‹ Jeanne et JeannetonChapitre 25 sur 55 · ACTE L SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE L SCENE X

nue depuis un mois... et dans des papiers que m'a remis dernièrement un vieil ami du général , j'ai trouvé quelques lettres de ma fille à son mari , lettres qui rappellent une partie des délails que vous venez de me donner et qui m'attestent que son enfant. ..que le mien a été confié aux soins de .Jeanne Galiichel , voire femme.

GALU'^HET.

C'est vrai.

LA MARQUISE

El cet enfant existe encore?

GALUCHET

Grâce au ciel !

LA MARQUISE

Et elle est chez vous... avec vous?

GALUCHET

Oui, morbleu ! j'en réponds.

LA MAHQUisE , ctvec transport.

Ah ! j'en étais certaine ! C'est elle que j'ai vue ici.. . toul-à-Theure.

GAi-UCiiET, avec vn soupir.

Pour ce qui est de ça , M™« la marquise, ça n'est pas sûr.

LA MARQUISE , vivcmeiit.

0 ciel ! me serais-je trompée ?

GALUCHET

Je n'en sais rien.

LA MARQUISE

Que voulez-vous dire?... Expliquez-vous, de grâce, expliquez vous...

GALUCHET

Ah ! ce sont des mauvais jours que vous me rappe-

lez là... {Portant la main à son front.) et de souvenirs... que j'ai eu tant de peine à oublier. Oui , oui... ma pauvre femme, ma Jeanne devait ramener de Bruxelles les deux enfans... qu'elle nourrissait... Dixhuit lieues à faire... ce n'était rien... Elle m'avait écrit qu'elle partirait le malin et qu'elle arriverait le soir. Mais le soir était venu... et pas de nouvelles de Jeanne... Je partis, interrogeant tout le monde sur la route... et à six lieues de chez nous , dans une auberge... Ah ! que soient à jamais maudits ces étrangers!... ces infâmes! ils avaient tué Jeanne... une femme qui n'avait pour la défendre que les pleurs et les cris de deux pauvres enfans.

LA MARQUISE, aVCC cffroù

Et ses enfans?

GALUCHET

Ah ! je ne sais par quelle pitié... ou plutôt par quel hasard, ils les avaient épargnés. Mais 'es pillards ! les lâches! ils les avaient dépouillés de tout... et ces pauvres enfans allaient mourir de froid, quand j'arrivai. J'empor. tai avec moi mon double trésor. Dieu me les a données, m'écriai-je, je les garderai toutes deux... Et toutes deux je les entourai des mêmes soins , du même amour, sans me demander laquelle était ma lille... Voilà, M™* la marquise , ce que vous vouliez savoir.

LA MARQUISE

Ah! c'est horrible !... Mais il est impossible que vous n'ayez pas quelques doutes, quelques soupçons sur l'enfant que je viens vous redemander et qu'il faut me rendre.

Page 1