte époque , dans toute la France, que le lendemain de leur mariage les épousés passaient une partie de la matinée en prière, seuls et enfermés dans leur oratoire. Ce pieux privilège fut accordé à Jeanne le matin du i3 mai , et ce fut ce moment qu'elle choisit pour Voir le

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comte de Chester, avant de prendre avec son mari le chemin de la Bretagne. Marcy introduisit Caverley dans l'oratoire de la comtesse, entre nenfetdix heures, et, quoique la jeune femme fût aussi sure du clievalier que d'elle-même, elle exigea que la chambrière fût témoin de l'entrevue. Caverley avait des intentions trop pures pour se refuser à cette mesure de haute convenance, et il avait le cœur trop plein de ce qu'il voulait dire pour en éprouver, d'ailleurs , le moindre embarras.

En paraissant devant Jeanne, il resta d'abord muet et les mains jointes , et la comtesse profita de ce moment pour réunir tout

son courage.

— Mariée! s'écria enfin sir Hugues, en la regardant des pieds à la té le comme un fantôme.

La plainte et le reproche se pressaient

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